Loi immigration : trois députés des Bouches-du-Rhône sont affichés sur les murs de Marseille par un collectif

Les murs de Marseille sont en partie couverts d'affiches depuis le 4 janvier dernier, dénonçant l'implication de trois députés locaux dans la loi immigration. "Affiche ton député" est une opération nationale menée par le collectif Ibiza.

Dans la nuit du 4 janvier, une centaine d'affiches a été placardée par des habitants dans les 1er, 6ème, 7ème, 8ème et 9ème arrondissements de Marseille. "Affiche ton député" est une opération nationale menée par le collectif Ibiza. "En avril 2022, une grande partie des électeur·rices ont voté pour Emmanuel Macron pour faire barrage à la candidate d’extrême droite. C’était aussi pour faire barrage à son programme", annonce le collectif. Par son action, le collectif veut "afficher" les députés qui ont voté pour la loi immigration.

"Affiche ton député"

Comme en période de campagne électorale, les photos des députés sont affichées sur les espaces prévus à cet effet. Les députés Lionel Royer-Perreaut, Claire Colomb-Pitollat et Didier Parakian posent aux côtés de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Un nom de faux parti apparaît en bas de l'affiche : le MRN, en Marche vers le Rassemblement National.

Le collectif Ibiza est à l'initiative de cette campagne intitulée "Affiche ton député". Ibiza attend les idées de chacun et enclenche, ou pas, une "action issue de l'indignation."

Dans le plus pur style des affiches de campagnes électorales, les visages d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen côtoient ceux de trois députés des Bouches-du-Rhône :

Tous trois sont membres du parti Renaissance.

"On s'est dit que c'est trop facile pour les députés qui ont voté la loi immigration de rentrer ensuite chez eux et de faire comme si de rien n'était. Cette loi n'est pas anodine", indique Pauline Rapilly Ferniot du collectif Ibiza , "On voulait rappeler à ces députés qu'ils ont été élus, pour beaucoup, pour faire barrage à l'extrême droite. On voulait que chacun se retrouve à devoir assumer ce vote, loin du microcosme de l'assemblée, loin du microcosme parisien."

"J'ai la sensation que dans ce pays de France on veut réinstaurer la police de la pensée"

Lionel Royer-Perreaut est l'un des députés "affichés". Chez lui, cette opération ne "suscite rien".

"J'ai la sensation que dans ce pays de France on veut réinstaurer la police de la pensée", remarque le député de la 6ème circonscription des Bouches-du-Rhône, "J'ai voté en mon âme et conscience un texte voulu par 70% des Français, qui vise notamment à mieux contrôler l'immigration irrégulière et à aider celles et ceux qui sont sur le territoire national. Pour le reste, c'est assez symptomatique d'une volonté de conflictualisation du débat politique auquel les extrêmes nous ont habitués".

Pour le parlementaire, nous sommes "dans un jeu de dupes qui n'apporte pas grand-chose à la démocratie."

Les premières affiches ont été collées à Boulogne. La campagne est nationale, elle fait le tour de France.

5 janvier, quelques heures après le collage des affiches, il pleut. Une aubaine pour les plantes, une mauvaise date pour les militants. Même si les affiches sont collées sur des espaces autorisés, elles risquent de rejoindre les déchets des Marseillais, sur les trottoirs puis dans les égouts.