Privatisation des TER en Paca : pour le syndicat Sud Rail c’est non

Les lignes TER doivent s'ouvrir à la concurrence cet été. La région Paca pourrait être la première en France à lâcher la SNCF et son monopole. Mais le syndicat Sud Rail s'oppose à cette privatisation annoncée. 

De Bollène à Vintimille, le service TER représente 146 gares et points d’arrêts pour 
550 TER par jour.
De Bollène à Vintimille, le service TER représente 146 gares et points d’arrêts pour 550 TER par jour. © Sidonie canetto

En août, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur doit attribuer deux lignes du réseau TER, Marseille-Nice et celle de l'étoile azuréenne, Nice-Breil-Tende. Cette ouverture à la concurrence pourrait voir des opérateurs privés être prestataires plutôt que la SNCF.

Le syndicat Sud Rail s'oppose à la privatisation d'une partie du réseau.

"Le choix est très politique, très idéologique. Depuis 2015, c'est une volonté de la majorité en place. Aujourd'hui, nous pouvons arrêter la démarche. C'est mal engagé mais la bataille n'est pas perdue", Frédéric Michel, secrétaire régional PACA du syndicat Sud Rail.

Une attribution directe à la SNCF possible

La SNCF est en lice pour poursuivre son activité sur le réseau régional.

"La réglementation européenne permet, dans le cadre des transports ferroviaires régionaux, au conseil régional une attribution directe à la SNCF", indique Frédéric Michel.

Mais les syndicats ont peur que l'opérateur historique français réponde à l'appel d'offres via ses filiales.

"Il pourrait y avoir alors un dumping social avec des postes supprimés, une dégradation des conditions de travail. Les cheminots ne sont pas une variable d'ajustement", selon Frédéric Michel.

Une manifestation devant la gare Saint-Charles

Jeudi 3 juin, près de 2.000 cheminots se sont mobilisés à Marseille pour dire "stop à la casse du service public du rail", indique sur les réseaux sociaux le cheminot Bernard Borgialli.

Les employés de la SNCF veulent éviter la privatisation du réseau TER. Ils regrettent l'absence de communication autour du cahier des charges de l'appel d'offres pour l'attribution des lignes régionales. Les cheminots attendent également une mobilisation à leur côté des usagers.

"Dans le Fret, la privatisation a été une catastrophe. Dans l'énergie ça ne fonctionne pas. La SNCF a été créée en 1937 car cinq sociétés ferroviaires privées étaient au bord de la faillite. Les Britanniques ont choisi de faire appel au privé et ils ont fait machine arrière. Le transport n'est pas quelque chose de rentable", d'après Frédéric Michel.

"Surtout avec plusieurs opérateurs, il y aura automatiquement des problèmes d'entente, de correspondance, voir de prix", rajoute Frédéric Michel.

La Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports PACA partagée

Sur Marseille-Nice, la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports PACA ne comprend pas la possible privatisation de la ligne.

"Sur le fond, nous ne sommes pas fermés à la concurrence. Après sur la forme c'est une bêtise de passer le Marseille-Nice au privé. Le service SNCF n'est pas extraordinaire mais la SNCF sait faire sur les grandes ou moyennes lignes. Par contre sur les petites lignes, c'est moins bien. Nous aurions préféré un appel d'offres sur le Marseille-Briançon", selon Philippe Cretin, représentant en Paca de la fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT PACA).

La FNAUT voit l'ouverture à la concurrence différemment sur la "petite ligne" de l'étoile de Nice.

"Des privés peuvent récupérer le marché. Après le patron du réseau, c'est la SNCF. La SNCF garde le manche mais on change de pilote. La région aurait dû d'abord commencer par séparer le réseau puis s'occuper de l'exploitation des trains", explique le représentant de la FNAUT.

Attendre la fin des élections régionales

Les transports sont l'un des enjeux majeurs de l'élection régionale. C'est l'une des principales compétences de la région. Mais les syndicats n'ont pas voulu se servir de la campagne comme moyen de pression sur les candidats.

"On n'a pas fait de courriers aux candidats. Ils peuvent nous faire des promesses qu'ils ne tiendront pas. On s'adressera ensuite à la majorité. On veut inventer avec les usagers un service public ferroviaire", explique le syndicaliste.

Le candidat du Rassemblement Ecologique Jean-Laurent Félézia leur a apporté son soutien.

"Je suis opposé à l'ouverture à la concurrence des lignes TER. Nous ne lâcherons pas cette mission de service public", rapporte le candidat sur un des réseaux sociaux.

Le syndicat Sud Rail attend désormais le 27 juin pour connaître la nouvelle majorité régionale. Il prévoit un mouvement social "sur la deuxième partie de l'année 2021 pour éviter un dumping social de la SNCF et du gouvernement".

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