Inflation : comment les applis antigaspi permettent de faire des économies

Télécharger une application antigaspi peut vous faire faire des économies... A condition d'être prêt à faire des concessions sur la qualité et le choix des produits.

Marie a le sourire au lèvre. Cette Marseillaise pose dans sa cuisine une cagette remplie de quatre kilos de légumes. Pommes, champignons, carottes, salades, citrons, oignons... "J'en ai eu pour 3,99 euros", commente la jeune femme, satisfaite.

Avec l'inflation, un tel panier de légumes coûte en moyenne trois à quatre fois plus cher. Le secret de Marie pour trouver des prix aussi bas tient dans sa poche. Sur son smartphone elle a installé une appli "antigaspi" qui lui permet de récupérer des denrées invendues ou approchant de la date de péremption à petit prix.

Elle choisit d'abord son panier parmi ceux mis en ligne par les commerçants partenaires de l'application. Elle paie directement depuis son téléphone. L'application lui envoie ensuite un code qui lui permet de récupérer son panier antigaspi en magasin.

Marie dit s'en servir une fois par mois, principalement auprès d'un épicier de son quartier. En contrepartie du prix, elle accepte de ne pas choisir le contenu du panier, et sait que les légumes peuvent être un peu abîmés.

Une alternative économique et écologique

Too good to go, Phenix, Zéro-Gâchis... Un français sur quatre aurait adopté une de ces applications antigaspi. Et notamment les étudiants au budget serré. C'est le cas de Mélanie.

Elle cherche à faire des économies, tout en faisant un geste écologique. "C'est une très bonne alternative face à la hausse des prix dans les supermarchés. Et en plus on sauve des invendus."

Lazhar Abassi, épicier à Marseille, propose chaque jour deux à six panier d'invendus. Plus que la poignée d'euros quotidien gagnée, c'est l'argument antigaspi qui l'a convaincu. "C'est toujours mieux que de jeter à la poubelle."

Le gaspillage alimentaire est un véritable enjeu écologique. "En France, on estime que neuf millions de denrées sont jetées chaque année", rapporte Loan Valette, responsable marketing et communication de Phénix, l'une de ces applis. L'argument écologique est mis en avant sur le site de la jeune start up française.

Phenix revendique quatre millions d'utilisateurs et 1 500 commerçants partenaires dans la région Paca. "Ils sont sensibles à l'idée de faire un geste écologique tout en valorisant leurs invendus."

Outre l'épicerie, on trouve sur les applis antigaspi des produits moins essentiels : pizzas, traiteur, viennoiseries... Pour réellement faire des économies, le défi est d'éviter de succomber à la tentation... et d'acheter des produits dont on n'a pas réellement besoin.