Ski : pourquoi la surveillance des avalanches est plus compliquée cette saison en montagne

Avec un manteau neigeux fragile et moins de déclenchements préventifs, les pisteurs ne peuvent plus prévenir avec précision les risques d'avalanches. Les messages d'alerte se multiplient dans les Alpes pour éviter des drames.

Une signalétique d'avalanche sur le plateau d'Assy en Haute-Savoie
Une signalétique d'avalanche sur le plateau d'Assy en Haute-Savoie © Fred de Noyelle / Godong/Maxppp

Plus de peur que de mal. Six randonneurs ont été emportés, lundi 14 décembre, par une avalanche dans la vallée de l’Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence). La neige a enseveli trois d’entre eux mais ils ont été secourus par un hélicoptère de la gendarmerie de haute-montagne. Les amateurs de ski de randonnées avaient entrepris de grimper au sommet du Pic de l'Aiguillette.

Ces dangereuses coulées de neige pourraient bien se reproduire en ce début de saison. Rien que pour la journée du 13 décembre, une vingtaine d'avalanches a été signalée en Savoie, Haute-Savoie et Hautes-Alpes, a appris France 3. L'une d'elles a été filmée ce week-end par des skieurs à Courchevel, en Savoie.

 

"Les variations de températures ont une incidence sur le manteau neigeux. En ce moment, le manteau neigeux s'apparente à une couche de grains de polystyrène sur laquelle s'empilent des couches de neige successives. Le poids de ces couches superposées rend le manteau extrêmement friable", explique Stéphane Henry, directeur du service des pistes aux Orres. 

Un manteau neigeux fragile

C'est l'état du manteau neigeux qui permet d'établir les risques d'avalanche. Une opération délicate menée par les pisteurs "observateurs nivo-météorologistes". Leur mission : relever deux fois par jour de précieuses données à différents endroits du domaine skiable. Températures extérieures, hydrométrie, densité de la neige, formes des cristaux sont envoyées à Météo France. Grâce à toutes ces données, un bulletin d'estimation du risque d'avalanches est émis chaque jour. 

A l'instabilité du manteau neigeux, s'ajoutent les déclenchements préventifs d'avalanches de moins en moins réguliers. En cause : la fermeture des remontées mécaniques qui empêchent les pisteurs de réaliser leurs relevés journaliers. Des données primordiales pour évaluer les risques d'avalanches. Conséquence : les skieurs de randonnée doivent redoubler de vigilance.

Selon le décret n°2020-1519 du 4 décembre 2020, les remontées mécaniques pourront être utilisées par "les professionnels dans l’exercice de leur activité", les sportifs de compétition ou "les pratiquants mineurs licenciés au sein d’une association sportive affiliée à la Fédération française de ski".

Les domaines skiables pourront donc être ouverts aux clubs de ski à l’entraînement. La clause spécifique à ce décret "nous oblige à avoir un dispositif de secours opérationnel. Cela signifie que nous pouvons désormais embaucher des pisteurs capables d'établir les conditions nivologiques et ainsi, anticiper les risques d'avalanches ", se réjouit Stéphane Henry, directeur du service des pistes aux Orres. 

Prendre toutes les précautions

Le directeur des pistes du domaine des Orres recommande aux skieurs de consulter systématiquement les bulletins d'estimation du risque d'avalanches émis chaque jour par Météo France. "Il est aussi très important de bien se renseigner auprès des bureaux des guides de haute-montagne, présents dans chaque station", insiste Stéphane Henry.

Ce dimanche 13 décembre, Météo Alpes-Durance alertait encore sur les risques d'avalanche, "il convient d'être très prudents dans les prochains jours, le redoux et le vent en altitude vont augmenter les risques..." Un seul mot d'ordre, soyez prudents !

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