Patrick Salameh jugé en appel pour la disparition d'une lycéenne et de trois prostituées

Le tueur en série Patrick Salameh est jugé ce lundi en appel par la Cour d’Assises du Var à Draguignan. Au cours de ce nouveau procès, jusqu’au 20 mai, il devra s'expliquer sur la disparition de Fatima Saiah et la séquestration suivie de la mort de 3 prostituées à l’automne 2008.

La famille de Fatima Saiah était présente ce lundi à l'ouverture de l'audience du procès en appel du tueur en série Patrick Salameh à Draguignan, devant la cour d'Assises du Var.

Pour ce nouveau procès, deux affaires distinctes ont été jointes : la disparition d'une lycéenne marseillaise Fatima Saiah en mai 2008 et la disparition de trois prostituées à Marseille à l'automne 2008, une Ukrainienne de 42 ans, une Roumaine de 23 ans, une Algérienne de 28 ans.

Aucun corps n'a jamais été retrouvé et Patrick Salameh clame son innocence.

Jugé séparément pour ces deux affaires en première instance, Patrick Salameh a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans le 3 avril 2014 dans le dossier de séquestration, enlèvement suivi de mort des prostituées et en octobre 2015 pour la dispariion de Fatima Saiah. 


A cette première audience, Patrick Salameh, 59 ans, en chemise grise et cheveux coupés court, est apparu impassible dans le box, demandant à l'ouverture des débats qu'on lui donne accès aux notes qu'il avait apportées. 

Salameh se voit également reprocher la séquestration et le viol d'une quatrième prostituée, qui a survécu. Le témoignage de cette jeune femme, qui a pris place lundi sur le banc des parties civiles, parvenant avec difficulté à contrôler son angoisse à la vue de l'accusé, sera l'un des points clés de la procédure.

En première instance, Patrick Salameh avait été décrit par le ministère public comme l'un des plus grands tueurs en série français, un "prédateur sexuel machiavélique", "nuisible pour la société". "Avec son arrestation", c'est un coup d'arrêt à l'"un des grands souffles criminels du début du XXIe siècle", avait souligné l'avocat général, lors du procès pour la disparition des trois prostituées.

Sa première victime présumée, Fatima Saiah, une lycéenne de 20 ans, a disparu le 7 mai 2008 à Marseille et n'a pas donné signe de vie
depuis. Elle s'était rendue le jour de sa disparition à un rendez-vous fixé depuis une cabine téléphonique par un homme qui lui avait proposé de faire du baby-sitting. Près de deux heures après le rendez-vous, son petit ami qui l'avait accompagnée jusqu'à une station de métro à proximité du lieu, avait reçu un dernier texto: "J'ai rencontré une ancienne copine, je serai de retour ce week-end". La jeune fille n'est jamais réapparue.

Plusieurs mois plus tard, les enquêteurs avaient fait le rapprochement avec les disparitions, en octobre 2008, de trois prostituées, elles aussi contactées depuis des cabines téléphoniques pour des rendez-vous. 

Ce nouveau procès en appel est prévu jusqu'au 20 mai.