Grand débat national : les propositions d'Emmanuel Macron peuvent-elles séduire les gilets jaunes?

Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat national jeudi 25 avril 2019. / © LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat national jeudi 25 avril 2019. / © LUDOVIC MARIN / AFP

10 jours après son allocution avortée en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris, Emmanuel Macron a livré jeudi ses réponses au grand débat après cinq mois de crise des "gilets jaunes".

Par GB / France 3 Provence-Alpes

Lors de sa conférence de presse de conclusion du grand débat national jeudi, Emmanuel Macron a salué les "justes revendications" portées par les "gilets jaunes" après cinq mois de crise.

Revoir sa conférence de presse :

Pas de RIC, mais un RIP assoupli

Malgré tout le chef de l'Etat a rejeté le référendum d’initiative citoyenne (RIC), proposant de faciliter la mise en oeuvre d'un référendum à l'initiative du peuple (RIP). Pour se faire, Emmanuel Macron a proposé d'abaisser à 1 million le nombre de signatures nécessaires pour saisir le Parlement.

Ce dernier nécessite actuellement le soutien de 20% des parlementaires et de 10% du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures. Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l'Etat veut voir revenir au Parlement "à l'été". 

Emmanuel Macron a défendu la suppression de l'ISF. "C'est une réforme pour produire et pas un cadeau aux plus riches", a-t-il dit. Il a également annoncé qu'il souhaitait "significativement" baissé l'impôt sur le revenu "pour ceux qui travaillent"

Sans parler de la fin de l'Ecole National de l'Administration, le président a aussi annoncé vouloir mettre fin aux systèmes des "grands corps" de la haute fonction publique, dont
les membres sont actuellement selon lui "garantis d'une protection à vie".

Pas de fermeture d'écoles et d'hôpitaux d'ici 2022

Emmanuel Macron a également confirmé "ne plus avoir d'ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d'hôpitaux, ni d'écoles sans l'accord du maire". 

"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de réorganisation, elles sont parfois indispensables. Ça veut dire qu'il n'y aura plus de disparition, comme on l'a trop vécu", a-t-il encore ajouté.

Une aide pour les familles monoparentales et les retraites modestes

Le chef de l'Etat a aussi souhaité que les caisses d'allocations familiales (CAF) aient la "prérogative pour prélever les pensions alimentaires familiales" et ainsi aider les familles monoparentales.

Il a également confirmé que les retraites "de moins de 2.000 euros" seront réindexées sur l'inflation en 2020, mesure attendue, mais aussi qu'aucune pension n'augmentera moins vite que les prix à partir de 2021.

Des maisons de services publics

Pour simplifier l'accès aux services publics, Emmanuel Macron a annoncé la création de maisons des services publics sur tout le territoire français, à l'exemple de ce qui se fait au Canada.

Baptisées Maisons France Services, ces "guichets uniques" devraient regrouper plusieurs types de services publics.

Des mesures insuffisantes pour les gilets jaunes

Ces réformes qu'Emmanuel Macron avait initialement prévues d'annoncer le 15 avril, ont fuité dans les médias après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Elles avaient alors fait réagir des gilets jaunes en Provence-Alpes, qui les jugeaient insuffisantes. 

"On est dépités parce qu'on a l’impression de ne pas avoir été entendus ni écoutés. Il n’y a aucune réponse aux revendications de base des gilets jaunes", a réagi jeudi soir Jean-Jacques Latil, commercial, et gilet jaune à Marseille.

Même sentiment pour le réferendum d’initiative partagé. "On a une base qui est à un million, mais le peuple ne pourra pas prendre part vraiment aux décisions qui se font au niveau national. Nous ce que l’on veut c’est un RIC, pas un RIC low cost".

Quant à une baisse des impôts, Jean-Jacques Latil estime que le chef de l'Etat n’a pas répondu au réel problème du pouvoir d’achat. "On demande à pouvoir vivre dignement de notre travail. L’ISF n’est pas remis en cause c’est encore un drame. Et c’est perçu encore comme un cadeau encore fait aux plus riches de ce pays, du cac 40".
 

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