Marseille : le tournage d'un clip à l'origine de la poursuite entre scooters et police dans le 15e

Les scooters escortent la voiture de police dans le parking du centre commercial Grand Littoral à Marseille. / © capture d'écran
Les scooters escortent la voiture de police dans le parking du centre commercial Grand Littoral à Marseille. / © capture d'écran

La vidéo circule sur les réseaux sociaux depuis le 31 mars.Après vérification, il s'agit du tournage non autorisé du clip du rappeur Elams que la police a interrompu. Une vidéo relayée par Samia Ghali hier pour dénoncer  les rodéos et l'insécurité dans les cités suite à l'affaire de la Busserine
 

Par Sidonie Canetto

Depuis hier, une vidéo fait le buzz. On y voit une cinquantaine de scooters encadrant une voiture de police sur le parking du centre commercial Grand Littoral dans le 15e arrondissement de Marseille. La sénatrice des Bouches-du Rhône, Samia Ghali s'est appuyée sur ces images pour dénoncer les rodéos quotidiens dans les cités marseillaises et les désagréments que vivent les habitants au lendemain de l'affaire de la Busserine. Pour rappel, un commando cagoulé et lourdement armé avait fait irruption dans la cité en pleine journée tirant des coups de feu.

Tournage d'un clip non autorisé

Ce jour là, le 31 mars dernier, le rappeur Elams et une quarantaine de motards sont présents sur le parking du centre commercial Grand littoral de Marseille pour le tournage du clip "Vamos" . Un tournage non autorisé sur un site privé.

Les motards roulent dans le parking du centre commercial et la police est appelée pour des nuisances. Un équipage constitué de deux agents en voiture se rend sur place et constate les faits. Devant la quarantaine de motards et la centaine de badauds réunis pour le clip, l'équipage ressort de son propre chef du parking pour attendre des renforts escortés par les motards plus ou moins zélés. Quelques minutes plus tard, épaulée par deux autres équipages, la police va revenir et mettre en fuite les participants de cet attroupement non autorisé. Plusieurs procès verbaux vont être dressés et consignés par la police nous a expliqué un responsable de la direction de la sécurité publique à Marseille.

Les "no futurs"

La violence est montée d'un cran ces dernières années par des générations de jeunes qui se définissent eu-mêmes comme des "no futur". C'est ce que nous a expliqué Samia Ghali, la Sénatrice des Bouches-du-Rhône.  Elle déplore une nouvelle fois la confiscation des ces quartiers par les traficants de drogues, qui empoisonnent la vie des habitants: " Ils sont menacés verbalement et physiquement quand ils ne sont pas frappés. Cela permet aux traficants de maintenir une pression sur les habitants par peur des représailles, de les empecher de parler et de montrer à toute la ville le contrôle du territoire qu'ils exercent. Sans parler des blessés qui subissent les dommages collatéraux notamment de rodéos nocturnes et parfois diurnes en toute impunté." avant d'ajouter, " C'est une minorité qui contrôle une majorité, c'est une catastrophe."

Plus choquant et plus surprenant Samia Ghali nous a indiqué la présence de snippers sur les toits de certaines cités, ils s'entraîneraient à "viser des Gabians. Les habitants sont habitués a entendre quotidiennement des tirs au-dessus de leurs têtes. "

60 policiers en renfort


Gérard Collomb a annoncé l'arrivée prochaine de 60 policiers . Or pour la Sénatrice "C'est du yoyo insupportable! En réalité auparavant ce secteur disposait de 100 policiers en continu, qui ont été supprimés. Avec la police de sécurité du quotidien, 40 agents viennent d'arriver, et les 60 supplémentaires annoncés en renfort ne sont en fait  que ceux qui manquaient encore à l'appel". Avant de conclure " Et c'est la même chose avec les CRS, nous avions 3 compagnies dédiées à ces quartiers, nous n'en n'avons plus qu'une. "






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