Marseille : Robert Guédiguian et Ariane Ascaride lancent un appel pour sauver le cinéma

Le cinéma L'Alhambra à Marseille, lance un cycle de films de Robert Guédiguian. Le réalisateur marseillais était présent lundi, aux côtés de l'actrice Ariane Ascaride et de Jean-Pierre Darroussin. Ils ont lancé un vibrant appel au public pour qu'il continue à aller au cinéma.

Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin au secours du cinéma
Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin au secours du cinéma © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue
Le coronavirus ne doit pas faire peur au public des cinémas. En respectant les gestes barrières, l'actrice Ariane Ascaride convie tout le monde à retourner dans les salles pour soutenir une industrie en souffrance.

"Il faut dépasser ses peurs et aller au cinéma, c'est vital pour qu'il y ait des films", a-t-elle déclaré lundi soir à l'Alhambra, salle historique des quartiers populaires de Marseille. Et dont l'année 2020 marque les 30 ans d'existence.

L'Alhambra, le cinéma de Robert Guédiguian

La scène de l'Alhambra, ouverte en 1928 à l'Estaque, avait été fermée plusieurs années, avant de rouvrir en 1990 avec l'aide de la ville de Marseille.

C'est également le cinéma où allait le réalisateur Robert Guédiguian durant son enfance. Lundi, il a participé au vibrant appel de sa comédienne préférée :

"Il faut continuer à aller au cinéma, c'est un lieu où les gens regardent ensemble, dans le même sens", a-t-il dit en plaidant pour davantage de solidarité et de projets collectifs dans la société.

Je le dis souvent aux gens qui ne connaissent pas : "on est dans un film de Robert".

William Benedetto, directeur du cinéma l'Alhambra

Une vision de la société à laquelle adhère parfaitement William Benedetto, le directeur de l'Alhambra. Il connaît le cinéaste depuis de longues années, et partage son engagement.

L'Estaque, décor naturel de "Marius et Jeannette"

Sa salle est installée à l'Estaque, quartier qui a servi de décor naturel au film "Marius et Jeannette" signé par le réalisateur marseillais.

"Je le dis souvent aux gens qui ne connaissent pas : "on est dans un film de Robert". Il y a des moments où on cultive ce qu'il fait transparaître dans ses films. L'Alhambra est un lieu qui résonne et fait écho à la façon dont Robert (Guédiguian) fait du cinéma".

Lundi soir, c'était le coup d'envoi d'un cycle consacré à Robert Guédiguian. Avec la projection de "A la vie à la mort", réalisé il y a 25 ans.
William Benedetto et Robert Guediguian devant l'Alhambra
William Benedetto et Robert Guediguian devant l'Alhambra © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue
"Dans la salle, sur 170 personnes, les 2/3 n'avaient jamais vu le film", s'enthousiasme le directeur de la salle. "Preuve qu'il y a toujours du travail à fournir pour faire découvrir le cinéma de Robert Guédiguian".

Avec l'épidémie de coronavirus et le confinement, "la culture a beaucoup souffert", a rappelé Ariane Ascaride.

"Les cinémas sont désemparés devant l'absence de perspective de reprise de leur marché", a souligné cette semaine la Fédération nationale des cinémas.

Sans la culture, les gens seraient devenus fous.

Ariane Ascaride, actrice et comédienne

"Je peux comprendre que les gens aient peur" avec la persistance du virus, "mais il faut dépasser ses peurs et aller au cinéma (...) en respectant bien sûr les gestes barrières, car personne n'est invincible et nous devons nous protéger les uns les autres", a souligné Ariane Ascaride.

L'actrice a été récompensée à la dernière Mostra de Venise pour son rôle dans Gloria Mundi, de Robert Guédiguian.

Un karaoké joyeux parmi les habitants

"Qu'est-ce qui a fait que les gens ont tenu pendant le confinement ? La culture, les films, la musique, les livres. Sans la culture, les gens seraient devenus fous", ajoute l'actrice.

"Si la baisse de fréquentation se poursuit, des cinémas indépendants vont fermer. Sans spectateurs, sans salle, on ne peut plus faire de films", a-t-elle déploré.

Du côté de l'Alhambra, la situation n'est pas catastrophique, comme pour certaines autres salles ou complexes de cinéma.

"Nous avons une perte de 20 %", souligne William Benedetto. "C'est encore une période calme habituellement. La  question se posera pour septembre, en fonction de la situation sanitaire".

Pour attirer le public, le cinéma Alhambra, avec son élégante façade blanche et ocre des années 1930, a décidé pour la première fois de son histoire d'ouvrir en août.
Un karaoké organisé parmi les habitants, dans la rue, devant l'Alhambra
Un karaoké organisé parmi les habitants, dans la rue, devant l'Alhambra © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue
"Cela permettra aussi de dynamiser la place devant le cinéma, il y a un bar, du passage. C'est là que nous avons fait un karaoké avec le public, les habitants et les artistes lundi soir".

"Jean-Pïerre Darroussin était là aussi. C'était gai. Tout le monde a chanté. On peut dire que c'était les prémices de l'anniversaire des 30 ans que l'on compte bien fêter dès qu'on le pourra", espère son directeur William Benedetto.

L'Alhambra propose six films de Robert Guédiguian pour découvrir autrement l'Estaque, l'un des ports de pêche de Marseille marqué par une importante période industrielle.
 
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