Le président du consistoire israélite de Marseille renvoyé en correctionnelle

Le président du consistoire israélite de Marseille, mis en examen à deux reprises dans une affaire de blanchiment liée à un meurtre en novembre 2007, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Zvi Ammar, president du Consistoire israelite de Marseille dans son bureau.
Zvi Ammar, president du Consistoire israelite de Marseille dans son bureau. © Maxppp.
Le procès de Zvi Ammar, 56 ans, chef d'entreprise spécialisée dans le commerce d'articles de sport, aura lieu les 15 et 16 septembre 2016, a précisé Gérard Bismuth.

Le 8 novembre 2007, Olivier Plançon, représentant d'un fournisseur monégasque, avait été abattu dans sa voiture, par deux hommes à moto, jamais retrouvés, sur le parking de la société de M. Ammar dans les quartiers nord de Marseille, après une réunion de travail.

Après le meurtre, des témoins avaient vu des personnes, dont M. Ammar, extraire des sacs de la voiture de la victime et les emporter dans ses bureaux. Dans les sacs, les enquêteurs avaient trouvé 15.000 euros en espèces, ainsi qu'une enveloppe contenant des traites et un décompte de 346.360 euros inscrit sur un bout de papier. Une somme encaissée en espèces dans les jours suivants sur cinq comptes de la société de M. Ammar, mais entièrement justifiée, selon M. Ammar, par des factures de cinq magasins vendant ses articles.

Zvi Ammar, soupçonné d'avoir modifié la scène du crime en retirant les sacs de la voiture de la victime, a été mis en examen en juillet 2010 dans cette affaire. Il a ensuite été mis en examen pour abus de biens sociaux et blanchiment dans le volet financier de l'affaire en mars 2011. Au moment de ses mises en examen, M. Ammar avait dénoncé un "acharnement politico-judiciaire"  à son encontre. Son avocat Gérard Bismuth a annoncé jeudi qu'il plaiderait la relaxe de son client.

Dans le volet financier, "mon client a fait l'objet d'un contrôle fiscal qui ne s'est traduit par aucun  redressement", fait valoir l'avocat. Par ailleurs, concernant le premier volet, il reste à prouver, selon Me Bismuth, que son client "ait voulu modifier la scène de crime, ait eu l'intention de la faire et l'ait fait pour nuire au bon déroulement de l'enquête", explique l'avocat, qui évoque "l'affolement général" sur la scène du crime.

Mi-janvier, le président du consistoire israélite de Marseille avait été à l'origine d'une vaste polémique pour avoir recommandé aux juifs de
ne plus porter la kippa dans la rue, au lendemain de l'agression à la machette d'un enseignant juif à Marseille.    
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