Un parti musulman présente des candidats aux départementales à Marseille

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Écrit par Olivia Malongo avec AFP
Les élections départementales ont lieu les 22 et 29 mars.
Les élections départementales ont lieu les 22 et 29 mars. © AFP

Le parti s'appelle l"Union des démocrates musulmans de France". Il a pour l'instant un seul élu : un conseiller municipal à Bobigny. L'UDMF va présenter des candidats aux prochaines élections départementales du 22 et 29 mars notamment à Marseille.

Un parti musulman, l'Union des démocrates musulmans de France (UDMF), va présenter plusieurs candidats aux élections départementales, notamment à Marseille et à Bobigny, seule mairie de France où siège un élu UDMF. Née en novembre 2012, cette jeune formation va présenter également des candidats à Nice, Strasbourg, Avion près de Lens (Nord-Pas-de-Calais) et dans la banlieue lyonnaise, a précisé son fondateur Nagib Azergui.

Un chef d'entreprise de 50 ans candidat à Marseille

La section UDMF des Bouches-du-Rhône a été officialisée ce lundi 9 février. Elle est placée sous la responsabilité de Zohra Kaddour, 35 ans, cadre au sein de la branche commerciale de la SNCF et résidant à Marseille. A ses côtés, Mustufa Nechadi sera le candidat pour les prochaines élections départementales. C'est un chef d’entreprise de 50 ans, juriste de formation et coach pour les entreprises.

900 adhérents

L'UDMF, qui revendique près de 900 adhérents et 8.000 sympathisants, touche un public d'"actifs, Français de confession musulmane pour la plupart, qui ne se reconnaissent pas dans l'offre politique" actuelle et veulent "sortir du bipartisme", a-t-il expliqué.

Il y a une place pour ce parti"


entre la droite, coupable de "discrimination", et la gauche, rejetée pour son "instrumentalisation" du vote arabo-musulman, a ajouté ce formateur en nouvelles technologies, qui a grandi à Nanterre, "près des bidonvilles". Le parti emprunte ses thèmes à la droite et à la gauche, conservateur sur le plan sociétal - la "Manif pour tous" constitue une "rupture" pour ses adhérents - mais antilibéral sur le plan économique et social. Il se veut non confessionnel, à l'instar du parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, dont il dit suivre l'exemple.

Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales

L'UDMF se dit favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales, pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne et veut revenir - sans le dire clairement - sur l'interdiction du port du voile à l'école. Affirmant que certains "épisodes tragiques" de l'histoire de France comme la guerre d'Algérie ou la colonisation sont "passés sous silence" dans les programmes scolaires, il milite pour leur enseignement et pour celui de la langue arabe, "injustement
bannie" du secondaire.

"Lutter contre les amalgames"

Pourfendeur de "l'austérité", il entend promouvoir la finance islamique, conçue comme une alternative "éthique" à la finance traditionnelle et un moyen d'enrayer de futures crises. Il souhaite aussi faire de la France un des "leaders mondiaux" sur le marché de l'alimentation "hallal".

Aujourd'hui, dans un contexte dramatique comme celui que nous connaissons, nous avons davantage besoin d'entendre nos voix trop longtemps noyées dans le silence"


explique M. Majid, candidat aux départementales à Bobigny, dans sa profession de foi, publiée sur internet. "C'est un combat essentiel pour lutter contre les stigmatisations et amalgames dangereux qui associent terrorisme et islam".

Un précédent en 1997 à Strasbourg

L'UDMF a un précédent, le Parti des musulmans de France, créé en 1997 à Strasbourg. Son président, Mohamed Latrèche, avait obtenu 0,92% des voix aux législatives de 2007. Dans son dernier roman, Soumission, Michel Houellebecq imagine l'arrivée au pouvoir d'une formation baptisée "Fraternité musulmane". "Notre ambition est d'être au rendez-vous en 2017", déclare M. Azergui.

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