Avignon : la polémique se poursuit autour d'une conférence musulmane organisée le 8 janvier

A la demande de la préfecture de Vaucluse, l'organisateur drômois avait renoncé à maintenir la réunion prévue le 27 novembre dernier à Montfavet. Sa reprogrammation le 8 janvier à Avignon suscite une nouvelle levée de boucliers, de la part des mosquées locales et du parti Reconquête.

Sur sa page Facebook, D'Clic Valence donne rendez-vous le 8 janvier à 13 heures à Avignon, mais le lieu exact de la conférence ne sera annoncé aux participants que vendredi à 20h30.

"C'est à cause de ce qu'on nous a fait au mois de novembre, la préfecture a fait pression sur les loueurs de salle à Avignon, elle en a convoqué un et l'a gardé tout l'après-midi au commissariat pour rien, il avait peur de nous louer par la suite", affirme Farid Bioud, le président de l'association.

La conférence programmée le 27 novembre à Montfavet n'avait pas pu se tenir, la préfecture de Vaucluse ayant demandé son annulation, en raison de la présence sur l'affiche du logo de BarakaCity, une association dissoute par décret en Conseil des ministres le 28 octobre 2020 suite à l'assassinat de Samuel Paty.

D'Clic a modifié l'affiche et reprogrammé la conférence, en réunion privée, avec les mêmes conférenciers : Nader Abou Anas, Mehdi Bouzid, et Ismaïl Abou Ibrahim, imam de la mosquée des Bleuets, à Marseille. 

Des prédicateurs "largement contestés" selon le conseil départemental du culte musulman (CDCM) du Vaucluse, créé en 2019 avec 21 mosquées du département. Dans un communiqué transmis au site Saphirnews, le CDCM se désolidarise de cette conférence, "dont le thème n’est pas évoqué et alors même qu’aucune association locale n’y est associée de près ou de loin".

L'instance religieuse vauclusienne dit redouter des "risques graves de débordement et d’atteinte à l’ordre public" et demande l'annulation de la réunion pour "préserver la sérénité des musulmans de notre département et leur épargner une nouvelle polémique dans un contexte déjà très tendu".

"On est venus quatre fois à Avignon et il n'y a jamais eu de problème, on en fait aussi à Grenoble, Lyon, Saint-Etienne, Valence, Givors, à Marseille", se défend Farid Bioud, qui attend entre 500 et 600 personnes dimanche après-midi à Avignon.

Eric Zemmour écrit à la préfète

Le climat de tension est attisé par le parti Reconquête, qui s'est emparé de la polémique. En novembre, c'est le très médiatique zemmouriste Damien Rieu qui est monté au créneau pour faire interdire la conférence musulmane à Avignon. A l'annonce de sa reprogrammation, le président de génération Z Stanislas Rigault a lancé une pétition en ligne, qui a recueilli près de mille signatures depuis le 3 janvier.

Le même jour, Eric Zemmour a adressé, un long courrier à la préfète de Vaucluse pour demander "l'annulation d'une conférence présentant un risque pour la sécurité publique".

Dans un communiqué, la préfète de Vaucluse Violaine Démaret indique que "rien n'indique à ce stade que la tenue de cette réunion pourrait venir troubler l'ordre public", soulignant que "les précédentes réunions de cette association n’ont pas donné lieu à poursuites judiciaires ni condamnations pénales".

"Dans ces conditions et à ce stade des informations disponibles, il n'est pas envisageable d'interdire de façon préventive l’organisation d'un tel évènement, sous peine de méconnaître gravement les principes fondamentaux de liberté de réunion et d'expression", rappelle-t-elle.

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