Maltraitance animale : le procès à Marseille du propriétaire du chien martyr Iboo renvoyé

Le jeune chien avait été retrouvé agonisant dans une poubelle, le corps brûlé à 80%. Son propriétaire, un homme au lourd passé judiciaire, devait comparaître jeudi 8 avril devant le tribunal correctionnel de Marseille. L'affaire a été renvoyée au 29 avril. 

Le chiot souffre de brûlures sur plus de 80% du corps.
Le chiot souffre de brûlures sur plus de 80% du corps. © SPA Marseille Provence

La méthode qui a conduit à l'interpellation du propriétaire d'Iboo a été remise en cause à l'ouverture des débats.

Les enquêteurs n'avaient pas le droit d'utiliser la géolocalisation à distance et en temps réel du suspect grâce à son téléphone portable. 

Encadré par la loi, son usage est prévu pour trouver des individus qui risquent des peines de prison de minimum trois ans.

Dans cette affaire, pour des actes de maltraitance présumée envers son animal, le propriétaire de Iboo encourt deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.

L'affaire a été renvoyée au 29 avril et le propriétaire reste en détention provisoire.

Le rappel des faits

L'affaire remonte au 19 février 2021. Ce soir-là, la Société protectrice des animaux (SPA) est contactée par téléphone : un homme battrait son chien régulièrement, l'animal pousserait des cris de douleur, c'est un voisin qui donne l'alerte.

Selon son témoignage, des semaines durant, il aurait entendu le chien hurler de douleur sous les coups de son bourreau, sans pouvoir intervenir.

Arrivées sur place, la police et la SPA trouvent porte close : l'individu auteur des maltraitances présumées refuse de répondre. Impossible de forcer son domicile, les éléments à charge sont insuffisants.

C'est alors que le lendemain, des passants découvrent le chien âgé de quelques mois dans la rue, gisant dans une poubelle, un oeil crevé, le corps brûlé à 80 %. Bien que se trouvant dans un état critique, l'animal est toujours en vie. La SPA dépose plainte.

Conduit d’urgence à la clinique Cézanne à Gardanne, le vétérinaire en charge des soins mesure toute l’atrocité des sévices infligés à Iboo : assoiffé, dans un état de famine avancé, n’ayant même plus la force d’aboyer, la peau à vif sur la quasi-totalité du dos, consécutive à une brûlure, et l’œil définitivement crevé.

Un homme au lourd passé judiciaire

Le propriétaire du chien martyr est interpellé deux jours plus tard, mais il parvient à s'enfuir, au cours de son examen psychologique réalisé à l'hôpital Sainte-Marguerite.

Il change d'apparence, se rase le crâne selon le président de la SPA marseillaise, sans parvenir pour autant à tromper la police, qui finit par lui mettre le grappin dessus.

On découvre alors un homme au lourd passé judiciaire : viol en réunion, vols, escroqueries, détournement d'identité. Un casier suffisamment long pour justifier le placement de l'individu en détention provisoire, jusqu'à l'ouverture de son procès, le 29 avril. 

Face aux maltraitances, de nouvelles dispositions

Fin janvier à Marseille, un autre individu avait été placé en garde à vue pour ne pas avoir pris suffisamment soin de ses chiens, comme l'indiquait la police sur son compte Twitter.

Toujours à Marseille, en novembre 2020, un homme avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir maltraité son chien, qu'on avait retrouvé déshydraté dans le coffre de sa voiture.

Alors que des peines de prison ferme sont très rarement prononcées à l'encontre des auteurs de maltraitance animale, les députés ont adopté fin janvier en première lecture à l'Assemblée nationale un projet de loi visant à réprimer plus sévèrement les faits de maltraitance animale. 

Il est notamment prévu que les peines, pouvant aller actuellement jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende, soient portées à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende en cas de mort de l’animal.

Concernant le propriétaire du chien Iboo, le jugement devrait être connu dans les prochaines heures. L'animal a survécu, et est toujours pris en charge à la SPA de Marseille.

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