"Parfois ça peut être très violent" : le Lyrica, la "drogue du pauvre", de plus en plus populaire à Marseille

Utilisé de base pour l'épilepsie, le Lyrica, un médicament contenant de la prégabaline, est détourné et consommé comme une drogue. La douane a saisi, le mois dernier, 2 800 gélules à travers la ville.

Le Lyrica est un médicament souvent utilisé comme stupéfiant, appelé autrement "la drogue du pauvre". Il contient la molécule de la prégabaline. De plus en plus populaire à Marseille, c'est un traitement de base contre l'épilepsie ou les douleurs neurologiques.

Son usage est détourné et ce sont ses effets secondaires qui attirent : la désinhibition ou encore l'euphorie. Mais cette consommation peut aussi être très dangereuse, provoquant une désorientation, une confusion, des troubles de conscience, allant jusqu'au décès.

Considérée comme la "drogue du pauvre", son bas coût peut être attractif pour les acheteurs. Une gélule se vend 2 € l'unité.

Des saisies record par la douane de Marseille

Ce médicament est de plus en plus populaire à Marseille. En témoignent les récentes importantes saisies de comprimés par la douane de la ville.

Le mois dernier, ce sont 2 800 gélules qui ont été saisies à Marseille, a fait savoir la douane française dans un communiqué de presse. Ce même mois, près de 6 000 comprimés contenant de la prégabaline ont été interceptés à Metz.

"On pense que ça passe par des réseaux déjà existants, de revente de drogues sur différents points de deal, ou des réseaux de revente de cigarettes au coin de la rue, comme on croise parfois dans les grandes villes", explique Stéphane Durel, directeur adjoint des services douaniers à Marseille.

Des règles durcies pour se procurer du Lyrica

En 2021, face à l'usage de fausses ordonnances, les règles ont été durcies pour se procurer ce médicament. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a restreint les conditions de prescription de la prégabaline. Elle est désormais limitée à six mois et fait l'objet d'une ordonnance sécurisée et infalsifiable.

"On est très méfiants sur les demandes de renouvellement d'ordonnances pour le Lyrica sur des patients qu'on ne connaît pas, soutient Aurore Baudoin-Haloche, médecin généraliste à Marseille. En général, si quelqu'un a besoin d'une prescription, on appelle le médecin prescripteur initial pour savoir quelle est l'indication. On vérifie sur la carte vitale les délivrances antérieures à la sécurité sociale. Parce que toutes les délivrances sont tracées."

Une situation difficile pour les pharmaciens

Malgré les dispositifs de sécurité mis en place par le gouvernement, les usagers tentent toujours d'obtenir le médicament gratuitement. Et cette situation est parfois compliquée pour les pharmaciens, comme le témoigne Françoise Monfourny, gérante de la Pharmacie de l'Abbaye à Marseille.

"Pour éviter d'avoir la guerre, parce que parfois ça peut être très violent, on leur dit qu'on n’en a pas, que le produit est en rupture de stock ou en commande et qu'on en aura que dans deux ou trois jours. On essaye de calmer les esprits, pour qu'il n'y ait pas d'incidents dans le magasin."

Son commerce est illégal. Les revendeurs de la prégabaline sont passibles de trois à cinq ans de prison.

Avec Jules Boudier et Adrien Gaulon.

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