Ma France 2022 : l'école pour tous, pas vraiment dans les quartiers Nord de Marseille

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Écrit par Sidonie Canetto
Séance d'aide aux devoirs au centre social Malpassé, dispensé par l'association "Place des Farandoleurs", dans le 13e arrondissement de Marseille.
Séance d'aide aux devoirs au centre social Malpassé, dispensé par l'association "Place des Farandoleurs", dans le 13e arrondissement de Marseille. © Sidonie Canetto / FTV

À Marseille, les habitants des quartiers Nord se sentent oubliés, incompris, méprisés, voire tout bonnement abandonnés. Drogue, violence, chômage, la ghettoïsation des quartiers Nord se ressent jusque dans la cour des écoles. Rencontre avec les habitants de ces cités, où se concentre le plus grand nombre d’établissements en zone d’éducation prioritaire.

En ce mois de décembre, le mistral souffle fort à Marseille. Entre les barres du 13e arrondissement, le froid pousse les habitants à se réfugier chez eux. Pas grand monde dans les rues en cette fin d'après-midi. 

C'est l’heure de la sortie des classes. Les parents arrivent au dernier moment, emmitouflés sous d’épaisses couches de vêtements. Je suis aussi là, devant les grilles de l’école Bouge pour un reportage : "Il faut revoir l'apprentissage en primaire pour que chacun arrive avec les bases de français et maths en 6ème", nous a écrit Anjie pour participer à Ma France 2022 sur make.org. Simple dit comme ça. Tout un programme dans les quartiers Nord.

L'école Bouge, une REP+ coincée entre l’hôpital militaire Laveran, les cités des Genêts, des Lauriers, des Cèdres et des Oliviers près de la rocade L2. 

"De jolis noms d’arbres pour une forêt de béton", me souffle un habitant paraphrasant IAM, dans sa chanson "Demain c'est loin":

"Clichés d'Orient, cuisine au piment
Jolis noms d'arbres pour des bâtiments dans la forêt de ciment
Désert du midi, soleil écrasant
Vie la nuit, pendant le mois de Rhamadhan"

Trop de grèves et de profs non remplacés

Je me présente, explique ma démarche. Et écoute. "Il y a beaucoup de grèves, mais malgré tout cela il y a un bon niveau. Ils pratiquent le décloisonnement et donc les élèves sont mélangés par niveau, et c’est profitable pour tous", confie Kheira, maman d’un garçon de sept ans en CE1.

Pour autant, elle espère pouvoir déménager, changer de quartier et d’école.

"Selon moi, la disparité de niveau vient de la situation géographique, il y a quand même la barrière de la langue dans certaines familles. Même si l’école propose des cours de français aux parents".

Les écoles en REP+ ne sont pas pour autant bien vues par les parents. Difficile de passer à côté pourtant. Dans ce domaine Marseille bat encore de tristes records. C'est la ville de France qui compte le plus d’écoles en zone d’éducation prioritaire REP+ et REP. 

Selon les chiffres de l'académie, 168 maternelles élémentaires et primaires sont en REP+, 35 en REP. 24 collèges sont en REP+ et 6 en REP.

Dans la cité de Bassens, je rencontre Aziza. Maman de quatre enfants, ses jumeaux de huit ans sont en CM2.

L'école, la différence de niveaux ? Selon elle, le problème "ce n’est pas les enfants".

"Le niveau est bas aussi parce que l’Education nationale envoie de jeunes profs sortis d’école, sans accompagnement, sans aide et ils débarquent ici la peur au ventre".

"Et surtout on ne va pas se mentir, il y a trop de grèves et quand les profs sont malades ou absents, ils ne sont pas remplacés. Ce n’est pas possible que les enfants ratent trop de jours de cours", m'explique-t-elle.

Une autre maman s'invite dans la conversation. C'est justement pour cela qu'elle a choisi de mettre sa fille de huit ans dans une autre école. 

"Je n’ai pas voulu que ma fille aille à l’école du quartier, je l’ai mise à la Calade et j’avoue qu’elle suit bien les cours. Elle n’a pas de souci, donc c’est facile de suivre et de l’aider. Je sais que l’école propose des cours de soutien entre midi et deux et après les cours à 17h pour ceux qui sont plus en difficulté" explique Fatima.

