Jeune loup abattu dans les Hautes-Alpes, l'association le Klan du Loup interpelle le procureur de Gap

Une association de défense du loup demande l’ouverture d’une enquête sur les conditions d'un tir de prélèvement au col du Lautaret (Hautes-Alpes). La vidéo a suscité une forte indignation des internautes et les lieutenants de louveterie ont reçu des insultes et des menaces de mort. 

© Philippe Clément/MaxPPP
Après le tir d'un jeune loup à Mônetier, les défenseurs du canidé demandent toujours des comptes.

L'association Le Klan du Loup et le cabinet d'avocats Animalex, spécialisé dans la défense des animaux, ont interpellé le procureur de la République de Gap pour éclaircir les circonstances de l'abattage par les lieutenants de louveterie.La scène avait été filmée de nuit, vers 23 heures, le dimanche 5 juillet 2020, par un photographe animalier qui suivait une meute de loups au col du Lautaret.

La vidéo, postée sur la page Facebook du journaliste Hugo Clément, avait immédiatement suscité l'indignation de nombreux internautes.

Car ce jeune loup venait de renoncer à attaquer un troupeau de moutons et s'en éloignait quand les chasseurs mandatés par l'Etat l'ont abattu."Moi ça me rend fou", déclare dans la vidéo, Corentin Esmieu, jeune acompagnateur en montagne, qui suit cette meute de loups dans le Briançonnais depuis quatre ans.

"Il est passé là à cet endroit-là, il n'a rien fait, il n'a pas attaqué et il s'est fait abattre comme ça", lâche-t-il amer alors qu'il commente ses images.

La Fondation 30 millions d'Amis a également condamné "la multiplication des tirs en dehors de toute attaque". 

Plainte après des menaces de mort 

"Bien que l’émotion soit légitime, il est important de garder son calme et cela ne doit pas conduire les défenseurs de la nature à enfreindre la loi", a réagi la préfète des Hautes-Alpes, Martine Clavel, dans un communiqué précisant que "les lieutenants de louveterie ont fait l’objet d’insultes diverses et de menaces de mort qui les ont conduit à porter plainte". 

Le procureur de Gap a ouvert une enquête du chef "d'outrages et menaces de mort envers un chargé de mission publique en réunion."

La préfète explique que le renfort des lieutenants a été demandé le 3 juillet par les éleveurs après avoir aperçu à plusieurs reprises des loups à proximité de leur troupeau, dont plusieurs en action de chasse repoussés par les Patous.

Elle rappelle que les lieutenants de louveterie, bénévoles et assermentés pour une mission de service public, peuvent effectuer des tirs de défense autorisés par arrêté préfectoral, qui ont pour but d’empêcher l’attaque immédiate du troupeau par le loup. Et que le tir, qui peut être létal, doit être réalisé à l’intérieur du pâturage et à proximité du troupeau concerné.

"Comme le prévoit la réglementation, la dépouille a été restituée aux agents de l’Office français de la biodiversité (ex-ONCFS)", ajoute le communiqué de la préfecture.
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