Covid-19 : les opérations chirurgicales vont être déprogrammées dans les Bouches-du-Rhône

Seules seront maintenues les opérations urgentes, celles pouvant attendre au moins deux semaines vont être déprogrammées d'ici à la fin de la journée, a annoncé l'ARS, vendredi. Une décision prise pour faire face au flux de patients Covid.
Au service de réanimation de l'hôpital La Timone (AP-HM)
Au service de réanimation de l'hôpital La Timone (AP-HM) © David Rossi/MaxPPP
Un indicateur de plus qui indique l'ampleur de la crise sanitaire. Les opérations chirurgicales vont être déprogrammées dès vendredi 5 novembre dans la soirée, a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS).

Seules les opérations urgentes restent encore maintenues. Une décision price face au nombre croissant d'hospitalisations et de réanimations liés au Covid-19 dans les Bouches-du-Rhône. 

Le Vaucluse et les Hautes-Alpes bientôt concernés ?

Les hôpitaux du département s'attendent à un afflux de patients plus important la semaine prochaine. Selon l'ARS, d'autres départements sont concernés. Le Vaucluse et les Hautes-Alpes pourraient rapidement être les prochains sur la liste tant la situation sanitaire est critique. 

L'Agence prévoit de suspendre les opérations non urgentes dès ce vendredi soir. Et de les reporter à deux semaines au moins, le temps que le pic soit passé. Seules sont maintenues les chirurgies d'urgence vitale ou prioritaires comme la chirurgie cardiaque, la neurochirurgie, la cancérologie et les IVG.

Au sein des hôpitaux publics marseillais, seules 30 salles de bloc opératoire sur 90 restent ouvertes à ces opérations urgentes.

Déjà, au sein de l'AP-HM, une cellule de médecins prend régulièrement une décision collégiale pour décider du report ou pas des interventions.
Les salles de bloc "libérées" sont transformées en salles de réanimation pour accueillir les cas les plus sévères de covid-19.
L‘objectif de ces déprogrammations est de récupérer du personnel spécialisé, des anesthésistes et des infirmières de bloc, déjà formés à la réanimation.

"On rediscute tout dossier par dossier"

Même chose à l’hôpital d’Avignon où toutes les activités non urgentes qui devaient être différées…ont été déprogrammées à la demande de l’ARS.

Depuis le début de la semaine l’hôpital d’Avignon retravaille sa programmation au niveau du bloc opératoire.
Le bloc opératoire central compte désormais 4 salles contre 12 habituellement "comme ce qu’on a connu lors de la première vague en mars-avril", indique le directeur de l’hôpital d’Avignon, Jean-Noël Jacques. "On déprogramme tout ce qui était prévu et on rediscute tout dossier par dossier".

De leur côté, les urgences continuent.
"C’est un travail mené en concertation forte avec les équipes médicales, chirurgicales et anesthésiques. Elles se rencontrent pour faire ces reprogrammations. Un chirurgien de chaque spécialité explique ses priorités, les raisons des prise en charge et au vu de cela, on priorise et on programme les interventions", précise Jean-Noël Jacques.
Aujourd’hui 20% des lits de l’hôpital d’Avignon sont dédiés aux malades atteints du Covid 19. Sur 950 lits d’hospitalisation, 190 personnes positives au coronavirus sont actuellement hospitalisées.

D’un point de vue plus personnel, le directeur de l’hôpital se sent "responsable face à un défi élevé"…Jean-Noël Jacques loue la bonne mobilisation de tous les personnels face à cette deuxième vague.

Dans les Hautes-Alpes, la dégradation sanitaire se poursuit.
Le Groupement hospitalier de Territoire (GHY) Alpes du Sud enregistrait aujourd'hui 120 patients Covid hospitalisés.

"C’est quasiment deux fois supérieur à la première vague (55 patients hospitalisés en avril 2020)", précisent les équipes médicales sur leur page facebook.

Fières d'avoir plus de 100 lits de médecine "en un temps record", au sein du GHT . "Il faut que la population se rende compte du véritable tour de force que cela représente", rappellent les soignants.

Dans ce département aussi, "une déprogrammation totale de l’activité médico-chirurgicale non urgente a été enclenchée, afin d'avoir les ressources en personnel disponible et libérer des lits".

L'ARS communiquera plus précisément en fin de journée, sur cette réorganistion hospitalière.
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