Et pourtant les élèves scolarisés en REP+ ont des dispositifs particuliers.  

"On travaille différemment en REP+. Moi, perso, je ne donne pas de devoirs aux enfants parce que je sais que ce sera compliqué à la maison. Et ce serait les mettre en situation d’échec chez eux", explique Julie, enseignante à l’école Bouge.

"La question du milieu social est une question qui se pose, car les élèves ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes et cela dépasse les difficultés scolaires. Que l’on ne peut pas combler nous derrière",  précise la jeune femme.

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Julie, enseignante en REP+ dans le 13e arrondissement de Marseille

"Il y aura toujours une différence entre les élèves des milieux difficiles et ceux qui n’y sont pas. Et c’est aussi à nous d’essayer d’apporter un maximum de choses pour combler cela", ajoute la jeune enseignante motivée.

Et pour cela, elle peut compter sur ses collègues en poste depuis plus longtemps qu’elle.

"Quand on arrive dans une école REP+, on a une équipe qui est très soudée et c’est presque toujours le cas. Alors, si on a des interrogations ou un problème, il y a les collègues pour nous conseiller, ici à Bouge, l’équipe est vraiment exceptionnelle, pour le moindre détail ou le moindre questionnement, les collègues sont là. C’est une aide entre nous et cela aide les élèves", détaille Julie.

Que ce soit pour les parents ou pour les enseignants, ils attendent de la part de l’Education nationale "le renforcement des effectifs".

Tous sont unanimes pour dire que plus de personnels serait la solution à beaucoup de problèmes dans les écoles.

Pas assez d’auxiliaires de vie scolaire

Et parmi le manque de personnels celui des auxiliaires de vie scolaire (AVS) est criant.

Comme l’explique ce papa d’un garçon de six ans. Il est désemparé. Son enfant a besoin d’une AVS quotidiennement "la première est en arrêt, sa remplaçante ne vient pas. L’école lui refuse l’accès en l’absence d’AVS. Personne ne me répond et chacun se renvoie la balle. Mon fils passe ses journées chez lui déscolarisé du coup".

C’est le cas aussi de Fathia, mère de famille de quatre enfants, habitante des Lauriers.

Sa fille Fatma, âgée de huit ans, a besoin d‘une AVS quotidiennement  "même pour aller à la cantine".

"Introvertie, timide, elle a tendance à se renfermer sur elle-même, cette année son AVS est très présente, et les progrès sont visibles, en classe Ulis, elle raccroche petit à petit le niveau classique".

C’est très important pour elle d’être au contact des autres enfants. "Alors, si elle manque les cours, elle recommence à perdre le niveau atteint, cette aide est très précieuse", précise sa maman.

Ne pas décrocher au collège

Nassim est collégien, habitant de la cité des Lauriers. Il rêve d’être footballeur. Pour le moment, il partage son temps entre les cours à l’école, les séances d’entraînement au foot et faire ses devoirs. Il a de grosses journées et se couche assez tard. Mais il s’accroche et prend plaisir à aller en cours.

"Pour le moment, les devoirs et les cours ça va. Plus jeune, au CP, je suis allé voir un orthophoniste. Maintenant tout va bien, bon je suis un peu bavard en cours, mais sinon ça va les notes".

Un sentiment que ne partage pas sa camarade Jassma, 12 ans, en 6e au collège Edmond Rostand, dans le quartier Malpassé.

"Déjà, le passage du CM2 à la 6e est dur, mais pour nous, cela a été encore plus dur, parce qu'on a été en visio, confinés, etc. Donc on arrive et on n’est pas bien préparés, c’est comme si je n’avais pas eu de CM2, les profs écoutaient plus en primaire qu’au collège, là on est invisibles". 

Le plus difficile, pour la jeune fille est le manque de repères. "Et le niveau est dur, après, ça dépend des matières, mais ce n’est pas facile, et quand j’essaye et que je n’y arrive pas, j’abandonne".

Passionnée de rap, elle aimerait faire coiffeuse, si elle "ne perce pas dans la musique, mais attention, pas salariée dans un salon, moi je veux ouvrir mon propre salon, avec coiffure, onglerie, épilation tout pour faire un vrai salon de beauté", précise la jeune fille.

