Dans sa tentative de décortiquer le "système clientéliste" reproché à Alexandre Guérini et son frère Jean-Noël, la justice s'est penchée jeudi sur les emplois présumés fictifs de Jeannie Peretti, ancienne compagne d'Alexandre. Il lui est reproché un recel d’abus de biens sociaux.

A la barre, Jeannie Peretti, cheveux mi- longs, châtain clair, avec balayage et brushing impeccable. Elle porte un pull blanc en cachemire, un pantalon noir, et des bottines noires en nubuck.

Dans un premier temps, la présidente Céline Ballerini fait le point sur les sociétés d’Alexandre Guerini après la vente de la décharge de la Vautubière. La partie assainissement de la SMA (Sud Marseille Assainissement) a été rachetée à Veolia.

La magistrate aborde ensuite la relation de couple que forment Jeannie Peretti et Alexandre Guerini. "Vous avez dit être séparée depuis décembre 1989 et que le père de votre fille vit dans une hlm. En réalité, vous n’êtes pas séparés ?" 

Réponse : "on vit ensemble quelque fois, on a chacun un caractère très fort. Alexandre Guerini est un excellent papa. Il est certain que nous avons de très bonnes relations, sauf quelques fois où nous avons des vues différentes".

Jeannie Peretti a suivi des cours de secrétariat et commerce dans l’école Pigier de Marseille. Ensuite elle a travaillé à La Provence (Le Provençal ndlr), puis à la ville de Marseille de 1977 à 1988, au secrétariat de Gaston Deferre.

Au départ, elle aidait Alexandre Guerini qui n’avait rien, "il avait un balais, un aspirateur et une vieille machine à écrire (...) Je l’aidais avec l’accord de ma hiérarchie pour rédiger des devis et d’autres courriers".  

Les emplois au sein des entreprises de son ex compagnon

Jeannie Peretti explique occuper alors un poste de secrétaire à mi-temps pour un salaire de 2.500 euros. La présidente Ballerini indique avoir cherché à comprendre la carrière de Jeannie Peretti et comprendre son parcours professionnel, au sein des entreprises d’Alexandre Guerini.

- "Vous dites que vous aviez des horaires à la carte ?", attaque la présidente Ballerini

- "Ce que j’ai dit, c'est lors d'une garde-à -vue qui a été éprouvante, humiliante et traumatisante, les gendarmes étaient un peu agressifs. Je n’ai jamais eu à faire à la justice."

- "Vous avez vu votre avocate, plusieurs fois…vous avez dit des choses farfelues, des choses étonnantes. On peut comprendre que la garde à vue, c’est un moment éprouvant." 

- "Devant le juge ça a été difficile, il a été méprisant, j’étais impressionnée."

- "Ah oui ? Je pense que peu de personnes ont parlé comme ça à Charles Duchaine en lui disant notamment que vous pourriez même être capable d’être à sa place."

La magistrate parvient, quand même, à retracer le parcours professionnel de Jeannie Peretti, qui a commencé comme secrétaire chez SMA Environnement pour ensuite gravir tous les échelons et devenir présidente de SMA Energie. Une filiale spécialisée dans la valorisation des biogaz.

La magistrate demande quel était son rôle aux différents échelons. Les explications sont confuses, notamment à propos de ses travaux de recherches au sujet des biogaz.

- "Avez-vous rendu un rapport de ses travaux de recherche ?"

- "Non", répond Jeannie Peretti.

- "Pourquoi ce flottement au sujet de vos emplois ?".

- "J’ai toujours travaillé", assure Jeannie Peretti.

La juge souligne qu’elle utilisait indûment un véhicule, un 4x4 Mercedes loué plus de 2.000 euros par mois, une carte bancaire pour payer l’essence et un téléphone portable, le tout appartenant à la société.

Jeannie Peretti se défend en expliquant qu’elle allait tous les jours à la Fare les Oliviers : "ça faisait quand même une heure de route, j’avais un bureau, j’allais voir sur ce site de 4 hectares, si tout allait bien".

Alexandre Guerini vient à son tour à la barre : "Elle n’a jamais encaissé une somme qu’elle n’a pas mérité. Le contrat de travail existe depuis le départ. C’est moi qui l’ai signé."

En toute fin d’audience le procureur demande à Jeannie Peretti quel est son rôle au sein de la société SMA Vautubière. "Je ne sais pas, je ne m’en souviens pas."

"Vous avez été nommée et vous ne le savez pas ?", s'étonne le procureur. 

Pas de réponse de l'intéressée. "Ce qui est étonnant, vous allez devenir directeur général sans le savoir", conclut-il. 

Reprise des débats vendredi matin, avec Jean-Noël Guerini à la barre. Le tribunal va aborder les aspects de l’extension de la décharge de La Ciotat. Un site exploité par son frère Alexandre. Le procès doit durer jusqu'au 9 avril.

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