"Donnez-moi 250 euros, j'en tirerai un million" : Redouane Bougheraba utilisé pour une arnaque dans de faux articles sur les réseaux sociaux

Après Elise Lucet, Jamel Debbouze ou encore Cyril Hanouna, c'est au tour de l'humoriste marseillais Redouane Bougheraba d'être utilisé par des escrocs pour une arnaque aux cryptomonnaies sur les réseaux sociaux.

"Des conséquences inattendues. Redouane Bougheraba regrette d'avoir dit la vérité." "Tout le pays a été choqué par la déclaration de Redouane Bougheraba.""La Banque centrale poursuit Redouane Bougheraba"… Sur X (ex-Twitter), les titres accrocheurs se multiplient pour attirer les internautes vers des plateformes étrangères de revente automatique de cryptomonnaies promettant des gains immédiats importants. Des comptes qui ont une bonne visibilité grâce à la certification mise en place après le rachat de Twitter par Elon Musk, mettent en avant l'humoriste marseillais.

Des sites fraududuleux copiant "Libération" ou "Le Monde"

Quand l'internaute clique pour en savoir plus, des sites recopient la mise en page du journal Libération et retranscrivent une interview, soi-disant censurée, entre Redouane Bougheraba et l'animatrice Anne-Elisabeth Lemoine.

"Donnez-moi 250 euros et avec la plateforme Immediate Connect, j'en tirerai un million en 12 à 15 semaines !" , assure l'humoriste dans cette fausse interview. Évidement, rien n'est vrai. Si le site ressemble à celui de Libération, l'URL n'est pas celle du journal.

Le site Imediate Connect, qui propose des transactions automatisées sur les marchés de changes et des cryptomonnaies, a déjà été mis en cause par l'Autorité des marchés financiers (AMF).

France 2 et Le Monde ont porté plainte

Redouane Bougheraba n'est pas la seule personnalité dont l'image est utilisée pour promouvoir cette arnaque. Elise Lucet, Jamel Debbouze, Yann Barthès, ou encore Cyril Hanouna en ont également fait les frais. Certains contenus dits "deep fake" (hypertrucage) mettent en scène les propos d'Elise Lucet dans des fausses vidéos produites grâce à l’intelligence artificielle générative, qui permet de produire des contenus de textes, audios, images et vidéos. "Nous devons réagir pour prévenir les personnes qui pourraient se laisser berner", a expliqué la journaliste sur franceinfo.

France 2, qui emploie la journaliste, a porté plainte pour cyberharcèlement, montage frauduleux de photos, usurpation d’identité. Le Monde, dont le logo a été utilisé sur un site internet frauduleux, a également annoncé porter plainte. Contacté, Redouane Bougheraba, qui se trouve en Inde pour le tournage de son film, n'a pas pu répondre aux questions de France 3 Provence-Alpes.