Baromètre des villes cyclables : les grandes villes de la région Paca en queue de peloton

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Écrit par Margaid Quioc avec Valerie Smadja

La Fédération des Usagers de la Bicyclette publie son 3e baromètre des villes où il fait bon pédaler. Comme en 2019 et 2017, Nice, Toulon, Aix-en-Provence et Marseille figurent dans les dernières du classement. Les cyclistes pointent un manque d'aménagements cyclables et un sentiment d'insécurité.

"A jamais les derniers". Ce slogan inventé par le collectif marseillais Vélo en Ville, colle parfaitement à la situation de la pratique du vélo à Marseille. Depuis la création du baromètre des villes cyclables de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), la ville est lanterne rouge du classement des 38 grandes villes de France.

Cette année encore, Marseille est 38e ... sur 38 ! "Mais si il y avait 250 candidats, nous serions aussi dernier" sourit Cyril Pimentel de Vélo en Ville et administrateur de la FUB. 

Entre septembre et décembre 2021, la FUB a proposé aux cyclistes de pointer les points forts et points faibles de la pratique du vélo dans leur ville via une enquête en ligne.

Pour les 2640 répondants marseillais, circuler à vélo n'est pas une expérience agréable. En cause, le manque d'aménagement et d'itinéraires cyclables… Et quand ils existent, ils sont trop souvent condamnés par le stationnement intempestif de véhicules motorisés.

Point positif : la participation des Marseillais explose 

Alors que la participation des citoyens est en baisse dans toutes les grandes villes de France, Cyril Pimentel remarque qu'elle augmente de plus de 50% à Marseille ! Passant de 1700 participants à 2640.  "Ca prouve que les marseillais se sentent concernés par ce problème, et que la demande est forte ! "

Les points négatifs sont toujours les mêmes : le manque d'infrastructures, le trafic trop important et la vitesse trop élevée en ville.

En résumé se déplacer à vélo à Marseille est dangereux, estiment les cyclistes. Sur une échelle d'appréciation allant de A+ (climat vélo excellent) à G (climat vélo très défavorable), ils attribuent la pire note à Marseille.

Ils notent tout de même quelques améliorations, comme la création d'aménagements cyclables sur la corniche, le Jarret et la Canebière. "C'est sûrement ce qui nous permet de stagner dans les appréciations, au lieu de reculer encore !"

Les autres grandes villes de la région ne sont guère plus appréciées des cyclistes. Toulon se place avant-dernière. Aix-en-Provence truste également les bas-fonds du classement derrière Amiens ou Nouméa...

Très loin de Grenoble, Strasbourg et Rennes, championnes de France dans le cœur des cyclistes. Strasbourg compte huit fois plus de km de pistes cyclables que Marseille !

Des conditions plus favorables dans de petites villes

Nice fait à peine mieux que ses voisines, malgré les corona-pistes, ces aménagements cyclables mis en place après le premier confinement. Les cyclistes niçois estiment que la ville n'est pas sûre pour les enfants et personnes âgées souhaitant circuler à vélo.

Dans notre région, pour trouver des conditions de circulation acceptables à vélo il faut pédaler à la Roque-d'Anthéron (13) ou à Robion (84), les deux seules communes de la région à obtenir la note B, climat vélo favorable. 

Face à ce sévère constat, le collectif de défense des cyclistes Marseillais Vélo en Ville pointe "l'incurie des politiques publiques locales en matière de développement des mobilités actives". Et invite les collectivités à vite revoir leur copie.

Les années passent, les problèmes restent les mêmes 

En 2020 : même constat, comme le montre notre reportage qui donnait la paroles aux cyclistes.  Pistes cyclables inexistantes, dangereuses, non respectées par les automobilites ni par les piétons, ni par les restaurateurs qui y installent leur terrasse !

En route vers le 9e procès 

Le collectif Vélo en Ville attaque la métropole pour la 9e fois. Après un énième recours qui reste sans réponse. "Cette fois pour la Plaine" détaille Cyril Pimentel. "Dans les premiers plans, les pistes cyclables existent, puis petit à petit, elles disparaissent des plans et des routes. A la livraison : il n'y a plus rien."

Le collectif attaque cette absence de pistes cyclables, qui selon la loi doit exister pour toute nouvelle route. Autre illégalité : il concerne le code de la route : dans chaque zone à 30, une piste cyclable à double sens doit être aménagée. Ce n'est pas le cas sur la place Jean Jaures.