VIDEO. "Sur les rives de la Durance" : des Alpes à la Provence, voyage le long d’une des rivières les plus fougueuses de France

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Extrait du documentaire "Sur les rives de la Durance" de Saléha Gherdane ©Eclectic / FTV

Longtemps considérée comme le fléau de la Provence en raison de crues dévastatrices, la Durance est devenue sa première richesse. Le film de Saléha Gherdane nous entraîne au fil d’une rivière fascinante, qui a façonné l’histoire et les paysages de la région et tient une place particulière dans le cœur des riverains

Le voyage commence à 2300 m d’altitude. Cécile Miramont est une jeune géographe. Ce jour-là, elle survole toute la vallée de la Durance à bord d’un petit avion.

324 km au-dessus de paysages somptueux, où le cours de la rivière se dévoile en trois étapes : d’abord dans les Alpes, entre Briançon et Sisteron, puis à travers la haute Provence jusqu’à Mirabeau et enfin via la basse Provence où la Durance se jette dans le Rhône, au niveau d’Avignon.

Un parcours aérien qui permet de mesurer toute l’importance de ce cours d’eau dans l’histoire et l’économie de la région. Redoutée pour ses crues imprévisibles et violentes, la Durance fut longtemps baptisée "fléau de la Provence". Pourtant, depuis l’Antiquité, elle constitue une voie de communication essentielle entre les Alpes et la Méditerranée.

Telle une artère descendant directement vers le coeur de la Provence, elle était une faille qu’il fallait défendre à tout prix. Mais elle a aussi permis de transporter le bois des forêts alpines pour la réalisation des plus beaux monuments d’Avignon… Une rivière aux deux visages, qui a offert le pire comme le meilleur. 

A travers les paysages de la vallée de la Durance, on arrive à retrouver l’histoire de la vallée et de la région. C’était un axe de communication majeur et ça l’est toujours.

Cécile Miramont, géographe - Université Aix-Marseille

Nous voilà à hauteur de Briançon. La haute Durance, c’est le pays des glaciers : il y a plusieurs millions d’années, ils ont taillé une route naturelle entre les Alpes et la Méditerranée. "À plusieurs reprises, ils ont envahi la vallée de la Durance et contribué à élargir son cours et à façonner les paysages" raconte Cécile Miramont. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un vestige : le Glacier Blanc.

Ici, la Durance est encore sauvage, impétueuse, capricieuse… Nourrie par la fonte des neiges et les nombreux torrents des Alpes, "c’est une rivière très puissante, on le voit à la végétation qui a été arrachée par les dernières crues" détaille la géographe. "Chaque année, le lit change complètement de forme, les chenaux se déplacent… On parle de lit en tresses, c’est une forme très particulière qui caractérise les rivières de montagne et celles qui connaissent des crues très fréquentes, ce qui est le cas de la Durance".

Le plus grand barrage d'Europe

Après des siècles de ravages, il faudra attendre les années 60 pour dompter la tumultueuse rivière : en 1961, le lac artificiel de Serre-Ponçon voit le jour. Le plus grand barrage d’Europe – il s’étend sur plus de 28 km² - contribue aussi bien à la régulation des crues qu’à l’irrigation. Ce château d’eau de la Provence fournit 75% des ressources en eau du territoire. "C’est vraiment une richesse extraordinaire pour la région" souligne Cécile.

Sisteron, porte de la Provence

La Durance a toujours été l’une des principales voies de pénétration des Alpes. Au Moyen-Age elle était sous le contrôle de nombreuses forteresses. Bâtie au 13e siècle, la citadelle de Sisteron gardait la frontière entre Provence et Dauphiné. "Sisteron, c’est la porte de la Provence : c’est une transition, une barrière climatique, puisqu’on change vraiment d’environnement, on sort des Alpes pour rentrer dans la Provence plus méridionale, au climat beaucoup moins froid. Sisteron, c’est la limite de l’olivier par exemple".

Ici, le paysage change radicalement. Les montagnes s’écartent, au profit de plaines de plus en plus vastes. Autrefois, celles-ci étaient régulièrement inondées. La Durance pouvait mesurer jusqu’à 2 km de large et seuls les villages perchés échappaient au désastre !

Plus loin, se dessine le plateau de Valensole. Il y 2 millions d’années, la Durance circulait ici, à 500 m d’altitude ! "Ces montagnes sont formées d’une accumulation de galets et ce sont les galets de la Durance et de ses affluents" explique encore la géographe.

Au fil des siècles, les galets se sont érodés pour créer d’étranges sculptures, comme aux Mées : on les appelle les Pénitents. "Selon la légende, ce sont des moines qui auraient été pétrifiés, changés en statues de pierre pour avoir regardé d’un œil un peu trop concupiscent des jeunes filles qui allaient prendre le bac pour Arles".


L’avion de Cécile atteint maintenant la dernière partie de son voyage. À hauteur de Mirabeau, la vallée se resserre à nouveau distinctement, telle une porte ouverte sur la basse Provence. Ici, la Durance va obliquer vers l’ouest et longer les collines du Luberon en direction d’Avignon.

Il y a 20 000 ans, elle allait se jeter directement dans la mer Méditerranée. Mais son cours a changé et désormais, c’est dans le Rhône qu’elle achève sa course. De fleuve, la Durance est devenue rivière, mais elle reste l’une des plus fougueuses de France…

"Sur les rives de la Durance" un film de Saléha Gherdane à voir jeudi 2 mai à 22h50 sur France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur france.tv
Une production Eclectic avec la participation de France Télévisions.

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