Marseille: un système de vidéo-surveillance biométrique attaqué en justice

Archives. Un policier surveille les écrans dans la salle de video-surveillance de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône). / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Archives. Un policier surveille les écrans dans la salle de video-surveillance de la ville de Marseille (Bouches-du-Rhône). / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Deux associations de défense des droits fondamentaux attaquent la ville de Marseille devant le tribunal administratif pour suspendre la mise en place d'un vaste système de vidéo-surveillance qualifié "d'intelligent", qui porte selon elles, atteinte aux libertés individuelles.

Par GB avec AFP

Dans leur requête en référé, la Ligue des droits de l'Homme et la Quadrature du net demandent à la ville de suspendre la mise en place de ce système de vidéo-surveillance. 

Dit "intelligent", il doit permettre d'analyser les données captées, pour y détecter des mouvements de foule, des comportements jugés anormaux ou retrouver automatiquement une personne signalée.

Les deux associations estiment que la ville de Marseille n'a pas respecté ses obligations légales en mettant en place ce système qui doit permettre de surveiller de façon automatique "l'ensemble de la population circulant sur la voie publique", avec un recueil et une analyse des données biométriques, selon la requête.

Un système vidéo capable de tracer des individus en temps réel...

La ville est lancée depuis plusieurs années dans un vaste projet de "Big Data de la Tranquillité Publique", qui doit croiser de multiples flux de données pour tenter de "prévenir certains évènements avant qu'ils se produisent". Mais elle a indiqué que le dispositif de vidéosurveillance attaqué était pour l'instant "en phase de test".

"Ce système ajoute une couche d'automatisation à la vidéosurveillance" pour identifier et tracer des individus en temps réel, s'est inquiété Félix Tréguer, membre de la Quadrature du Net.

"Cette technologie intrusive n'est pas légitime dans une démocratie digne de ce nom", a-t-il ajouté, dénonçant l'opacité de plusieurs villes autour de la mise en place de ce type de systèmes.

Selon un document interne obtenu par l'association, la mairie de Marseille souhaite ainsi que son système vidéo permette d'identifier un dépôt sauvage d'ordures, un tag, un attroupement, ou encore détecter des coups de feu, la clameur d'une foule ou du maraudage.
 

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