Le lombric, l'atout d'un vigneron bio de la Londe-Les-Maures

Pour donner un coup de pouce à la nature, François Combard, vigneron bio des Côtes-de-Provence, a décidé de se lancer dans une expérimentation, avec l'épandage de lombrics dans ses vignes.
Les vers de terre sont les marqueurs des sols vivants
Les vers de terre sont les marqueurs des sols vivants © Christian Watier / MAX PPP
A la Londe-Les-Maures, dans le Var, il est un viticulteur qui exploite 80 hectares de vignes. François Combard est un spécialiste du  rosé, rouge et blanc dans une exploitation certifiée bio depuis 40 ans. Mais les sols d'origine schisteuse, sont essentiellement sableux, "très bons pour faire des vins de qualité", mais "très pauvres en oligo-éléments et en matière vivante, indispensable à long terme" explique-t-il.
Il a donc décidé de donner un coup de pouce à la nature, en épandant des kilos de lombrics.
  

Un projet expérimental

 
500.000 vers de terre sont jetés au pied des vignes.
500.000 vers de terre sont jetés au pied des vignes. © France 3 Toulon

Selon une étude publiée en 2015 par l'université de Rennes, les sols des vignes et vergers sont parmi les plus pauvres en lombrics. Des vers de terre qui colonisent sa terre ? C'est bien l'enjeu de cette expérimentation. Pour appâter l'animal, le domaine pratique "l'enherbement" des vignes : entre chaque rang de vigne pousse du seigle, qui est "couché" au printemps pour former un couvert végétal. Celui-ci favorise la condensation et l'humidité du sol, le protège des rayons ardents du soleil de Provence, et, en se dégradant, nourrit le sous-sol.
 

Des vers de fumier sur une parcelle


Mais le vigneron n'en reste pas là : sur une parcelle de 4.500 mètres carrés, à l'entrée du domaine familial de Figuière, il profite du printemps pour épandre, avec l'aide de deux ouvriers agricoles, des pelletées de vers de fumier, élevés à l'ombre des chênes liège.
 


C'est un pari. Acclimater des vers de fumier dans des sols très sableux, ce n'est pas gagné



reconnaît Eric Navarro, un ingénieur agricole spécialiste des sols qui accompagne le projet.


Une méthode qui pourrait  être généralisée à toute l'exploitation



François Combard produit en famille 500.000 bouteilles par an, se donne plusieurs mois pour jauger du succès de sa méthode, et éventuellement la généraliser à l'ensemble de son exploitation.
Au-delà des bénéfices pour la vigne, le retour des lombrics fait partie d'un ensemble de mesures en faveur des sols imaginées dans cette zone aux portes de la Côte d'Azur.
 

Le lombric creuse des galeries à plusieurs mètres du sol pour aller chercher à manger ce qui va augmenter la capacité de rétention en eau des sols

souligne l'ingénieur agricole Eric Navarro, à la tête d'une association dédiée à la restauration des sols, Vert Carbone.

 
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