Var : la phase de concertation pour la future prison du Muy est engagée, elle durera six semaines

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Un établissement pénitentiaire de 650 places devrait être construit sur un site de 74 hectares à l'ouest de la commune. Les habitants du Muy et des communes limitrophes sont appelés à écrire leurs observations jusqu'au 4 mars prochain.

Ils ont six semaines pour donner leur avis. Les habitants de Draguignan, des Arcs-sur-Argens et du Muy peuvent désormais participer à une "concertation" engagée par l'Agence publique pour l'immobilier de la justice (APIJ). 

C'est en effet au Muy, commune du centre Var qu'est prévu un établissement pénitentiaire de courtes peines. Il est pour l'instant à l'étude. Il serait situé au "Collet Redon", un site de 74 hectares à l'ouest de la ville dédié au développement économique, une ZAD. Dans cette prison, sont prévues 650 places sur une superficie de 16 hectares au total. La livraison est attendue si tout se passe bien à l'horizon 2027.

Une concertation préalable

Attention, il ne s'agit pas de l'enquête publique, pas encore ! La concertation préalable "porte à la fois sur le projet de construction de la prison, sur la mise en compatibilité du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune du Muy et celle du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de Dracénie Provence Verdon Agglomération (DPVa)".

La concertation préalable permet de débattre de l’opportunité, des objectifs et des caractéristiques principales du projet ou des objectifs et des principales orientations du plan ou programme, des enjeux socio-économiques qui s’y attachent ainsi que de leurs impacts significatifs sur l’environnement et l’aménagement du territoire. Cette concertation permet, le cas échéant, de débattre de solutions alternatives, y compris, pour un projet, son absence de mise en œuvre. Elle porte aussi sur les modalités d’information et de participation du public après la concertation préalable.

Agence publique pour l'immobilier de la justice

La maire du Muy dans un premier temps opposée au projet

Liliane Boyer est maire du Muy, commune d'un peu moins de 10 000 habitants. Elle explique qu'elle n'était pas favorable à l'implantation d'une prison. Une rencontre avec le garde des Sceaux et un courrier avec la présidence de la République n'ont rien changé : le centre pénitentiaire sera bien construit sur sa commune. L'élue s'est finalement résolue à faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Avec ce centre pénitentiaire, il va y avoir des emplois à la clé, on parle de 400, il faut donc du développement économique qui rayonne sur la commune. Il faudra accueillir les familles, les conjoints qui iront travailler. On ne peut pas se contenter d'avoir uniquement la prison.

Liliane Boyer

maire du Muy

Un collectif s'est constitué contre le projet

Ce collectif compte une quinzaine de familles. Tous les membres disent non à la prison du Muy sur ce site.

Yannick Reynaud se fait le porte-parole de cette mobilisation.

Une prison à moins de 100 mètres des habitations l'inquiète, d'abord pour les nuisances sonores, ensuite pour l'insécurité que cela génère selon lui.

Autour de la prison, on vient empiéter sur des terres agricoles, alors qu'il y a plein d'autres sites. On est en plein centre ville, les habitations ne sont pas appropriées pour soutenir les nuisances sonores, ce n'est pas possible.

Yannick Reynaud, collectif opposé au projet

Nul doute que les membres du collectif feront entendre leur voix pendant cette phase de concertation préalable.  A noter que ce projet s'inscrit dans le cadre d'un programme annoncé par l'Etat en 2018 pour réduire la surpopulation carcérale. Il prévoit de créer 15 000 nouvelles places de prison en France à l'horizon 2027.