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Le maire de Tarascon Charles Fabre jugé pour “favoritisme”

Charles Fabre, maire de Tarascon depuis 2005. / © Afp
Charles Fabre, maire de Tarascon depuis 2005. / © Afp

Le maire UMP de Tarascon, Charles Fabre, comparaît devant le Tribunal correctionnel de Marseille pour une affaire de favoritisme avec cinq autres prévenus. La justice soupçonne des malversations dans l'attribution de marchés publics de la ville. 

Par Annie Vergnenegre

L'affaire remonte à 2009. Le juge Charles Duchaine s'intéresse alors à la construction de la nouvelle cité judiciaire de Tarascon sur le site de l'ancienne caserne de la ville. C'est ce dossier qui se retrouve aujourd'hui au coeur du procès qui se tient au tribunal correctionnel de Marseille. Charles Fabre est soupçonné d'être intervenu, en infraction au code des marchés publics, pour permettre l'attribution au groupement Mastran-Girard, deux entreprises du groupe Vinci Construction, qui ont obtenu le lot principal de ce marché de 4,1 millions d'euros.


Six personnes poursuivies

Charles Fabre, maire UMP de Tarascon depuis 2005, et cinq autres prévenus comparaissent dans cette affaire de "favoritisme".

L'information judiciaire ouverte par le juge Duchaine le 30 octobre 2009 avait conduit à plusieurs mises en examen l'année suivante. En mai 2010, Charles Fabre avait été  mis en examen pour "favoritisme", et son directeur de cabinet Bernard Quilici pour "complicité de favoritisme".
Avant eux, deux cadres de filiales du groupe Vinci, avaient été mis en examen pour "recel de favoritisme". 

L'instruction a en particulier montré qu'un coup de téléphone avait été passé pendant la commission d'attribution par le maître d'oeuvre, l'architecte Thierry Algrin, également poursuivi, sur demande du maire au responsable de la société Mastran. Lors de cet appel, le candidat aurait ainsi pu modifier son offre et devenir le "mieux disant", alors qu'il était classé 4e et avant-dernier dans l'analyse initiale des offres par le maître d'oeuvre.

Selon les écoutes téléphoniques, le directeur de cabinet du maire, Bernard Quilici, qui comparaît également, a d'autre part fourni des informations sur les offres des différents candidats aux responsables des société du groupe Vinci Construction, ce qu'il a partiellement reconnu lors de son audition.


Candidat à sa succession

Six personnes physiques au total sont poursuivis dans ce dossier. Outre le maire, le maître d'oeuvre et le directeur de cabinet, plusieurs cadres et responsables de sociétés du groupe Vinci Construction comparaissent pour "recel de favoritisme", dont Stéphane Crosnier directeur de Mastran filiale de Dumez Méditerranée (filiale de Vinci Contstruction) et Philippe Avinent, alors président de Mastran et aujourd'hui directeur général adjoint de Vinci Construction France.
Les deux entreprises du groupe Vinci Construction, Girard et Mastran, qui ont obtenu le marché, comparaissent également en tant que personnes morales. 

Charles Fabre, 68 ans, encourt deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, ainsi que la privation pour 5 ans des droits civils, civiques et de famille, synonyme
d'inégibilité. Malgré sa mise en examen dans cette affaire, il a été réinvesti pour diriger la liste UMP aux prochaines municipales. Il affrontera notamment une liste divers
droite et surtout le FN, qui espère conquérir la ville, où sa tête de liste Valérie Laupies a récolté 57,5% des suffrages lors des législatives de 2012.

Voir le reportage de Jean-François Giorgetti et Frédéric Renard :

Le maire de Tarascon devant la justice


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