Côté chiffres, le tableau fait peine à voir. Pour faire simple, sur dix ados de plus de 15 ans, trois n'ont aucun diplôme, deux ont un CAP ou BEP, encore moins le Bac, brevet pro ou équivalent. Et pour être complet et précis, 24,6% ont un diplôme de l'enseignement supérieur selon l'Insee. 

Le soutien scolaire est essentiel

C’est dans ce contexte que le soutien scolaire s’est organisé dans le quartier.

Plusieurs structures proposent d’accueillir les élèves qui en ont besoin. Comme l'association de quartier Les Farandoleurs.

Pour son fondateur et secrétaire Samir Messikh, "la première réflexion du projet associatif, c’était de faire de l’accompagnement des jeunes pour le scolaire, mais c’est aussi une porte d’entrée aux autres problématiques".

"En écoutant les jeunes, en échangeant, on se rend compte des autres besoins des foyers, que ce soit en termes de santé, de besoins alimentaires et de logement et les démarches administratives sur des créneaux horaires pas habituels", ajoute-t-il.

L’aide aux devoirs a lieu deux fois par semaine les lundis et mardis de 18h à 20h. La participation financière des parents est symbolique.

Nos bénévoles mesurent et font remonter les problématiques de nos quartiers, en terme de précarité, sociale, sanitaire, de logement.

Samir Messikh, fondateur de l'association Place des Farandoleurs

La soirée s'avance. Il est 18h dans le quartier Malpassé ce jeudi. Malgré le froid et le vent, devant le centre social, des jeunes entrent et sortent.

Certains suivent des cours de judos et autres activités. D’autres font du soutien scolaire. L’ambiance est joyeuse, animée.

Le rituel est le même chaque jour. À l’arrivée des enfants, Adel, un des bénévoles fait du tri dans le groupe : "Ceux qui ont des devoirs, vous allez à droite, ceux qui n’en ont pas à gauche".  

Covid oblige, les élèves sont répartis entre deux salles pour éviter les regroupements et les fenêtres restent ouvertes pour l’aération.

"À partir de là, on va leur trouver des activités, à leur faire faire en fonction de leur niveau. On va regarder Pronote, et voir où ils en sont dans leur programme en cours et on va les faire travailler sur la matière où ils ont le plus de difficultés", explique Nassuf, un autre bénévole de l’association.

Dans un coin de la salle, Nasserdine, élève de 4e, travaille avec Malik, bénévole aussi, sur de la géométrie.

Les yeux du collégien pétillent, il vient de retranscrire ce qu’il a compris des explications de Malik. Pour lui, c’est synonyme de victoire sur sa leçon des triangles.

"Moi, je trouve que les profs vont un peu vite en cours, mais je n’ose pas les interrompre. C‘est pour cela que je viens ici, pour que Malik prenne le temps de m’expliquer. On fait des maths mais aussi de l’histoire", explique Nasserdine.  

De jeunes bénévoles motivés

Malik est en Terminale en bac pro et il donne de son temps pour aider les plus jeunes. "J’ai passé le BAFA ici, et j’ai vu les jeunes qui travaillaient en soutien, j’ai posé des questions et j’ai eu envie de donner un coup de main aussi".

Chacun ici vient de son plein gré, bénévoles comme enfants.

"Je me suis inscrit ici aussi pour soulager ma maman qui s’occupe de ma sœur, comme ça, elle peut se consacrer pleinement à ma sœur. Cela facilite la tâche de mes parents", précise Nasserdine.  

Loubna est élève en 1ere STMG au lycée Diderot dans le quartier. Toute souriante et dynamique, elle passe de table en table pour faire le point sur les différents besoins des uns et des autres.

"On a trop la mauvaise image des quartiers Nord, vides sans rien d’intéressant", dit-elle.

Nous, on veut faire changer cette image, aussi montrer que des gens se bougent et qu’il y a de belles initiatives ici.

Loubna, élève de 1ère

Adel est livreur dans le secteur du médical. Il habitait le quartier plus jeune. Il est aussi l’animateur pour les sorties périscolaires organisées par l’association.

Il a décidé d’aller plus loin et d’apporter son aide pour les devoirs deux soirs par semaine.

