Marignane : l'Intelligence Artificielle sculpte des masques personnalisés

L'épidémie de coronavirus impose à de nombreuses professions de porter un masque toute la journée. Une contrainte qui pourrait être allégée par l'Intelligence Artificielle capable d'adapter le masque à la morphologie de chaque visage. Plusieurs sociétés de la région travaillent déjà sur cette idée.

Des masques conçus avec l'Intelligence artificielle
Des masques conçus avec l'Intelligence artificielle © Images Anatoscope
Avec la fin du confinement, le port du masque va s'imposer dans notre vie. Certaines catégories professionnelles vont devoir le porter des journées entières.

Selon le matériau et l'élasticité de ce masque, selon également le derme et la patience de son utilisateur, le port de cette bande faciale peut s'avérer désagréable ou gênant.

Une société déjà spécialisée dans des disposititifs médicaux personnalisés a imaginé un masque capable d'épouser la forme du visage. A la manière d'un vêtement taillé sur mesure.

"Nous travaillons déjà dans le domaine de l'orthopédie, et concevons également des casques plagiocéphalies pour les enfants.

Nous avons donc les outils qui permettent de personnaliser n'importe quel objet sur le corps humain.

explique Frédéric Van Meer, l'un des co-fondateurs d'AnaToscope, une société montpelliéraine qui travaille en partenariat avec des entreprises des Bouches-du-Rhône.

Un procédé très simple

Pour l'utilisateur intéressé par un masque personnalisé, le procédé est très simple : il suffit de scanner son visage à l'aide d'une application téléchargeable sur smartphone. Et de créer ainsi son double numérique.

A partir de ces images obtenues grâce à l'Intelligence artificielle, un masque virtuel est testé sur ce jumeau numérique. Jusqu'à ce qu'il s'adapte parfaitement à la morphologie du visage.

La société hightech a créé pour cela AnatoMask. On y trouve les modèles 3D en open source ainsi que des guides de conception, des applications gratuites de scan 3D pour smartphones.

Frederic Van Meer souligne :

Il pourrait y avoir des masques différents selon les métiers, des designs différents selon les âges... Nous avons donc fait appel à des designers.

Issus du monde de la recherche et de la médecine, les fondateurs d'AnaToscope ne sont pas "des experts du design".
Pour la suite, ils se sont adressés à une autre start up située à Marignane, 3D medLab.

L'entreprise conçoit et élabore déjà des prothèses orthopédiques et cardiovasculaires en 3D.
L'idée d'un masque sur mesure, personnalisable et lavable, en matériau biocompatible les inspire. La société a reprogrammé ses imprimantes 3D à cette intention.

"Nous avons déjà créé des proptotypes de masques en élastomère et customisables", raconte Gaël Volpi, le PDG de 3DmedLab. "Ils sont destinés aux professionnels de santé, car c'est notre clientèle. Certaines personnes vont devoir le porter longuement. Cela nécessite un confort optimisé".
Le masque comportera une partie amovible permettant d'emprisonner le tissu filtrant, qui est encore en cours de tests.
Les filtres seront changés à des rythmes différents, selon la profession de l'utilisateur. "Plusieurs fois par jour pour un dentiste, un peu moins pour le médecin généraliste...

Le masque sera lavable à l'eau chaude avec un désinfectant, ou pourra passer à la machine à laver à 60 degrés.

"Il y aura d'autres virus..."

La société Anatoscope travaille aussi en partenariat avec une autre entreprise des Bouches-du-Rhône : BiotechDental. Cette société produit des dispositifs dentaires en 3D à l'échelle industrielle. Son PDG Philippe Véran se montre aussi vivement intéressé par un masque personnalisé.

"Depuis le début de l'épidémie, on a adapté nos machines pour la fabrication de visières et avons conçu des prototypes de masques".

Les dentistes sont particulièrement exposés aux risques de contamination par le virus. Les actes à base d'aérosols et de turbines provoquent des projections dont ils doivent être sûrs de pouvoir se protéger.

"II faut obtenir le plus de garantie possible. Pour cela, le process de fabrication doit être validé par les organismes certificateurs. Et cela risque de prendre énormément de temps. Plusieurs mois sans doute... Le système est bien fait certes.
Les précautions sont nécessaires. Je revendique juste que les procédures soient allégées sur la partie essai.
Le leader de BiotechDental se montre pessimiste sur le temps nécessaire à la création d'un masque à la fois confortable et protecteur pour sa clientèle de dentistes.
Mais il poursuit tout de même la recherche dans ce sens, persuadé qu'"il y aura d'autres virus. Cette crise nous a permis de nous en rendre compte. D'ici là, nous aurons notre produit certifié médical".
Un masque sculpté par l'Intelligence artificielle pourrait intéresser d'autres professions non médicales, comme celles de l'industrie.

Côté grand public, des masques personnalisés seraient aussi plus confortables et adaptés aux visages des enfants et adolescents... Et même des femmes. La plupart des masques standart en circulation ont été fabriqués à partir de modèles masculins...


 
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