Sniffy n'est plus une poudre à sniffer : la marque change de stratégie commerciale devant la menace d'interdiction

Le gouvernement demande à l'Europe de suspendre la vente des poudres à inhaler par le nez qui rappelle la cocaïne. Le fabricant de Sniffy a immédiatement revu les codes de consommation de son produit.

Le fabricant n'avait sans doute pas prévu les effets du buzz autour de sa  poudre énergisante à inhaler par le nez avec une paille. En quinze jours, Sniffy est devenue la cible des addictologues et des autorités. Lundi 3 juin, le gouvernement français a déposé un arrêté auprès de l'Union européenne demandant la suspension "pour un délai d'un an" de la mise sur le marché des poudres à inhaler.  

Dans sa notification, l'arrêté argumente que les "modalités de consommation et de commercialisation" de ces poudres "sont de nature à banaliser l’utilisation de ce produit stupéfiant" et "que la voie d’administration intranasale de ces poudres présente un risque avéré, en cas de recours répété, de fragilisation des voies nasales avec des effets délétères associés tels que saignements, congestion, infections des sinus, pouvant aller jusqu’à une rupture du septum, et que les substances actives contenues dans ces poudres sont susceptibles de produire des effets nocifs sur l’épithélium nasal et son environnement"

Ces dernières semaines, la campagne marketing autour de la poudre blanche a suscité une forte polémique qui a conduit le ministre de la Santé Frédéric Valletoux à réagir. Le 25 mai, il a annoncé vouloir interdire "cette cochonnerie", présentée comme un "euphorisant instantané" sans danger par ses concepteurs marseillais, mais qui reprend les codes de la consommation de cocaïne. 

Sniffy ne se sniffe plus...

Des codes sur lesquels le fabricant a basé sa promotion auprès des jeunes consommateurs sur les réseaux sociaux. "Une poudre blanche qu'on inhale par le nez ? Bien que cela puisse évoquer le plaisir interdit, c'est totalement conforme à la loi", vantait sans complexe la marque. Mais depuis, Sniffy France ne fanfaronne plus. Face à une possible interdiction de sa poudre à snifer, le fabricant change son fusil d'épaule. 

Le site a revu sa communication du tout au tout. La poudre ne s'inhale plus par le nez avec une paille, l'absorption se fait "par voie orale" ou "sublinguale". 

Sur ses réseaux sociaux, la marque a fait le ménage. Disparues les vidéos faisant référence à la consommation de la poudre par le nez. 

@sniffy.france

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♬ son original - Sniffy France

Une pétition recueille plus de 21 000 signatures

La mobilisation contre "Sniffy" s'est aussi organisée en ligne. En moins de 15 jours, une pétition a récolté plus de 21300 signatures, pour "interdire immédiatement Sniffy, qui est une apologie de la drogue". 

"La symbolique pose question", souligne le texte à cause de sa "ressemblance troublante avec la cocaïne", c'est pourquoi "il faut l'interdire au plus vite". La pétition, lancée le 24 mai par Nahida Eddine, est adressée au président Macron, au Premier ministre et au ministère de l'Economie.

Interdit aux moins de 18 ans, le produit, dont les composants sont légaux, est en vente libre, il peut être acheté en ligne sur le site du fabricant, ou dans certains bureaux de tabac. La fiole d'un gramme est vendue autour de 15 euros. 

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