"Ça calme un peu les mecs, mais ça les arrête pas" : après l'opération "place nette" à Avignon, les habitants dubitatifs

Une nouvelle opération "place nette" a été menée du 25 au 28 mars à Avignon, dans la cité Louis-Gros, un quartier plutôt tranquille même s'il n'est pas épargné par le trafic de stupéfiants.

Lancées dans la cité de La Castellane à Marseille le 18 mars, les opérations anti-drogue "place nette XXL" sont toujours en cours dans plusieurs villes de France. La première intervention des forces de l'ordre, CRS et policiers, à Avignon a ciblé la cité Louis-Gros pendant trois jours, du 25 au 28 mars. Un quartier qui n'est pas particulièrement connu pour des faits de violence. Bilan : 11 interpellations, cinq kilos et demi de résine de cannabis et 100 grammes de cocaïne saisis.  

Des habitants rassurés mais septiques

Après ce "nettoyage" médiatisé, en présence du préfet du Vaucluse, Thierry Suquet, les habitants se disent rassurés sans pour autant être convaincus par l'efficacité de l'opération. 

"Je trouve ça choquant par le déploiement, mais honnêtement Louis-Gros est un quartier tranquille", a expliqué une habitante à nos journalistes, Pierre Vaireaux et Clémence Fournival, sur place. "Si c'est pour toujours arrêter les mêmes et les relâcher, non. Si c'est pour enlever la drogue, oui", estime une jeune femme, qui reconnaît cependant qu'une présence des policiers est rassurante pour les habitants de la cité.

"Ça calme un peu les mecs, mais ça les arrête pas", même s'ils saisissent 40 kilos, y en a 250 kilos de l'autre côté qui arrivent, tranche un riverain, désabusé, ce sont des filières qui sont indestructibles". 

Une violence en hausse

Dans les prochaines semaines, d'autres opérations "place nette" seront organisées dans d'autres quartiers de la ville. Le samedi 16 mars, Avignon a été le théâtre d'une fusillade, en pleine journée, sur fond de guerre de gangs, dans le quartier de la Rocade, à quelques mètres d'une école, heureusement sans faire de victime. Mais la scène filmée est devenue virale sur les réseaux sociaux et la maire Cécile Helle a demandé des renforts policiers pour sa commune.

Six jours plus tard, des tirs de kalachnikov ont eu lieu dans le centre-ville. Aucune victime n'a été déplorée, mais les deux jeunes de 17 et 20 ans, pris pour cibles sont connus des services de police pour trafic de stupéfiants.