Visite de Valls à Marseille : des élus déçus de leur rencontre

Les présidents des intercommunalités qui doivent former la métropole Aix-Marseille-Provence ont pris un petit-déjeuner ce vendredi matin avec le Premier ministre. Beaucoup se disent déçus après leur rencontre. 

Les présidents des intercommunalités qui doivent fusionner pour former la métropole Aix-Marseille-Provence en 2016 ont affiché leur déception vendredi matin après un petit-déjeuner avec Manuel Valls, estimant que les moyens n'étaient pas à la hauteur de l'enjeu. Le Premier ministre a rencontré, à l'occasion d'un déplacement à Marseille, le maire (UMP) de la cité phocéenne Jean-Claude Gaudin, les six présidents des intercommunalités qui doivent fusionner au 1er janvier 2016 et le président de l'union des maires des Bouches du Rhône Georges Cristiani.

On nous parle de 50 millions d'euros par an (...), tout ça pour ça ? Pour financer l'ambition, pour faire rêver nos concitoyens d'un territoire revu, embelli, (...) qui suscite l'attractivité, il faut beaucoup plus que ça ! "


a réagi devant la presse, à l'issue du déjeuner, le président (UMP) de l'agglomération marseillaise Guy Teissier. Et il a poursuivi :

Nous restons, les uns et les autres, un peu sur notre faim. Nous n'attendions pas grand chose, mais quand même (..) c'est finalement assez décevant".

Ils demandent des moyens

On n'est pas hostiles du tout à la mise en place de la métropole au 1er janvier de l'année prochaine, mais nous demandons des moyens de faire fonctionner cette métropole", a-t-il renchéri.

Si nous voulons réussir la métropole collectivement, nous avons besoin de moyens"


a renchéri Nicolas Isnard, maire (UMP) de Salon-de-Provence, également président d'intercommunalité, qui juge que "50 millions d'euros à l'échelle
du territoire métropolitain, c'est une goutte d'eau !"


La métropole, qui sera la plus vaste de France, doit regrouper six intercommunalités, soit 92 communes, dont Aix et Marseille, 3.173 km2 et 1,83 million d'habitants.

Comme je l'ai dit au Premier ministre, nous pensions que, peut-être, c'était 50 millions par mois... on nous a répondu par un sourire"


a continué M. Isnard.

"Une déception courante"

Le maire de Mimet, Georges Cristiani, président de l'union des maires des Bouches-du-Rhône, qui a mené la fronde contre la création de la métropole, a est également fait part de sa "déception". "Mais c'est une déception maintenant courante", a-t-il poursuivi, estimant qu'"on essaie de dissoudre les :communes". Les élus locaux craignent d'être contraints d'augmenter les impôts locaux, ce qu'ils refusent et refusent de perdre certaines prérogatives, notamment concernant l'urbanisme.

La signature d'un plan Etat-région

Manuel Valls est en déplacement vendredi à Marseille pour diriger un comité interministériel avec neuf membres de son gouvernement, marqué notamment par des annonces de financements de projets liés à la nouvelle métropole et la signature du plan Etat-région, près de quatre mois après une première visite dominée par la question sécuritaire.