Coronavirus : la vente à emporter autorisée, “il faut que les clients nous fassent confiance” explique un livreur Niçois

© The Mother Trucker
© The Mother Trucker

Edouard Philippe l'a annoncé ce samedi 14 mars, tous les «lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays», tels que les bars et les restaurants doivent rester portes closes. Pour autant, la vente à emporter est permise. Dans les Alpes-Maritimes elle peine à trouver des clients.

Par Manon Hamiot

Certains établissements ont fait le choix de rester ouverts pour faire de la vente à emporter, d'autres de passer uniquement par des plateformes de livraisons. Pourtant, leurs ventes sont en baisse selon un livreur niçois.

Nouvelles réglementations


Suite aux annonces du Premier ministre, un guide de bonne conduite à été mis en place par le gouvernement pour la livraison de repas. Parmi les recommandations : "Le livreur part immédiatement ou s’écarte d’une distance de minimum 2 mètres de la porte, avant ouverture de la porte par le client. L’objectif est de ne pas se croiser."

Ali Laha est livreur à Nice, il a reçu un texto de son employeur lui précisant les mesures à adopter. 
 
Extrait de consignes Ubereats / © Ali Laha
Extrait de consignes Ubereats / © Ali Laha

On pose la commande sur le pallier du client, pour éviter tout contact, explique t-il. 

Pour Ali, l'activité est beaucoup plus calme "Hier soir, je n'ai eu que quatre commandes, ce qui n'est vraiment pas grand chose, en revanche la journée j'en ai eu plus que d'habitude". Ali veut aussi rassurer les clients "on respecte les règles, faut que les clients nous fassent confiance" explique t-il.

Contactée, la plateforme Uber Eats explique prendre toutes les mesures nécessaires : "Aujourd'hui la situation est difficile pour tous les acteurs et notre priorité est de continuer à accompagner et soutenir les restaurateurs et livreurs qui choisissent de continuer à utiliser l'application pour continuer à leur apporter de l'activité et des revenus".

"On est dans le doute"


"The Mother Trucker" est un camion de vente de Burger à emporter se déplaçant dans l'est dans Alpes-Maritimes. Le gérant, Edouard Boireau a pris la décision de rester ouvert mais il a dû revoir toute son organisation.

Tous les midis, le camion changeait d'emplacements pour se rendre près des enteprises. Lundi 16 mars était le dernier midi d'ouverture pour le camion : "lundi on a travaillé, au lieu d'avoir 100 clients on en a eu que 30 à la gare routière de Sophia-Antipolis, habituellement c'est un endroit qui marche très bien" explique Edouard Boireau, gérant de l'entreprise. Désormais les emplacements que le restaurateur utilisait le midi sont fermés car ce sont des terrains privés.

On cherche à travailler le plus possible pour payer nos charges

Si le gérant a choisi de rester ouvert sur son emplacement du soir situé au Cros-de-Cagnes, le doute subsiste, "on ne sait pas si il faut qu'on continue à rester ouvert, mais on a besoin de travailler un maximum pour pouvoir payer nos charges" explique t-il.

 

Pour continuer à travailler, ce mardi 17 mars, le food truck a changé son mode de fonctionnement " désormais on fonctionne avec Ubereats même si cela prend beaucoup de temps avec les contrôles routiers, on le fait aussi car c'était une demande de notre clientèle habituée" selon le gérant, "on n'a pas eu beaucoup de commandes mais j'éspère que ça va marcher" conclut-il.
 

"On reste ouvert pour ne pas mettre la clé sous la porte"

A Saint-Laurent-du-Var, la pizzeria "Chez Steph et Aldo" a fait également le choix de la vente à emporter ou en livraison. "Il vaux mieux que l'on reste ouvert pour ne pas mettre la clé sous la porte" confie Stéphanie Finian, gérante de la pizzeria. 
Stéphanie a repris la pizzeria il y a trois ans. "Si on fermait, tous les investissements que l'on a fait n'auraient servi à rien". 
 

Même si la pizzeria a dû replier sa terrasse, l'activité continue. "On a la chance d'avoir une baie vitrée par laquelle on peut communiquer avec les clients pour la vente à emporter". 

"Hier, (mardi 17 mars) on a eu un peu de monde et quelques commandes, ce n'est pas comme d'habitude" conclut-elle.



 

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