Coronavirus : vidéo de surblouses friables à La Timone, la mise au point de l'AP-HM

Des surblouses qui se désagrègent au simple toucher des infirmières : c'est ce que montre une vidéo virale tournée dans le service enfant de La Timone le samedi 5 avril. Alors que les accusations en tout genre s'amplifient sur le web, sur le matériel donné aux soignants, l'AP-HM se défend.
Des surblouses en charpie au service enfant de La Timone
Des surblouses en charpie au service enfant de La Timone
Sur les images, on voit des personnels hospitaliers enfiler des surblouses, qui se décomposent au moindre mouvement des jeunes professionnelles.

Largement partagées, deux vidéos similaires suscitent l'indignation sur les réseaux sociaux, alors que le personnel soignant se bat depuis plusieurs semaines contre l'épidémie de coronavirus. 

L'humidité mise en cause  

Face à la déferlante de commentaires sur les réseaux sociaux, ce lundi 6 avril, la direction de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a tenu à faire le point. 

Pierre Pinzelli, secrétaire général de l'AP-HM affirme qu'une enquête interne a été ouverte, pour comprendre la cause du délabrement de ces surblouses. Au total, 300 surblouses auraient été identifiées comme défectueuses. 
 
Elles appartiennent à un lot de 20.400 blouses, commandées par un "fournisseur habituel et sérieux" avant la crise du Covid-19.  
 
S'il est encore "trop tôt" pour déterminer la cause de ces délabrements, l'humidité du lieu de stockage semble être pointée du doigt. Des traces d'humidité apparaitraient sur chacun des trois cartons défectueux. 

300 surblouses sur un lot de 20.400

 Pierre Pinzelli rappelle que 5.000 à 7.000 équipements de protection sont consommés chaque jour à l'AP-HM. 

La qualité de ces équipements serait systématiquement assurée par des sondages, réalisés avant leur distribution dans les services. 
 
Les 300 surblouses défectueuses constituent une proportion infime des stocks, qui n'auraient pas été détectées lors des sondages. 
 

Aucun soin n'a été fait avec ce matériel défectueux

Le secrétaire général se veut rassurant : "Nous avons un système de signalement interne lors d’évènements non désirables comme celui-ci. Ces produits ont été signalés par le personnel. Ils ont été immédiatement identifiés comme défectueux et retirés."

Il ajoute: "Une nouvelle dotation de surblouses a tout de suite été livré au personnel, et aucun soin n'a été fait avec ce matériel défectueux. Il a été mis de côté pour être détruit."   

Une infirmière convoquée ? 

Sur les réseaux sociaux, parmi les nombreux commentaires qui accompagnent ces vidéos, on peut lire que l'infirmière qui aurait été filmée, serait convoquée par sa direction. L'AP-HM réfute catégoriquement.  "Après chaque signalement de matériel défectueux, nous suivons une procédure de retour sur expérience. Il y a effectivement eu une réunion, dans le cadre d'une démarche qualité. Il ne s'agit en aucun cas d'une convocation. Cette réunion n'avait aucun caractère disciplinaire", insiste Pierre Pinzelli.  

Des images internes

Pierre Pinzelli rappelle enfin que ces vidéos, tournées par un personnel soignant, étaient d'abord destinées à un groupe de discussion privé, réservé au personnel.

La personne qui les aurait rendues publiques ne serait pas un employé de l'hôpital, et l'infirmière qui y apparait n'aurait pas donné son autorisation quant à la diffusion publique de ces images. 

Pénurie, manque de moyens, tension...

Selon l'AP-HM, de nouvelles tenues de protection ont été acheminées immédiatement dans le service ce week-end et un tour de l’ensemble de l'hôpital a été effectué pour vérifier les quantités et la conformité des stocks. 
 
Pierre Pinzelli assure que grâce aux dons de solidarité notamment, l'AP-HM ne connait plus de pénurie de masques ou autres équipements de protection individuelle, à l'exception des surblouses. 
 
Un arrivage de surblouses devrait ainsi arriver mardi 7 avril, pour permettre de combler cette carence en stock. 
 
Le secrétaire général annonce également que l'AP-HM est en contact avec des entreprises locales, pour faire fabriquer des équipements dans la région. 
 
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