Toulon : coup dur pour l'industriel français Naval Group, après la rupture du contrat pour les sous-marins australiens

L'annulation du contrat franco-australien de 56 milliards d’euros avec l’Australie pour la construction de 12 sous-marins continue de faire des vagues. Dans le Var, les salariés de Naval Group ne cachent pas leur inquiétude.

C'est le fleuron du naval de défense en France. Naval Group est implanté dans 18 pays au service des missions stratégiques de 50 marines.

Son objectif ? Fournir une offre unique pour chacune d'entre elles.

L'entreprise emploie au total 17.000 salariés dans le monde.

Le département du Var compte trois sites :

La rupture du "contrat du siècle", une catastrophe pour Naval Group

L'Australie a annoncé qu'elle rompait le contrat portant sur 12 sous-marins pour un montant de 56 milliards d'euros qu'elle avait signé avec la France en 2016. La direction de Naval Group n'a pas pour l'heure réagi, sinon par un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Le coup est rude : préjudice d'image, manque à gagner...

Naval Group a honoré tous ses engagements. C'est une grande déception pour Naval Group qui proposait à l'Australie un sous-marin conventionnel de supériorité régionale avec des compétences techniques exceptionnelles... Depuis 5 ans, les équipes en France et en Australie et celles de nos partenaires se sont pleinement mobilisées. Elles ont donné le meilleur d'elles-mêmes et honoré tous leurs engagements.

Communiqué de Naval Group.

L'entreprise compte discuter avec Canberra "dans un esprit constructif" pour obtenir réparation. Le principe de compensations financières est, en effet, prévu selon différents cas de figure, y compris la rupture unilatérale de contrat, explique-t-on chez Naval Group.

Ce mercredi 22 septembre, le PDG du groupe devrait prendre la parole lors d'un comité central prévu de longue date à Paris.

Reste que cette rupture de contrat est fermement condamnée par la France, l'Europe et elle est à l'origine d'une crise diplomatique avec l'Australie et les Etats-Unis.

Quelles répercussions sur l'emploi dans le Var ?

Dans les sites varois, les syndicalistes ne se disent pas surpris, les bruits couraient en interne depuis le début de l'année.

Amélie Pichon est responsable de la section CGT à Naval Group.

Cela remet en cause beaucoup d'opinions sur l'export. Il n'y a pas que l'Australie où on travaille. Il y a aussi l'Arabie Saoudite, l'Egypte, le Brésil. Pour la CGT, ce n'est pas l'export qui va sauver Naval Group. Pour nous, il faut réinternaliser tout ce qu'on a à faire avec la marine française

Amélie Pichon, CGT

En France et en Australie, 1.000 personnes seraient impactées par l'arrêt de ce contrat, dont 60 dans le Var, essentiellement à Ollioules.

Que vont-ils devenir ? La direction évoquerait un repositionnement de ces personnels selon les informations de Jean-Luc Bernon, secrétaire général adjoint UNSA Naval Group.

La direction à ce stade ne parle pas de licenciement. De notre point de vue à l'UNSA, on considère qu'il serait inconcevable, vu le contexte actuel et le carnet de commandes de Naval Group. La direction va faire le nécessaire pour que tout le personnel soit repositionné sur d'autres postes en interne. On va se battre pour que ce soit en priorité sur le site, mais à ce stade, on n'a pas de garanties fermes de la direction...

Jean-Luc Bernon, secrétaire général adjoint UNSA

Même discours de la CGC, dans un communiqué de presse :

Depuis la sélection de l'industriel français face à ses concurrents allemand et japonais en 2016, le programme était bâti sur une succession de contrats au rythme de l'avancée du projet.

La fin de partie consistera à négocier l'indemnité de rupture du contrat et les conséquences pour les équipes engagées sur ce projet.

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