Adel, sa spécialité, c’est le théâtre. Très souvent, les deux heures d’aide aux devoirs se concluent par une demi-heure d’expression orale.

Ce jeudi, il termine la session par un jeu. Deux groupes s’opposent pour répondre le plus rapidement possible à des questions sur les multiplications. 

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interview Adel bénévole Les farandoleurs ©Sidonie Canetto / FTV

"Le but de ce jeu est aussi de détecter qui a besoin de soutien sur les tables de multiplication, c’est notre façon ludique de réviser et de repérer certaines difficultés".  

L’animateur regrette la disparition de certaines structures qui ont pu exister à certains moments dans le quartier.

"Quand moi, j’étais au collège, l’aide aux devoirs était dispensée à l’école par des intervenants extérieurs, après les cours. Mais cela ne se fait plus, donc ça manque".

L’aide aux devoirs prend de l’ampleur et porte ses fruits. "Il y a des résultats, j’ai pris le temps de regarder un peu les notes, et je vois qu’il y a des progrès, même chez les plus dissipés. Ils viennent avec plaisir et progressent vraiment", note Adel.

C’est le cas de Wahil, très fier, il m’interpelle : "vous savez grâce à cette aide, j’ai 15 de moyenne !".

Et il explique que depuis septembre et le début de ce soutien ses "notes ne font que monter". Une victoire pour lui, alors que les études auraient pu prendre un autre tournant.  "Avec le confinement, mes notes, notamment en maths ne faisaient que baisser, c’était dur de suivre".

Ce que je ne comprends pas en classe, ici je peux le travailler. Cela change tout.

Wahil

"Et grâce à cela mes notes augmentent", ajoute le garçon conscient de sa chance.

"Moi, j’attends avec impatience ce moment dans la semaine", confie le jeune homme qui reprend confiance en lui et se réconcilie avec les cours. 

"Leur réussite c’est notre récompense"

Nassuf a 24 ans. Il est en Master 2 à Kedge Business School, dans la finance, en spécialité Contrôle de gestion. Avec la crise sanitaire, les inégalités sociales se sont faites plus présentes et encore plus dans les quartiers dits populaires.

L’aide alimentaire, par exemple, a bondi. Mais d’autres besoins sont ressortis comme l’aide scolaire pour les parents confrontés à l’école à la maison.

L’association pluridisciplinaire a donc aussi apporté son aide. "Beaucoup de jeunes veulent bien faire, ils veulent réussir, mais ils n’ont pas les moyens pour s’en sortir, et c’est pour cela que notre association est là, dans un des quartiers les plus en difficulté", détaille Nassuf.

Notre plus grande récompense, c’est leur réussite. Ce n’est pas de la rémunération.

Nassuf, étudiant en Finance

L’avantage d’être en groupe aussi, c’est que tout le monde peut être amené à répondre aux besoins des uns et des autres, ce n’est pas de l’aide particulière.

C’est le cas de Sirine, dix ans, une fois ses devoirs finis, elle s’est penchée sur les problèmes de conversion de mètres en centimètres de Khaïs. Avec son langage, elle a réussi à trouver les mots justes, adaptés pour expliquer cette leçon.  

"On s’aide au fur et à mesure, on a les mêmes codes, les mêmes mots, c’est plus facile", explique la jeune fille.

"Même si je n’ai pas trop de devoirs, je viens quand même, soit pour aider les autres soit pour aller plus loin dans une matière. Venir ici, c’est comme une activité extra scolaire, je retrouve des amis, on partage les activités de la fin ensemble", ajoute Sirine.

Partage et entraide, valeurs repères

Souabia, 25 ans, travaille à la caisse de retraite, et deux fois par semaine, elle vient aider aux devoirs dans son ancien quartier "les Oliviers", celui où elle a grandi et où elle-même faisait ses devoirs avec les enfants du quartier.

Son père, agent d’entretien, rassemblait les jeunes du quartier après l’école chez lui pour faire les devoirs. Des souvenirs d’enfance qui amusent Souabia.

"Il avait même installé un tableau à la maison. Il faisait cela pour les autres et il m’a inculqué ses valeurs de partage et de don de soi. Alors, à mon tour après mes études aux quatre coins de la France, je reviens dans le quartier, même si je n’y habite plus, pour aider".

