Chloroquine : la pétition en faveur du protocole du Pr Raoult dépasse les 400.000 signatures mardi soir

27.03.2020. Banderole de soutien aux travaux du Pr. Raoult devant l'IHU à Marseille, dans la lutte contre le coronavirus Covid-19. / © S. ACCARIAS / FTV
27.03.2020. Banderole de soutien aux travaux du Pr. Raoult devant l'IHU à Marseille, dans la lutte contre le coronavirus Covid-19. / © S. ACCARIAS / FTV

La pétition impulsée par l'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy demandant au gouvernement d'autoriser tous les médecins français à prescrire le protocole du professeur Raoult de l'IHU de Marseille a dépassé les 400 000 signatures le mardi 7 avril.

Par Annie Vergnenegre

Cardiologue, Philippe Douste-Blazy a repris du service à 67 ans pour faire face à la crise du Covid-19. Depuis le 28 mars, il défend sans réserve le traitement à base d’hydroxychloroquine utilisé par le professeur Didier Raoult à Marseille.

Dans une vidéo publiée vendredi sur sa page Facebook sous le hashtag #NePerdonsPlusDeTemps, l’ex-ministre de la Santé va plus loin. Il livre un plaidoyer en faveur du remède marseillais et lance une pétition. 

Moins de morts à Marseille qu'ailleurs en France

"La France vit un drame sanitaire sans précédent, explique-t-il. Nos lits de réanimation sont pratiquement saturés. Je vous demande, avec le Pr. Christian Perronne et avec beaucoup d’autres, de signer la pétition qui permettra à tous les médecins français de pouvoir prescrire l’hydroxychloroquine, s’ils le souhaitent, aux patients atteints de Covid-19 symptomatiques".

"Parce que le professeur Raoult a prouvé qu'associé à l'azithromycine, ce médicament diminuait drastiquement la charge virale des malades, les rendant moins contagieux, les améliorant".

Parce que les autorités sanitaires de notre pays voient tous les jours que le taux de mortalité à Marseille est beaucoup plus bas que dans le reste du territoire national.

Philippe Douste-Blazy ne comprend pas les réticences des autorités sanitaires françaises alors que "l'agence du médicament aux USA, la plus sévère du monde permet aux médecins américains de prescrire ce médicament chez les malades atteints de Covid-19 hospitalisés dans des formes moins sévères". 
Le manifeste du Pr. Douste-Blazy est co-signé par onze personnalités médicales dont François Bricaire, infectiologue et ancien chef du service Maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière, Patrick Pelloux président des urgentistes de France ou encore le docteur Michèle Barzach, ancienne ministre de la Santé. 

Pour une abrogation en urgence du décret français

En quelques heures, la pétition a dépassé les 200.000 signatures le dimanche soir. Elles ont ensuite doublé en 72 h.

L'infectiologue Christian Perronne demande "l'abrogation en urgence du décret français qui interdit l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans les formes pas trop sévères car le donner trop tard, ça ne sert plus à grand chose."

"On demande au gouvernement de constituer des stocks de millions de doses pour permettre à tout Français de pouvoir bénéficier de ce traitement si son médecin le juge utile", 
renchérit-il.

La Corse a rejoint le camp des pro-Raoult. Des élus de tous bords ont signé une lettre ouverte à Edouard Philippe pour faire de l'île un territoire pilote pour "le lancement d’un essai clinique relatif à l’utilisation de l’hydroxychloroquine associée à l’Azithromicine contre le Covid-19."

Raoult victime d'une querelle d'égos

Chef du service infectiologie de l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, Christian Perronne estime que "cela en dérange beaucoup de voir que le protocole marseillais fonctionne".

Dans un entretien au magasine Marianne, il souligne que le test "Discovery" ne peut juger de la validité du protocole du professeur Raoult (hydroxychloroquine et azithromycine dès l'apparition des premiers symptômes), puisqu'il ne prend en compte que l'hydroxychloroquine, sans l'antibiotique associé.

"Et ce, sur des cas dans des situations de pathologies aggravées. Pour cela, ce test fait preuve d'absence d'éthique. On leur dit qu'ils vont être tirés au sort, et éventuellement ne pas être traités, tout en connaissant très bien les chiffres de mortalité élevés de cette maladie", affirme-t-il.

Oui, je formule l'idée que les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos.

Il juge par ailleurs "intellectuellement malhonnête" de mettre en garde contre des effets secondaires d'un médicament "en vente libre depuis plus de 50 ans", tout en rappelant les contre-indications et les précautions à prendre.

"Oui, je formule l'idée que les tirs de barrage reçus par Didier Raoult sont aussi liés à des querelles d'égos, à son caractère iconoclaste et à son déficit d'académisme pour les "experts" médicaux parisiens, qui voient cela comme une atteinte manifeste à leur pré carré et à leurs dogmes. Dans cette situation de guerre, ces postures ne sont pas acceptables".


Sur les réseaux sociaux comme sur les plateaux de télévision, les prises de position de praticiens se multiplient pour défendre le professeur marseillais.
Urologiste à Paris, le docteur Rachid Bahi souligne que l’étude Hycovid ne répondra pas aux questions avec des patients de plus de 75ans et un dosage hydroxychloroquine à 400 mg contre 600 mg chez le Pr. Raoult, et pas d’azithromycine.
Patrick Pelloux donne son sentiment sur RMC : "Moi je m'insurge contre ceux qui disent que c'est un escroc, un fou, etc... non c'est quelqu'un qui a un raisonnement scientifique et qui a une des bases les plus importantes de recherche en maladies infectieuses en France. Donc ce n'est pas un perdreau de l'année".  

"Le monde hospitalo-universitaire donne une image assez pitoyable", 
conclut le médecin urgentiste.

2,5 % des Marseillais dépistés

Dans son Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée à Marseille, le professeur Didier Raoult continue de tracer sa voie, communiquant chaque jour le point de ses travaux sur son compte Twitter.
L'infectiologue indique que depuis le début de l'épidémie, 2,5% des Marseillais ont été dépistés. "Ceci en fait la population la plus testée au Monde", note-t-il.

Depuis le début de l'épidémie, l'IHU a réalisé des tests sur 20.987 Marseillais. Près de 3.486 étaient porteurs du virus, soit un taux de 16,6% de positifs. 

1.818 patients ont été traités à l'association hydroxychloroquine + azithrocmycine. Cinq personnes sont décédées, selon les chiffres communiqués par le Pr. Raoult. 
 

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