"On ne m’a rien expliqué" : Parcoursup, plateforme toujours aussi nébuleuse pour les lycéens

Parcoursup, la plateforme d'admission post-bac mise en place en 2018, peine à convaincre. A Marseille, des élèves de terminale nous ont fait part de leurs inquiétudes au moment de formuler leurs voeux pour l'avenir. 

Margaux et Mathilde, élèves en Terminal au lycée Périer, discutent de ParcoursSup avec leurs amies à la pause de midi
Margaux et Mathilde, élèves en Terminal au lycée Périer, discutent de ParcoursSup avec leurs amies à la pause de midi © Nesrine Slaoui / FTV
Selon une étude de l'association Article 1, 62,3% des lycéens étaient stressés et paniqués à la veille de l'ouverture de Parcoursup cette année, contre 59,2% en 2019. La plateforme mise en place par le ministère de l'Enseignement supérieur en 2018 peine à convaincre. C'est le cas d'Idriss, élève de terminale STMG au lycée Périer à Marseille : "On ne m’a rien expliqué de Parcours Sup, du coup je ne sais même pas à quoi m’attendre".

Parcoursup : mode d'emploi

A partir de ce mercredi 22 janvier, les lycéens peuvent se rendre sur la plateforme d'admission post-bac en ligne pour formuler leurs voeux d'études supérieures.

Ils ont jusqu'au 12 mars pour formuler jusqu'à 10 voeux, et parfois des sous-voeux, selon les formations.Un nombre de voeux rassurant, pour Margaux, terminale S au lycée Périer : "Moi ça va, ça ne me stresse pas trop parce qu’il y a plein de possibilités pour se rattraper si on s’y prend à temps".
Margaux et Mathilde, Terminale S au lycée Périer
Margaux et Mathilde, Terminale S au lycée Périer © Nesrine Slaoui / FTV
A la différence de Margaux, Inès, en terminale ES au lycée Saint-Charles Camas, n'est "pas trop confiante". Son projet étant déjà très précis (elle souhaite faire une école spécialisée pour devenir architecte), elle n'utilisera donc pas les 10 voeux. Quitte à courir le risque de ne rien avoir.
Camille (à droite), Inès, terminale ES lycée Saint-Charles Camas
Camille (à droite), Inès, terminale ES lycée Saint-Charles Camas © Nesrine Slaoui / FTV

"Oui", "oui si", "non", "en attente"

Pour les universités : la réponse est "oui" si le candidat est accepté sans condition, "oui si" s'il doit suivre un parcours d'accompagnement pédagogique ou personnalisé ou "en attente" si les formations ont plus de candidats que de places et qu'elles doivent classer les élèves en fonction de leur dossier.

Pour chaque voeu, l'élève doit montrer sa motivation en quelques lignes. Une "fiche Avenir" comportant les appréciations des professeurs pour chaque élève ainsi que l'avis du chef d'établissement est également transmise aux universités et aux formations sélectives pour le choix des dossiers. 

Une source de stress supplémentaire pour Hatem, en terminale STMG au lycée Périer : "Les profs nous stressent à nous dire qu’il faut avoir un bon dossier, qu’il ne faut pas d’absence et qu’ils sont intransigeants pour la sélection. J’ai justement redoublé la première pour avoir un bon dossier et être accepté sur ParcoursSup"
Idriss, Hatem (à droite), terminale STMG lycée Périer
Idriss, Hatem (à droite), terminale STMG lycée Périer © Nesrine Slaoui / FTV
Parcoursup recommande aux élèves d'effectuer plusieurs voeux, et pas uniquement dans les filières sélectives, afin de limiter le risque de se retrouver sans formation. Quitte à choisir... au hasard ?

Mike, en terminale au lycée Périer, se sent contraint de faire des voeux dans des formations éloignées de son projet professionel : "Je pourrai mettre des trucs comme BTP si je n'ai pas d’idées. Je mettrai des trucs qui n’ont rien à voir avec mon projet pro parce qu’il y a un nombre minimum de vœux à mettre".

Nouveautés 2020

Cette année, Parcoursup propose 600 nouvelles formations, notamment des licences sélectives de l'université Paris Dauphine, les 10 Sciences po, de nouvelles écoles de commerce et management ou encore les instituts de formations aux professions paramédicales. 

Pour les études de médecine, la première année commune "Paces" est supprimée au profit d'un "Parcours spécifique accès santé", "Pass", ou d'une licence avec option "accès santé" : "LAS", disponible y compris dans les universités qui n'ont pas de faculté de médecine. 

Enfin, pour les candidats non lycéens ni étudiants qui souhaitent reprendre des études, il est désormais possible de s'inscrire sur "Parcoursplus", plateforme proposant une offre spécifique d'information et d'orientation.

Le rôle clé de l'accompagnement

Seuls 6% des lycéens se sentent totalement confiants face à Parcoursup cette année. Les professeurs ont ici un rôle important à jouer : "Je suis plutôt confiante parce que j’ai beaucoup d’idées de vœux et nos profs nous ont beaucoup rassurés", déclare Inès.

Sabrina, en terminale ES au lycée Saint-Charles de Camas de confirmer : "On nous a mis dans un climat de confiance dans notre lycée donc moi j’ai pas vraiment d’appréhension par rapport à ça "
Sabrina, terminale ES lycée Saint-Charles Camas
Sabrina, terminale ES lycée Saint-Charles Camas © Nesrine Slaoui / FTV

Les échanges avec le professeur principal sont en légère augmentation : 44% en 2020 contre 42,2% en 2019. Ils ne peuvent qu'être encouragés : plus de 58% des élèves estiment n'être pas assez accompagnés dans leurs choix d'orientation.

A condition que le personnel enseignant soit disponible. Pour Mathilde, en terminale S au lycée Périer, la nouvelle réforme du bac pour les premières n'aide pas à y voir clair : "Les profs et l’administration sont tous concentrés sur eux, donc on se sent délaissés".
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