Gap : évacuation d'un squat, une cinquantaine de personnes sont concernées

A Gap, le bâtiment du Cesaï squatté depuis octobre 2018 a été évacué le mercredi 19 août. Une cinquantaine d'occupants étaient présents à ce moment-là. Certains ont passé le test de dépistage du Covid. Une procédure de mise à l'abri a été lancée.

Certains squatters doivent être hébergés, les femmes avec enfant en priorité
Certains squatters doivent être hébergés, les femmes avec enfant en priorité © F. Madigou/FTV
Sur les cinquante-deux personnes évacuées, "21 sont actuellement prises en charge au titre de l'hébergement d'urgence", précise la préfecture.

"Sept autres personnes disposaient d'un adresse pérenne, sept n'ont pas souhaité être pris en charge. Et d'autres personnes ont été hébergées par des tiers", détaille la préfecture des Hautes-Alpes.

Retour sur cette expulsion

L'expulsion a été ordonnée par la justice, exécutée par la préfecture, réalisée par les forces de l'ordre. Des déménageurs ont vidé le bâtiment, les services techniques ont condamné les ouvertures.

En plein centre de Gap, rue de l'imprimerie, un grand bâtiment était squatté depuis presque deux ans. Il a été évacué tôt le matin du mercredi 19 août dernier.
 
Une cinquantaine de personnes ont quitté les lieux. Des migrants pour la plupart, mais aussi militants d'extrême gauche, type anarchistes. Une fois le squat vidé, l'éternelle question revient : où vont dormir tous ces gens ?

Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpes décrit les prises en charge réalisées au cours de la journée : "Quatre femmes avec leur enfant ont été hébergées, plus le conjoint d'une d'entre elles, plus une femme seule et six adultes, considérés comme vulnérables."

Protection des mineurs

Mohamed, lui, est arrivé au Cesaï au mois de juillet. Il est Ivoirien et mineur (ce n'est pas le jeune homme sur la photo ci-dessus, ndlr). Quand il se lève, vers 5 heures, il voit "plein de policiers partout. L'un d'entre eux m'a demandé de ranger mes affaires et de libérer les lieux. Depuis, on ne sait pas où aller."

A 17 ans, Mohamed va bientôt faire sa rentrée scolaire : "Comment faire pour aller à l'école si on dort dans la rue ?"

Les mineurs étrangers doivent bénéficier d'une mesure de protection de l'enfance, comme n'importe quel enfant sur le sol français. Il s'agit d'une mesure de protection urgente. Mohamed a montré son extrait de naissance et "son recours en appel concernant sa minorité" mais on lui a répété "libérez les lieux."  

"Pour nous, les migrants comme Mohamed sont en situation irrégulière", explique Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpes. "Ils ont été évalués par le conseil départemental, qui n'a pas reconnu leur minorité. Tant qu'un juge n'aura pas décidé le contraire, la préfecture considèrera qu'ils sont majeurs."  

Test de dépistage et procédure administrative

Des masques ont été distribués à tous les squatteurs et un test de dépistage du Covid-19 a été proposé. Dix-sept personnes ont choisi de le faire.

Deux autres ont été hospitalisées.

Elles présentaient des symptômes semblables à ceux du Coronavirus.

Les résultats sont tous négatifs. 

Remous autour d'un bâtiment

En juin 2019, la Cour d’appel de Grenoble avait accordé trente mois de délai aux squatteurs du Cesaï. Mais le délai est ensuite réduit à sept mois (en décembre 2019.)

 

"Au regard de nombreux troubles à l'ordre public" la préfecture des Hautes-Alpes décide d'appliquer la décision de justice.

Un projet de rénovation immobilière est programmé pour le quartier tout entier, le quartier de l'imprimerie.

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