Coronavirus : les consultations chutent dans les cabinets de ville et à l'hôpital, "une bombe à retardement"

Depuis le début de la crise, les consultations ont chuté en cabinets médicaux. Trop de patients renoncent aux soins par peur d'être contaminés par le Covid-19. L'Union régionale des médecins libéraux et l'Assistance des Hôpitaux de Marseille lancent un appel au retour aux soins.
La peur du Covid-19 ne doit pas dissuader les malades d'autres pathologies de consulter leur médecin au risque de négliger leur santé. C'est le message adressé par les professionnels de santé ce mardi.

Les consultations ont baissé de 40 % chez les généralistes et 60 % chez les spécialistes.

"Depuis le début de la crise plusieurs messages ont été passés pour dire aux personnes de rester confinées et que les professionnels de santé étaient débordés par la prise en charge des patients infectés par le Covid-19, explique Laurent Saccomano, président de l'URPS Médecins Libéraux Paca.

Retard de diagnostic, une perte de chance pour les patients

"Bon nombre de patients se sont dit que ce n'était pas le moment d'aller encombrer les cabinets médicaux, ajoute-il. Et probablement que face à l'inquiétude du Covid, un certain nombre de signes étaient assez mineurs par rapport au Covid et que donc ça pouvait attendre".

"Nous observons via notre SAMU centre 15, des cas de malades très graves qui, par peur de déranger les services hospitaliers ou par peur d’être contaminés à l’hôpital, tardent à appeler les secours", déplore lui aussi le Professeur Dominique Rossi, président de la Commission Médicale d’Etablissement de l’AP-HM.

"Le prolongement du confinement exige la reprise de toutes les activités qui représentent une perte de chance pour nos patients. L’interruption, même temporaire, de leur suivi médical fait courir de très sérieux risques d’aggravation de leur état." Ce retard peut en effet avoir des conséquences graves dans le cas de maladies à risque. Un diagnotic précoce augmente les chances de guérison.

Infarctus et diabète en ligne de mire

"Certains cabinets, notamment de cardiologie voient moins de douleurs thoraciques et on peut craindre que lorsqu'ils seront pris en charge, pour potentiellement un infarctus du myocarde, les séquelles soient plus importantes", alerte le docteur Saccomano.

Oui, il faut être confiné mais il ne faut pas négliger sa santé.

"Dans les pathologies chroniques, si la surveillance n'est pas faite comme elle est prévue, ajoute-t-il, on craint qu'il y ait là aussi un certain nombre de cas qui se présentent avec des décompensations engendrant des séquelles importantes. On cite souvent le diabète qui nécessite un suivi régulier, avec des surveillances au niveau oculaire ou des fonctions rénales". 

"Oui, il faut être confiné mais il ne faut pas négliger sa santé",
souligne le médecin.

"Tout n'a pas besoin d'être géré par des consultations physiques, donc prenez contact avec votre professionnel de santé qui verra par téléconsultation ou consultation téléphonique comment continuer à vous prendre en charge" conseille-t-il aux malades.
La population se rend également moins à l'hpôital depuis la crise. Aux urgences de la Timone à Marseille, on recense 110 à 120 passages par jour seulement contre 250 en moyenne en temps normal. Que deviennent ces "urgences" qui ne se présentent plus à l'hôpital ? 

"Ce sont notamment les maladies silencieuses, les cancers et les troubles cardiaques, toute cette pathologie silencieuse qui nous inquiète" note le directeur général de l’AP-HM, qui veut rassurer les patients qui craignent la contamination.

"Tous nos circuits ont été repensés pour ne faire prendre aucun risque à nos patients non affectés par le Covid-19 tout en respectant les règles du confinement qui, par nature, limite l’accès à nos établissements" assure Jean-Olivier Arnaud.

Le patron de l'hôptal public annonce "un circuit opérationnel pour les patients externes, avec remise d'un masque, gel hydroalcoolique à disposition et bien sûr distanciation sociale garantie".

De son côté l'Agence Régionale de Santé Paca s'adresse tout particulièrement à certaines catégories de personnes qui doivent être suivies : maladie chronique, addiction, femmes enceinte en particulier au 3ème trimestre ou juste après l'accouchement, parent d’un jeune enfant, notamment pour les vaccinations obligatoires.  L'ARS souligne également qu'"une réponse médicale est également apportée en matière de contraception ou d’interruption volontaire de grossesse, prise en charge des violences, maladies transmissibles (MST et tuberculose) et troubles psychiques."

"La maladie n’attendra pas la fin du confinement pour se manifester !" avertissent tous ces professionnels de santé dont le message sera largement relayé dans la rue et sur les réseaux sociaux.        





 
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