“Enfin l'agriculture reprend ses droits !” : pas touche aux coqs, cigales et effluves de cochons décide l'Assemblée

Le chant du coq "patrimoine sensoriel" / © Xavier Leoty/AFP
Le chant du coq "patrimoine sensoriel" / © Xavier Leoty/AFP

Les litiges étaient de plus en plus nombreux ces derniers mois. Les plaintes pour nuisances dues aux odeurs de fumier ou aux chants du coq, des cigales et autres cloches de vaches seront difficilement recevables. Ces bruits et odeurs campagnards deviennent "patrimoine sensoriel".

Par Ghislaine Milliet

"Je suis ravie. Enfin l'agriculture reprend ses droits en campagne !" s'exclame Meghan Armouni, créatrice de "Biochons", une ferme d'élevage de cochons en pleine nature.
 
La jeune agricultrice réagit à la proposition de loi votée à l'Assemblée nationale, introduisant la notion de "patrimoine sensoriel" des campagnes dans le droit français. Comme pour elle, d'autres éleveurs se sont retrouvés au coeur de litiges causés par des riverains.
    
Chant de coq, de cigales, mais aussi odeurs de fumier entrent désormais dans le code de l'environnement, comme faisant partie des milieux naturels. Le député Pierre Morel-A-L'Huissier a porté en première lecture ce texte UDI-Agir soutenu sur tous les bancs, notamment par les LREM Sandrine Mörch et Pascal Lavergne, qui ont salué "une belle victoire". 
Une protection que les députés espèrent dissuasive en matière de plaintes pour nuisances. "Les avocats vont pouvoir prévenir leurs clients, en leur disant "Attention, il y a un patrimoine sensoriel protégé, on risque de se faire bananer", estime Pierre Morel-A-L'Huissier. 

Pour sa part Meghan a gagné le procès contre la mairie de Puyricard, poussée par les riverains, à préempter le terrain qu'elle visait pour son installation. 

"La préemption a été levée par la municipalité. Je vais enfin pouvoir quitter Ventabren et m'installer à Puyricard, dans ma forêt de chênes de neuf hectares, avec mes 48 cochons laineux, élevés en bio".

Un inventaire par terroir des bruits et des odeurs

Parlant de ce projet de loi, la jeune agricultrice rappelle que c'est une bonne chose, car "on ne peut pas ramener la ville à la campagne..." Précisant : 

Il faut préserver l'agriculture péri-urbaine locale, soutenue par les nouvelles générations de producteurs bio.

La jeune femme prévoit même une journée "Portes ouvertes" dans son nouveau domaine fin février, pour mieux faire comprendre sa démarche et son travail. Le texte prévoit également un inventaire par terroirs des "bruits et des odeurs caractérisantes qu'on veut protéger au nom du patrimoine sensoriel", selon son auteur. 

Pierre Morel-A-L'Huissier, le député de Lozère a salué un véritable travail de coconstruction de ce texte, entre le Conseil d'Etat, sollicité en amont par "sécurité juridique", ministères et députés. 

Le ministre de la Culture Frank Riester avait apporté le soutien du gouvernement à cette initiative. 
  

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