Le maire de Sanary-sur-Mer en procès ce lundi pour infractions économiques et financières

"Amalgame entre moyens publics et fins privées", principes des marchés publics "foulés au pied", promotion indue de sa maîtresse: Ferdinand Bernhard, maire (DVD) de Sanary-sur-Mer (Var) depuis 1989, est jugé ce lundi 8 juin à Marseille pour une série d'infractions économiques et financières.

Ferdinand Bernhard, maire (DVD) de Sanary-sur-Mer en 2011.
Ferdinand Bernhard, maire (DVD) de Sanary-sur-Mer en 2011. © Dominique Leriche/MAXPPP

Ce chirurgien-dentiste de 68 ans, dont la défense réclamera la relaxe face à des "accusations calomnieuses", a été réélu dès le 15 mars pour un sixième mandat, avec plus de 68% des voix.

Ce dossier avait été initié par la plainte d'un opposant politique en 2010, puis par une alerte au parquet de la chambre régionale des comptes en 2011 après une enquête sur la gestion de cette commune balnéaire de 17.000 habitants.

Dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Marseille de novembre 2018, le juge d'instruction a retenu cinq éléments pouvant être qualifiés de prise illégale d'intérêt, détournement de fonds publics et favoritisme.

Une promotion suspecte

L'élu devra ainsi s'expliquer sur la trajectoire professionnelle de sa maîtresse, promue du poste de contrôleuse de gestion, à un peu plus de 2.000 euros, à celui de directrice générale des services, deux ans plus tard, avec une rémunération doublée.     

La maîtresse de l'élu, qui comparaît pour recel de détournement de fonds publics et recel de prise illégale d'intérêt, avait d'abord convenu auprès des gendarmes que sa progression de carrière était liée à sa relation intime avec le maire, avant d'estimer que sa promotion était uniquement due à ses compétences.

Ferdinand Bernhard, maire (DVD) de Sanary-sur-Mer lors de sa réélection en 2014.
Ferdinand Bernhard, maire (DVD) de Sanary-sur-Mer lors de sa réélection en 2014. © Eric Estrade/MAXPPP

 

"Amalgame entre moyens publics et fin privées"         

 Le maire de Sanary est également poursuivi pour l'usage à des fins personnelles d'un véhicule municipal, d'une carte de péage et d'une carte d'essence. Le tribunal aura également à étudier l'implication des services municipaux dans l'examen de la demande de permis de construire de la villa du maire, avec selon le juge d'instruction "une succession d'amalgames entre des intérêts et/ou des moyens publics et des fins privées". 

M. Bernhard aura enfin à s'expliquer sur des entorses aux règles des marchés publics concernant la rédaction du bulletin municipal et un poste de chef de cabinet. Ce dernier, ex-conciliateur de justice, est jugé pour recel de favoritisme.      

Me Julien Pinelli, défenseur de M. Bernhard, souligne qu'en dépit de ces ennuis judiciaires, c'est la première fois que le maire a été élu dès le premier tour: "L'attachement que lui portent ses concitoyens depuis 1989 repose notamment sur une gestion équilibrée et performante des comptes publics".                

Durant le confinement, le maire de Sanary avait été contraint de retirer deux arrêtés qu'il entendait appliquer dans sa commune : l'interdiction de s'éloigner à plus de dix mètres de son domicile et la verbalisation des achats à l'unité, une seule baguette de pain par jour par exemple.

 

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