Souabia est très attentive aux plus jeunes. Ce soir, ce sont des maths en CE1, apprendre à décomposer un nombre : dizaine, unité, centaine…

Assise sur une mini chaise, elle se met au niveau de ses deux petits élèves, et à tour de rôle leur pose des questions pour voir si la leçon est bien assimilée.

L’ambiance est joyeuse et chacun veut briller par ses réponses, c’est stimulant.

"On a débuté pendant le confinement en visio, puis par petits groupes, on suivait les restrictions, et ensuite on a eu la possibilité de s’installer ici au centre".

Si la participation est symbolique, les parents qui le peuvent donnent plus, en remerciement de cette aide bienvenue. "Certains parents n’ont pas le temps, ne sont pas présents, n’ont pas le niveau scolaire pour aider, et comme ils nous connaissent, ils ont confiance, et ils savent qu’on a réussi nos études donc les parents nous font confiance", ajoute la jeune femme.  

La demande a explosé avec le Covid. Les parents se sont rendu compte qu’ils ne sont pas forcément aptes pour apporter cette aide aux devoirs quotidiennement, cela les soulage deux soirs par semaine.

"L’école n’y arrive pas forcément, on s’en rend compte lorsque l’on regarde le programme des élèves au niveau de l’éducation nationale, et ce qu’ils font en cours, il y a déjà du retard donc notre but c’est que cet écart ne se creuse pas avec des lacunes accumulées aussi", constate la jeune femme, sans jeter l’opprobre sur les enseignants.

Le problème est simple, sans pour autant être facile à résoudre, alors des solutions sont apportées. "Il y a une surcharge des classes, et il faudrait que les enseignants puissent indiquer aux parents sur quoi travailler aussi, il n’y a plus de devoirs.  Donc ce n’est pas facile pour les parents de savoir où leurs enfants ont besoin d’aide", estime la jeune femme.

C’est pour elle un travail à réaliser tous ensemble. "Les enseignants ne peuvent pas non plus se substituer aux parents, chacun doit jouer son rôle. De notre côté on essaye de signaler aux parents ce sur quoi on a travaillé et ce sur quoi il faut mettre l’accent aussi à la maison entre deux cours. C’est impératif que les parents nous suivent aussi", ajoute-t-elle.

Mounira met sa fille de 6 ans depuis septembre deux fois par semaine au soutien scolaire des Farandoleurs.

"Le fait que ce soit quelqu’un d’autre qui lui fait l’aide aux devoirs, elle écoute mieux, que lorsque c’est moi. Et puis au CP c’est primordial de ne pas prendre de retard, pour la suite. Au début, elle ne connaissait pas, elle n’avait pas trop envie de venir, mais maintenant elle adore venir. En plus des cours, ils font des sorties comme à la bibliothèque la dernière fois, c’est vraiment sérieux".  

Pour Tamrabet père de trois enfants, habitant de la cité des Lauriers, il ne faut pas occulter ce qui entoure l’éducation, c’est un tout.

"Quand on parle d’accès à l’éducation, il n’y a pas que les conditions de cours de l’élève, il faut regarder les conditions de vie et le confort de l’élève, par exemple, nous, nos trois enfants sont dans la même chambre, comment voulez-vous que la grande puisse se concentrer pour faire ses devoirs à la maison" ?

Mais le plus dur à accepter, c'est le climat d'insécurité qui règne dans le quartier.

"Et encore, je ne vous parle pas de l’état du quartier, on est aux Lauriers, donc il y a une vie nocturne intense ici, vous le savez, avec le trafic. Cet été, mon petit de 6 ans, par la fenêtre, il a assisté à une fusillade… alors vous voyez le lieu d’habitation joue sur la vie des gens et surtout des enfants, il n’y a pas que l’école".

Depuis des années, comme les autres habitants, il voit passer les prétendants aux différentes élections. Il est résigné et déterminé.  

 "On n’est pas dupe. Les élections approchent, et comme à chaque fois, les candidats vont venir nous faire mille promesses dans le vent, que ce soit pour les municipales, régionales, ou la présidentielle, mais moi je n’attends plus rien des candidats, je n’irai pas voter, ras-le-bol".

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