"Ils veulent me prendre Jul" : la crainte de l'ex-manager du rappeur marseillais avant sa mort

Dans le cadre du procès des assassins de Karim Tir, abattu en 2014, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, auditionnait mardi la famille de la victime, avant d'entendre les enquêteurs aujourd'hui.

"Ils sont fous, ils veulent me prendre Jul" : assassiné en 2014, Karim Tir, alors manager du rappeur marseillais, craignait visiblement de perdre son protégé, a révélé une de ses sœurs mardi 7 mars, au procès des assassins de son frère devant les assises des Bouches-du-Rhône.

Après avoir purgé une peine de cinq ans d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants, à Marseille, Karim Tir avait tourné la page, a expliqué une de ses sœurs à Aix-en-Provence, en souhaitant que son prénom ne soit pas cité : "Le passé, il avait payé. Après c'était la musique, la musique."

Après s'être occupé à Marseille de chanteurs comme Black Marché ou Soso Maness, Jul était "sa pépite", a expliqué sa soeur. "Il était fier de sortir un album de Jul, il en parlait souvent", a poursuivi la sœur de Karim Tir, de près de vingt ans son aînée au sein d'une fratrie de onze enfants.

"Ils veulent que je leur laisse Jul"

"Vous l'avez senti inquiet ?", interroge le président de la cour Jean-Yves Martorano en évoquant leur dernière rencontre à Paris où le jeune homme s'était installé depuis 2012. "Il m'a juste dit : ils sont fous, ils veulent me prendre Jul. Ils veulent que je leur laisse Jul. Mais je n'ai pas prêté attention, je n'ai pas posé de questions", répond-elle, persuadée que son frère "était inquiet par rapport à ses activités présentes" et pas pour ses ennuis judiciaires passés.

"Et derrière ce ils ?", poursuit le président. "Je ne sais pas", affirme la témoin, désormais sexagénaire.

Selon policiers et magistrats, c'est en fait la sanglante vendetta entre la famille Tir et un autre clan familial marseillais, les Remadnia, associés à "la bande de Marignane", qui serait à l'origine de l'assassinat de Karim Tir, en juin 2014 à Asnières (Hauts-de-Seine). Une vendetta sur fond de trafic de drogue qui serait à l'origine d'une vingtaine de règlements de comptes au total.

Alliance entre Marseillais et Parisiens

"La grand-mère des enfants Remadnia est la cousine germaine de mon père. On est tous du même village (en Algérie) où on a un cimetière familial où sont enterrés Karim Tir et Zakary Remadnia", a expliqué la témoin.

Zakary Remadnia, soupçonné très vite par les enquêteurs d'avoir participé à "la bande organisée" à l'origine de cet assassinat, avait trouvé la mort à peine un mois plus tard, en juillet 2014 à Marseille, dans un règlement de comptes.

La cour d'assises commence mercredi 8 mars l'examen des faits, avec l'audition des enquêteurs. Selon eux, c'est une alliance entre des Marseillais et une équipe parisienne, "tous opposés à la famille Tir", qui aurait fomenté cet assassinat.

Huit personnes sont sur le banc des accusés : trois notamment pour assassinat, dont Mohamed Seghier, 45 ans, présenté comme l'un des chefs de la "bande de Marignane" ; et cinq autres pour association de malfaiteurs. Le procès est prévu pour durer trois semaines, jusqu'au 24 mars.

(avec AFP)

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