Marseille : liquidation judiciaire du McDonald's de Saint-Barthélémy, les salariés occupent le restaurant

Après l'annonce de la liquidation judiciaire du McDonald's de Saint-Barthélémy, les salariés ont décidé d'occuper les locaux pour une durée indéterminée. / © Jean-Louis Boudart / FTV
Après l'annonce de la liquidation judiciaire du McDonald's de Saint-Barthélémy, les salariés ont décidé d'occuper les locaux pour une durée indéterminée. / © Jean-Louis Boudart / FTV

Après 18 mois d'un combat acharné de ses salariés pour sauver leurs emplois, la nouvelle est tombée jeudi. Le restaurant McDonald's de Saint-Barthélémy a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille. Les salariés ont décidé d'occuper les locaux.

Par Ludovic Moreau, GB

Même si la nouvelle était déjà connue depuis hier, le tribunal de commerce de Marseille a prononcé officiellement la liquidation judiciaire du restaurant McDonald's de Saint-Barthélémy, peu après midi, ce jeudi.

Plus de quarante salariés et une vingtaine de CDD vont être licenciés.

Dès ce matin, quelques salariés s'étaient rassemblés dans leur restaurant, ce lieu, situé dans le 14e arrondissement de Marseille, a été au cœur d'un combat acharné, pendant 19 mois, pour sauver les emplois.
    
Parmi eux, Olga qui retient ses larmes, employée depuis l'ouverture en 1992, en grande pompe, de ce fast-food, dans un quartier très défavorisé en la présence du ministre du Travail de l'époque, Martine Aubry.

Aujourd'hui, elle a l'impression d'être jetée à la rue, "à mon âge, je ne retrouverai plus de travail en CDI", explique-t-elle.

Comme un baroud d'honneur, le charismatique délégué syndical FO Kamel Guémari a annoncé l'occupation des locaux pour une durée indéterminée. "Ils ne nous reste que la lutte et on n'est pas seul, il y a les gilets jaunes, les riverains, les associations", assure-t-il.

Aucune offre de reprise

Placé en redressement judiciaire le 13 novembre, six semaines à peine après le début de la période de sauvegarde, ce restaurant détenu pour moitié par un franchisé et par McDonald's France n'a fait l'objet d'aucune offre de reprise.
    
"McDo France a torpillé toutes les solutions de redressement", a de nouveau accusé mercredi Me Blindauer auprès de l'AFP. 
    
Pour lui, la liquidation judiciaire était l'objectif recherché par le géant mondial du fast-foot depuis le début, le 7 mai 2018, quand le dirigeant Jean-Pierre Brochiero a annoncé au comité d'entreprise sa volonté de vendre les six McDonald's marseillais dont il était alors le franchisé.

McDo "a fait faire le sale boulot par le tribunal"

Pour l'avocat, McDonald's "a fait faire le sale boulot par le tribunal, la justice commerciale a été instrumentalisée. Tout ça pour raser ce "village gaulois" qui dérange, dans un monde McDo où les représentants syndicaux s'achètent ou se jettent".
    
Dans ce restaurant des quartiers nord de Marseille, il y a Kamel Guemari, délégué du personnel FO, arrivé dans ce fast-food en 1998, à 16 ans, et désormais sous-directeur: "C'est lui la raison de tout ça, c'est pour se débarrasser de lui qu'aujourd'hui McDo est prêt à abandonner deux millions d'euros de passif le coeur léger", insiste Me Blindauer.
    
Mais pour M. Brochiero, qui avait cédé cinq de ses "McDo" à un autre franchisé, en septembre 2018, le problème du restaurant de Saint-Barthélémy serait ailleurs. Ce fast-food serait impossible à rentabiliser, assurait-il au printemps 2019, en mettant en avant les 992.000 euros de pertes en 2018, après 3,3 millions d'euros perdus depuis 2009.
    

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