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CMA CGM : un biocarburant marin testé par la société marseillaise de transport maritime

Le porte-conteneurs White Shark utilise un biocarburant marin durable, une première mondiale selon l'armateur CMA CGM (Marseille). / © Gary Bembridge / Wikimedia
Le porte-conteneurs White Shark utilise un biocarburant marin durable, une première mondiale selon l'armateur CMA CGM (Marseille). / © Gary Bembridge / Wikimedia

La CMA CGM, basée à Marseille, utilise depuis le samedi 23 mars un biocarburant marin durable sur l’un de ses porte-conteneurs entre Rotterdam et les Etats-Unis.  Cet essai, première mondiale du secteur, représente une étape dans la décarbonisation du fret maritime.

Par Jean Poustis / France 3 Provence-Alpes

La CMA CGM, basée à Marseille, utilise depuis le samedi 23 mars 1 000 tonnes d’un biocarburant marin durable sur l’un de ses porte-conteneurs le White Shark entre Rotterdam et les Etats-Unis (Nouvelle-Orléans, Houston, Miami). 

Cet essai, première mondiale dans le fret maritime, est réalisé dans le cadre d’un partenariat entre les services de transport et de logistique d’IKEA, la CMA CGM, le programme GoodShipping, initiative durable dédiée à la décarbonisation du transport maritime, et le port de Rotterdam.

"L’objectif de notre programme est de réduire les émissions de carbone des transports maritimes et de montrer que le secteur a déjà les moyens d’accélérer la transition énergétique. Les biocarburants durables sont prêts", indique Dirk Kronemeijer, président directeur général du programme GoodShipping.

Un dérivé de résidus forestiers et d’huiles de cuisson usagées

Ce biocarburant marin durable, dérivé de résidus forestiers et d’huiles de cuisson usagées obtenus et traités en Europe, a été mis au point par GoodFuels, après trois années d’essais menés auprès des fabricants de moteurs marins.

CMA CGM a également mis un an et demi pour "vérifier la piste valable du composant du biocarburant", selon Xavier Leclercq, vice-président de CMA Ships, filiale de CMA CGM.

Nous avons notamment testé la compatibilité de ce fuel avec nos autres sources d’énergie mais également réalisé un essai sur un banc moteur avant de le faire à grande échelle.

La société basée à Marseille traverse l'Atlantique avec ses porte-conteneurs / © BAS CZERWINSKI/EPA/MaxPPP
La société basée à Marseille traverse l'Atlantique avec ses porte-conteneurs / © BAS CZERWINSKI/EPA/MaxPPP

Abaissement à 0,5% de soufre au 1er janvier 2020

Ce test technique intervient à un moment où le secteur des transports maritimes est à la croisée des chemins. Les propriétaires sont tenus de passer aux carburants à faible teneur en soufre, 0,5% d’ici le 1er janvier 2020.

"Il existe des zones à émission particulière comme la côte américaine. Aujourd’hui nos mix de carburants émettent 3,5% de soufre ou 0,1%. Avec ce biocarburant, nous aurions une troisième possibilité qui élimine quasi-intégralement les émissions de soufre. Ce biofuel doit aussi permettre de réduire de 80 à 90% les émissions de CO2 des puits à l'hélice par rapport aux équivalents d'origine fossile", explique Xavier Leclercq.

- 40% de carbone émis d'ici 2030

L’organisation maritime internationale exige également une réduction de la quantité de carbone émise pour chaque unité de transport, d’au moins 40% d’ici à 2030 et de 70% d’ici 2050.

"Cette transition passe par un mix de solution. On veut se positionner pour être un leader sur le sujet de la réduction de l’emprunte carbone", indique Xavier Leclercq.

En 2019, plusieurs fournisseurs existent dans le domaine du biocarburant mais les quantités utilisables par la CMA CGM sont faibles.

"Le biocarburant n’est pas encore disponible à des échelles assez importantes pour nous", affirme Xavier Leclercq.

Des conclusions fin 2019-début 2020

Le porte-conteneur reviendra à la fin du mois d’avril au port de Rotterdam. Les données du test seront ensuite étudiées par la CMA CGM.

"C’est un programme un peu long. Nous avons pour le moment des retours très positifs. Nous tirerons de vraies conclusions à la fin de l’année ou en début d’année prochaine. C’est une des pistes pour continuer à réduire nos émissions de CO2 et de soufre", précise Xavier Leclercq.
 

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