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Gap : trois responsables de Génération identitaire écopent de six mois de prison ferme

 Clément Gandelin et Johan Teissier, un des portes paroles de Génération Identitaire, le 11 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Gap. / © Gerald LUCAS
Clément Gandelin et Johan Teissier, un des portes paroles de Génération Identitaire, le 11 juillet 2019, devant le tribunal correctionnel de Gap. / © Gerald LUCAS

Pour leurs actions au Col de l'Echelle et pour avoir créé la confusion dans l'esprit du public par "l'exercice d'une fonction publique", les trois militants d'extrême-droite de Génération identitaire écopent de six mois de prison ferme et l'association à une amende de 75.000 euros.

Par Ludovic Moreau avec l'AFP

Ce jeudi 29 août, le tribunal correctionnel de Gap a rendu son jugement dans le cadre du procès de trois responsables de l'association Génération identitaire et de leur action anti-migrant, au Col de l'Echelle, dans les Hautes-Alpes.

Les trois militants sont condamnés à six mois de prison ferme et l'association, elle, est condamnée à l'amende maximale de 75.000 euros.

Le tribunal a également prononcé à l'encontre des trois prévenus, une amende de 2.000 euros, ainsi que la privation de leurs droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans.

Les trois prévenus et leur avocat étaient absents, lorsque le président du tribunal a prononcé son jugement. Ils ont 10 jours pour faire appel.

Dans sa motivation, que l'AFP a pu consulter, le tribunal considère que, "compte-tenu de la nature extrêmement grave des faits, de l'importance du trouble à l'ordre public occasionné non seulement pendant leur période de commission mais de manière durable dans le département, de l'importance des valeurs protégées par les infractions reprochées et du passé pénal des prévenus", la prison ferme s'impose.

Lors de l'audience du 11 juillet, le procureur Raphaël Balland avait requis six mois de prison ferme à l'encontre de Clément Gandelin (dit Galant), 24 ans, président de Génération identitaire; son porte-parole Romain Espino, 26 ans; et un organisateur actif, Damien Lefèvre (dit Rieu), 29 ans.

Le procureur avait aussi demandé une suspension de cinq ans de leurs droits civiques, et avait requis l'amende maximum de 75.000 euros contre l'association.

Seul M. Gandelin était présent à l'audience. Il avait fait usage de son droit au silence, sauf pour dénoncer "un procès qui n'est rien d'autre que politique".

Le 21 avril 2018, Génération identitaire avait monté une vaste une opération au col de l'Échelle, point de passage de migrants dans les Hautes-Alpes. Une centaine de personnes vêtues de la même doudoune bleue s'étaient mobilisées, avec deux hélicoptères, une banderole géante, et une "frontière symbolique" matérialisée dans la neige par des grillages en plastique.

Dans les semaines suivantes, les militants d'extrême-droite avaient annoncé des interceptions de migrants et des enquêtes sur les passeurs.
               
A l'audience, l'avocat de Génération Identitaire, Me Pierre-Vincent Lambert, avait plaidé la relaxe. Le procureur s'était, lui, attaché à démontrer que les militants avaient créé "de l'enfumage et de la confusion" en s'arrogeant une mission d'enquête lors de leurs maraudes, voire de police judiciaire en recherchant ceux qui aident les migrants.

L'infraction commise n'était pas simple à qualifier, avait reconnu le magistrat, qui avait finalement choisi de reprocher aux mis en cause des "activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique".

"Nous n'avons jamais dit que nous prenions la place de la police (ou d'une autre) autorité. C'était une action pacifique", avait indiqué M. Gandelin à l'audience.

Aucun des mis en cause ne sera présent jeudi à Gap pour la lecture de la décision du tribunal.
 

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