Marseille : une supportrice brûlée par un fumigène, la sécurité des stades à nouveau en question

Publié le Mis à jour le
Écrit par Grégoire Thomas

Dimanche, lors du match OM-Nice une supportrice a été blessée par un fumigène. Brûlée au 3e degré, la supportrice explique vouloir porter plainte. Cet accident ravive la question de l'interdiction dans les stades des engins pyrotechniques.

Zadig pensait assister à une belle soirée de football et supporter l'OM dans un match bouillant au vélodrome à Marseille. 

Elle était loin d'imaginer que c'est aux urgences de l'hôpital en face du stade qu'elle finirait la soirée sans même avoir vu le coup d'envoi.

En effet, c'est à l'entrée des joueurs que de nombreux fumigènes sont craqués dans la tribune sud dans l'emplacement réservé aux South Winners.

L'un d'eux va être lancé dans la foule et va partiellement brûler Zadig sur le cou, les cheveux, l'oreille et la main. Des brûlures au 3e degré.

Prise en charge par les secours, elle est ensuite transportée aux urgences de l'hôpital Saint-Joseph.

Cet accident, relance la question des fumigènes à l'intérieur des stades.

Interdits depuis 1993

Comment arrivent-ils encore à rentrer, malgré les fouilles à l'entrée et les palpations?

Depuis 1993, une loi interdit l’utilisation ou l’introduction de "fusées ou d’artifices" dans les enceintes sportives, sous peine d’une amende de 15.000 euros et un an de prison.

Certains supporters affirment, à titre anonyme, qu'il est très facile de faire rentrer des fumigènes "car ils sont facilement camouflables au niveau des parties intimes, la fouille n'étant pas anale".

Une autre théorie privilégie des subterfuges comme des cachettes dans des béquilles, des plâtres...

Plus simplement, les stadiers n'ont pas l'autorisation de fouiller les sacs. Ils ne peuvent que demander à ce que son propriétaire sorte ses affaires. Dans la pratique, on l'imagine face à l'affluence, la consigne est rarement appliquée.   

Des fumigènes et des amendes pour les clubs

Régulièrement les clubs de foot sont pénalisés financièrement par la Ligue de Football Professionnelle, car leurs supporters continuent d'introduire des engins pyrotechniques.

Depuis janvier 2009, les clubs peuvent également être touchés de façon disciplinaire et écopent de match à huis clos si l'utilisation de fumigènes est massive. Les clubs peuvent aussi porter plainte contre les auteurs s'ils sont identifiés.

En 2018, Jacques-Henri Eyraud, alors président du club, avançait le chiffre de 800.000 euros d'amendes par an payées par l'OM.

Concernant l'accident de ce dimanche, Zadig a fait savoir sur ses réseaux sociaux que l'OM comme les South Winners mettaient tout en œuvre pour retrouver l'auteur du jet. 

La jeune femme a reçu de nombreux témoignages de soutien. Certains différencient ce geste en dénonçant un acte inconscient tout en expliquant que les fumigènes font quand même partie de la panoplie du supporter lors d'un match.

Une petite minorité a quand même fait connaître sa désapprobation concernant cette publication. Leur crainte : que cela ravive la polémique sur la sécurité dans les stades et porte atteinte aux clubs de supporters.

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