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Marseille : examen du grain de beauté en pharmacie, tous les dermatologues ne sont pas d'accord

L'examen d'un grain de beauté par un pharmacien fait polémique chez les dermatologues / © France 3 Provence-Alpes
L'examen d'un grain de beauté par un pharmacien fait polémique chez les dermatologues / © France 3 Provence-Alpes

Depuis début juin, une pharmacie marseillaise propose d'examiner les grains de beauté pour déterminer s'il y a un risque de cancer. Cet examen est envoyé à une plateforme de spécialistes. Les fédérations de dermatologues condamnent cette initiative qu'elles jugent même potentiellement dangereuse

Par Ludovic Moreau

Depuis le 4 juin, il est désormais possible de montrer ses grains de beauté à un pharmacien pour détecter un éventuel mélanome. Pour le moment, ce dispositif n'est disponible que dans trois villes en France (Paris, Alès (Gard) et Marseille) et encore, à Marseille, seul une pharmacie propose ce service.
Mais cette initiative n'est pas du goût de tous les dermatologues. Si elle est soutenue par les uns, elle est jugée contre-productive par les autres.
 

Un dispositif potentiellement dangereux

Les officines qui pratiquent cette activité sont membres du réseau Pharmabest et bientôt une cinquantaine de pharmacies devraient proposer ce service.
Il s'agit de photographier le grain de beauté à l'aide d'un dermatoscope, le cliché est ensuite envoyé à une plateforme située dans l'Est de la France pour être examiné par des dermatologues. Cette opération coûte 28 euros et n'est pas remboursée par la Sécurité Sociale. L'intérêt est de palier à la difficulté d'obtenir un rendez-vous rapide avec un spécialiste.
Dans un communiqué commun publié lundi dernier, la Société Française de Dermatologie (SFD), la Fédération Française de Formation Continue en Dermatovénéréologie (FFFCEDV) et le Collège des Enseignants de Dermatologie de France (CEDEF) ont condamné

Une initiative conçue par un groupement pharmaceutique privé et ne s'appuyant que sur un tout petit nombre de dermatologues

Selon Pascal Joly, président de la SFD, il serait 4 dermatologues sur 4.000 en France à adhérer à ce dispositif.

Ce dispositif, par sa taille, n'aura aucun bénéfice pour la santé publique. Pire, c'est potentiellement dangereux parce que les gens vont montrer des lésions spectaculaires or, souvent, les mélanomes n'en sont pas. Ils risquent d'être faussement rassurés

a-t-il expliqué à nos confrères de l'AFP.
 

Le syndicat national des dermatologues soutient cette expérimentation

Malgré la fronde de certains dermatologues, l'organisation professionnelle soutient pour sa part l'expérimentation de Pharmabest.

Il ne s'agit pas de diagnostiquer ni de dépister, mais de donner un avis sur la lésion qui inquiète et surtout, d'inciter à se faire dépister dans un cabinet de dermatologie

a expliqué à l'AFP, Marc Perrussel, vice-président du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues et il ajoute

Le message qui sera envoyé sera de dire: montrez la totalité de votre épiderme à un médecin car c'est très important de le faire

Le nombre de nouveaux cas de cancer de la peau a triplé entre 1980 et 2012, selon l'Institut national du cancer. Près de 1.800 personnes meurent chaque année après un mélanome cutané.
 

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