"La coupe est pleine", les policiers font la grève des PV et des interpellations en Vaucluse

A l'appel du syndicat national Alliance, les policiers se mobilisent après les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Dans le Vaucluse, les policiers en colère ne dressent plus aucun PV. Comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, seules les missions urgentes sont assurées.

Illustration : les policiers se mobilisent partout en France, notamment avec des jetés de menottes.
Illustration : les policiers se mobilisent partout en France, notamment avec des jetés de menottes. © MiKAEL ANISSET / MAXPPP

Les contrevenants du Vaucluse peuvent souffler. Depuis lundi, ils ne risquent pas d'être interpellés lors d'un contrôle ou sanctionnés par les forces de l'ordre.

En colère après les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, les policiers du Vaucluse ont démarré une opération se traduisant par aucune interpellation, ni aucun PV.

"Nous nous cantonnons aux missions urgentes du 17, de police secours. Par contre, nous ne prenons aucun risque, même la Bac ou la sécurité de proximité ne procède à aucune arrestation même en voyant un trafic", explique David Fiorentini, secrétaire départemental du Vaucluse du syndicat de police Alliance.

Trois motifs de colère

Tous corps confondus, la police du Vaucluse est composée de 590 agents. Leur colère a démarré avec les propos du ministre de l'Intérieur, notamment sur la "tolérance zéro pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes".

"Il nous a lâché, nous a jeté en pâture. Il met à mal la police et la présomption d'innocence", explique David Fiorentini.

Le deuxième motif du ras-le-bol des policiers est l'interdiction de la méthode d'interpellation avec la possibilité de pratiquer une clé d’étranglement.

"Ca fait 25 ans que je suis dans la police. Elle est apprise depuis des années à l'école de police et est très efficace pour immobiliser un délinquant. Cette annonce fait également très mal", déclare David Fiorentini. 

Le "coup de grâce", selon le secrétaire départemental Alliance, est venu des propos, repris hors contexte par les syndicats de police, de la porte-parole du gouvernement, à savoir "s’il est normal ou non de jeter des pierres sur les forces de l’ordre".

"Nous voyons bien que notre seul interlocuteur légitime ça doit être le président de la République. Aujourd'hui, la coupe est pleine. Il doit arrêter de nous ignorer, on parle dans le vide. Il doit nous recevoir", indique David Fiorentini.

La mobilisation se poursuit en Paca

Comme dans le Vaucluse, la mobilisation des policiers se poursuit après celle dans les Alpes-Maritimes des policiers niçois. Ils avaient symboliquement posé leurs menottes au sol le 12 juin.

Ce jour-là, les policiers des Alpes de Haute-Provence s'étaient aussi rassemblés à Digne-les-Bains et Manosque. Devant chacun des deux commissariats, 20 policiers avaient déposé leurs menottes au sol.

Depuis, ils continuent d'exprimer leur mécontentement face à l'attitude de leur ministre. 

"Ici notre situation est déjà compliquée, car nous allons manquer d'effectifs et il faut rajouter ces propos du ministre qui sont intolérables. Nous aussi nous ne prenons plus aucune initiative en signe de protestation", ajoute Stéphane Guillou, secrétaire départemental des Alpes-de-Haute-Provence du syndicat Alliance.

Dans le Vaucluse, les policiers ont décidé mercredi de poursuivre leur mouvement. Lundi 29 juin à 12h30, ils se rassembleront devant la préfecture à Avignon "pour exprimer leur mal-être et leur colère face à la situation actuelle".

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