Marseille : journée de blocage des forains qui veulent redémarrer leurs manèges

Rien n’a été annoncé pour eux. Les forains se sentent oubliés. Alors que ce mercredi 19 mai marque la première étape du déconfinement, ils manifesteront, notamment à Marseille, en bloquant les accès de la ville, à l’appel de leur fédération.

Les Français s'apprêtent à se ruer ce mercredi 19 mai sur les terrasses, dans les cinémas ou les musées... Mais les forains eux ne sont pas à la fête. Leurs manèges resteront à l'arrêt. Sans date de réouverture après sept mois d'arrêt. 

Forcés à l'inactivité, les forains n'entendent pas rester les bras croisés. Ce mercredi, les camions seront de sortie. Une centaine de véhicules, venus de toute la région, doit se retrouver dès 7h pour bloquer la bretelle d'accès, au niveau du port de Marseille.

Chez les Hubert, on est forains dans le Var depuis cinq générations. Raldo, le père vit cette mise à l'arrêt depuis septembre comme une "injustice", alors que selon lui "'il y a possibilité de fonctionner avec des restrictions, des distances..."  "On peut tout faire, on est capables de gérer tout ça", assure-t-il. 

Une interminable attente

Depuis septembre, les auto-tamponneuses des Hubert père et fils n'ont pas quitté leur hangar. Pas de revenus et des "dettes qui s'accumulent", car il faut quand même payer les charges. Et se tenir prêts à la réouverture.

"On entretient notre matériel, on remonte les manèges, on les fait tourner, explique Raldo Hubert, tout ça, ça coûte de l'argent, il faut continuer à les assurer, à faire les contrôles techniques. Le peu que le gouvernement nous verse s'en va là-dedans". 

Le forain varois n'a pas chiffré ses pertes, mais pour lui, le calcul est vite fait "quand vous avez 10 mois d'exploitation sur l'année et que vous n'en faites que deux..."

Selon la Fédération des forains de France,  80% des fêtes foraines ont été annulées depuis mars 2020. 

"Deux poids, deux mesures"

Le collectif appelle à la mobilisation ce mercredi dans une dizaine de grandes villes pour obtenir la levée de l'interdiction des fêtes foraines maintenue dans le décret portant sur la réouverture du 19 mai. Il dénonce "un deux poids, deux mesures".

"Il a été reconnu qu'il n'y avait pas plus de dangerosité à venir sur les manèges en plein air dans une fête foraine qu'à être assis à une terrasse de café ou dans un lieu culturel fermé", souligne Stéphane Dubief membre fondateur de la fédération de France.

Les forains ne veulent pas attendre le décret de la prochaine étape de déconfinement, le 9 juin, pour connaître les modalités de leur reprise d'activité. C'est toute la saison d'été qui est menacée.

"Tant que l'interdiction générale est marquée sur le décret, des municipalités en profitent pour annuler leur fête foraine au mois de juin, juillet, août ou septembre", estime Stéphane Dubief.

La Fédération des Forains de France annonce qu'elle va saisir de nouveau le Conseil d’État afin de faire respecter l’ordonnance du 25 janvier dernier qui permettait aux entreprises foraines "d’ouvrir dans les mêmes conditions que les activités culturelles".

Elle propose d'autoriser l'ouverture dès à présent des manèges isolés et des fêtes de moins de 10 attractions. Elle demande aussi la validation du protocole sanitaire proposé par les professionnels, avec une jauge de 4 m2/client. 

Le sentiment d'injustice des forains est d'autant plus fort que les parcs d'attraction annoncent d'ores et déjà leur réouverture à partir du 9 juin.

A cette date, Raldo Hubert ne sait pas s'il pourra faire rouler ses machines comme prévu pour la fête de Cuges-les-Pins, alors que le parc Ok Corral voisin sera lui bien ouvert. 

"On peut ouvrir les parcs d'attractions et nous qui sommes à l'air libre on ne peut pas, je ne comprends pas", lance Raldo qui prend ça pour du "mépris". "Pourquoi on donne aux uns et pas aux autres?", s'interroge-t-il. 

On est tous des petits indépendants, c'est pour ça qu'on est pas entendus.

Raldo Hubert

Il y voit même une volonté de "nous faire disparaître au profit des parcs d'attraction".

Les forains seraient 50.000 à travers le pays. Mercredi, ils essaieront de se faire entendre leurs voix à grands coups de klaxons. Un premier rendez-vous. La fédération annonce des actions reconductibles pour obtenir un calendrier clair du gouvernement.

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