PORTRAIT. Karine Berger une femme de tête à la conquête des Hautes-Alpes

Karine Berger, candidate PS dans le canton de Gap 2. / © ERIC PIERMONT AFP
Karine Berger, candidate PS dans le canton de Gap 2. / © ERIC PIERMONT AFP

La députée des Hautes-Alpes Karine Berger se présente aux élections départementales dans le canton de Gap 2. Spécialiste reconnue de l'économie, ambitieuse qui s'assume, elle veut rendre à la gauche un département passé à droite en 2008. 

Par Annie Vergnenegre

Elle a une tête bien faite. Karine Berger est polytechnicienne et diplômée de Sciences Po Paris. Entre autre. Economiste dans sa première vie professionnelle (Bercy, Insee, Euler Hermes), elle est très souvent invitée comme spécialiste des questions économiques pour des débats pointus dans les médias nationaux. C’est peut-être ce qui lui vaut d’être apostrophée comme « la plus parisienne des députées des Hautes-Alpes » par le conseiller général DVG de Gap Nord. Guy Blanc  semble nourrir quelques rancoeurs à son encontre. Peut-être pour avoir été écarté lors de divers scrutins au profit de celle qu’il qualifie aussi de « parachutée ». Karine Berger est en effet née à Limoges où ses parents étaient profs, mais sa mère est originaire des Hautes-Alpes. L’élu lui reproche aussi d’avoir mis en «coupe réglée les PS dans les Hautes-Alpes». Karine Berger n’est pas du genre à craindre ses détracteurs.

Forte tête

Les critiques n’entament en rien le travail accompli pour son parti depuis son arrivée dans le département en 2003. Comme cette victoire historique remportée aux législatives de 2012, quand Karine Berger ravit la première circonscription (Gap Sud) à l’UMP Jean Cointe tandis que Joël Giraud est réélu dans la 2e. Pour la première fois depuis 1981, la gauche réalise le grand Chlem. En 2015, la secrétaire nationale du PS à l’économie revient au combat avec un nouvel appétit. Conquérir l’assemblée départementale passée à droite en 2008 avec l’élection de l’UMP Jean-Yves Dusserre. Le décès du président sortant en décembre dernier a laissé une droite divisée. Karine Berger croit aux chances de la gauche, même si le PS n’a pas trouvé d’accord avec EELV, le Front de gauche et le PCF.

Je vais à cette élection parce que je souhaite que mon département soit gérée par une nouvelle majorité. Oui je veux que nous gagnons »

Grosse tête

Depuis son engagement dans les rangs du PS, elle a tour à tour côtoyé Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë à Arnaud Montebourg. Sans perdre sa liberté de penser. Karine Berger n’est pas une frondeuse. Quand elle n’est pas d’accord elle le fait savoir haut et fort, publiquement. Comme récemment contre l’extension du travail du dimanche, « une exception qui doit rester une exception ». Sa tentative de sous-amendement pour limiter à 7 le nombre de dimanche travaillés par an n’a pas plu au ministre de l’Economie. Cela ne lui pas cloué le bec pour autant.
Le non-cumul des mandats. Voilà un autre de ses chevaux de bataille. Sur les ondes d’Alpes 1, la députée et conseillère municipale de Gap, qui brigue un fauteuil à l’assemblée départementale, et tant qu’à faire, le fauteuil de la présidence, précise sa position :

Si je suis élue au conseil général, il y a deux possibilités. Soit j’ai un mandat exécutif et dans ce cas, je laisserai siéger à l’Assemblée Nationale ma suppléante. Soit je n’ai pas de mandat exécutif, j’ai un simple mandat de conseillère départementale et je serai amenée à abandonner mon mandat municipal. Bref, j’appliquerai la loi sur le cumul des mandats telle que nous l’avons votée immédiatement alors que je n’y suis pas obligée. »


On l’a dit ambitieuse ? Dans son vocabulaire, ce n’est pas un gros mot. Et quand, en mai 2013 le magazine Slate la classe 59e parmi les 100 Françaises les plus influentes, devant Valérie Pécresse ou Eva Joly, elle trouve ça «plutôt sympa » :
Son manque d’humilité est aussi tourné en dérision à la suite d’une interview au quotidien régional La Provence. Karine Berger en rit, même si les internautes s’en donnent à cœur joie sous le hashtag #SaveKB :




Karine Berger vient de fêter ses 42 ans. On se demande à quoi a-t-elle bien pu penser en soufflant ses bougies, le 11 mars dernier.

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