Covid-19 : sept questions sur les tests antigéniques, désormais disponibles en pharmacie et chez les médecins

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Écrit par P.S.
Des tests antigéniques ou "tests rapides" sont en ce moment déployés dans les pharmacie, chez les médecins de ville et auprès des infirmiers libéraux. Le but est d'enrayer le plus vite possible la transmission du Covid-19.
Des tests antigéniques ou "tests rapides" sont en ce moment déployés dans les pharmacie, chez les médecins de ville et auprès des infirmiers libéraux. Le but est d'enrayer le plus vite possible la transmission du Covid-19. © Aurelie LADET / Maxppp

Ces tests "rapides" arrivent cette semaine dans les pharmacies, chez les médecins généralistes et infirmiers libéraux. Moins fiables que les tests RT PCR, ils permettent de détecter les personnes, symptomatiques ou pas, susceptibles d'être "super-contaminatrices".

Leur arrivée était réclamée par le Conseil scientifique dans sa note du 26 octobre. Les tests antigéniques, aussi surnommés "tests rapides" sont déployés à grande échelle cette semaine sur le territoire français. Ils seront disponibles dans certaines pharmacies, chez les médecins généralistes ou auprès des infirmiers libéraux. Pourquoi faire ces tests alors qu'ils sont réputés moins fiables que les PCR réalisés en laboratoire ? Qui peut se faire tester ? Est-ce que certaines personnes sont prioritaires ? Eléments de réponse autour de sept questions.


1. Comment fonctionnent les tests antigéniques ?

Pour faire le test, il est possible de se rendre chez son pharmacien, son médecin généraliste, ou faire appel à un infirmier libéral. Comme pour les tests PCR déjà déployés en France, le personnel de santé introduit brièvement un écouvillon (sorte de coton-tige) dans le nez. "Une fois que vous avez pris rendez-vous en pharmacie, il vous sera certainement demandé de remplir un document avec toutes les coordonnées pour pouvoir identifier la personne qui fait le test", explique à franceinfo Gilles Bonnefond, président de l'USPO. Le pharmacien sera équipé d'une surblouse, de la charlotte, du masque, de la visière et des gants. Le test rapide détecte l'une des protéine du virus SARS-CoV-2 (Covid-19) et, 15 à 20 minutes plus tard, le résultat est connu.

2. Quand se faire tester ?

Dans le cadre des tests antigéniques effectués chez les médecins, les pharmaciens ou les infirmiers libéraux, les autorités sanitaires conseillent en priorité aux personnes symptomatiques de se faire tester.

"Ce test est très efficace chez les personnes qui ont des charges virales élevée, souligne Laurent Peillard, responsable du département pharmacie et biologie à l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte-d'Azur, c'est-à-dire des personnes qui peuvent être considérées comme 'super-contaminatrices', qui pourraient être contagieuses, qu'elles soient symptomatiques ou non."

Aux personnes symptomatiques, les autorités sanitaires conseillent de faire le test antigénique dans les quatre jours après l'apparition des premiers symptômes. "C'est à ce moment-là qu'il marche le mieux parce que la charge virale est la plus élevées", souligne Laurent Peillard.
L'objectif des autorités sanitaires est de stopper le plus vite possible les chaines de contamination du virus en isolant rapidement les personnes symptomatiques. Mais aussi de soulager les laboratoires qui effectuent les tests PCR et qui sont saturés par la forte circulation du Covid-19.

"Dans certains départements comme les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes ou dans certaines communes du Haut-Var, l'accès aux résultats de tests PCR peut prendre plus de 48 heures. Dans ces zones, on conseille aux personnes qui ont des doutes sur leur état de santé d'effectuer un test antigénique pour pouvoir prendre leurs dispositions rapidement s'ils sont positifs", détaille Laurent Peillard.

Le test de référence reste toutefois le PCR, plus coûteux, qui demande aussi plus de temps avant de donner ses résultats. Aussi, les pharmaciens, médecins et infirmiers doivent conseiller aux personnes fragiles de faire un test PCR si elles présentent des symptômes de Covid-19. Les "cas contacts" doivent elles aussi faire un test PCR plutôt qu'un antigénique.

3. Où se faire tester ?

Cette semaine, les pharmaciens, médecins et infirmiers libéraux reçoivent leurs stocks. "Ça ne sert à rien de foncer dans les pharmacies ou chez les médecins. Très progressivement, ils vont s'équiper, le déployer", a expliqué le 29 octobre le ministre de la Santé Olivier Véran sur franceinfo.

"Pour savoir si votre pharmacie effectue ces tests, le mieux c'est de l'appeler, explique président de l'Ordre des pharmaciens de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse. Toutes les pharmacies ne vont pas s'équiper car certains établissements n'ont pas les moyens d'avoir un espace dédié".

Les tests rapides seront toutefois disponibles dans plus de 50% des officines d'ici à la fin de la semaine, assure l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine. 

4. Que faire si le test est positif ?

Les recommandations sont listées sur le site de l'assurance-maladie. Quand un patient est positif au Covid-19, il faut lister les "personnes contact" pour transmettre les données aux enquêteurs sanitaires de l'assurance-maladie, poursuivre son isolement, surveiller son état de santé.

5. Et s'il est négatif malgré des symptomes ?

Même si le test est jugé moins fiable que le PCR et qu'un doute peut donc subsister, il n'est pas nécessaire de le refaire ou de le compléter par un PCR quand on présente des symptômes, assure l'ARS. Les personnes testées négatives qui ne sont pas cas contact sont invitées à poursuivre les mesures barrières comme à leur habitude.

6. Combien ça coûte ?

Le test est gratuit et sans ordonnance. Mais les pharmaciens le facturent à l'assurance maladie "au prix maximum de 8,05 euros hors taxes", selon l'arrêté paru le 26 octobre.
Pour les autorités sanitaires, l'avantage c'est qu'il coûte moins cher à l'assurance maladie qu'un test PCR (dont le coût s'élève à 67 euros).

7. Pourquoi ça n'arrive que maintenant ?

Emmanuel Macron avait dévoilé son intention de déployer ces tests rapides en France lors de son interview télévisée le 14 octobre. Mais dès le lendemain, le ministère de la Santé avait expliqué à Libération l'arrivée de ces tests prendrait "plusieurs semaines". En cause : leur validation par les autorités sanitaires. "Les premiers tests sont apparus en France sur le marché mi-septembre, rappelle Laurent Peillard. Il a fallu le temps d'effectuer les protocoles expérimentaux et d'obtenir les avis de la Haute autorité de Santé."


 

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