Hommage national : Éric Masson, policier tué à Avignon, décoré de la légion d'honneur à titre posthume par Jean Castex

La cérémonie d'hommage national au policier Éric Masson, abattu par balle en centre-ville d'Avignon, s'est tenue ce mardi 11 mai 2021 devant la préfecture du Vaucluse, en présence du Premier ministre, qui a rappelé sa détermination dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. 

Dans son discours, Jean Castex a prononcé l'oraison funèbre du brigadier Masson, puis il a rappelé l'importance de la mission des forces de l'ordre, et juré qu'il ne plierait pas face aux trafiquants de drogue.
Dans son discours, Jean Castex a prononcé l'oraison funèbre du brigadier Masson, puis il a rappelé l'importance de la mission des forces de l'ordre, et juré qu'il ne plierait pas face aux trafiquants de drogue. © Nicolas TUCAT / AFP

Les hommages se succèdent, depuis le meurtre d'Éric Masson, tué par balle mercredi 5 mai 2021 en centre-ville d'Avignon, alors qu'il intervenait sur un trafic de stupéfiants.

Samedi, ce sont les habitants de Bédarrides, petite commune du Vaucluse où résidait le policier, qui ont salué sa mémoire en respectant une minute de silence en centre-bourg.

Dimanche, entre 1.000 et 2.000 personnes, des policiers pour beaucoup, en fonction ou en retraite, sont venues sans uniforme devant le commissariat d'Avignon, pour une cérémonie pleine d'émotion.

Ce mardi après-midi enfin, le Premier ministre Jean Castex préside un hommage national, toujours à Avignon, en présence du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. 

La cérémonie est à retrouver ici en intégralité :

Le déroulé de la cérémonie

La cérémonie commence par une Marseillaise. Aucun applaudissement ne s'en suit ; silence solennel, au contraire.

Puis la musique revient, pendant que le Premier ministre Jean Castex passe ses troupes en revue. Sur un air traditionnel irlandais, le portrait du brigadier Masson est apporté lentement par des policiers en tenue de cérémonie.

Il est un peu plus de 15 h 05. Un premier policier, Thierry, s'avance au pupitre. Il tutoie le brigadier Masson, décédé six jours plus tôt : "Éric, tu as toujours montré ton courage et ta détermination."

La sœur du brigadier, Fanny, vêtue de noir, portant le deuil, prend la parole elle aussi, pour quelques secondes seulement : "Je crois que la meilleure façon de te rendre hommage est (...) de ne surtout pas être passif devant les épreuves de la vie."

Le discours de Jean Castex

Enfin, le Premier ministre Jean Castex prononce son discours. Il est 15h10. 

"En cette fin d'après-midi du 5 mai dernier, Éric Masson était en service (...). Il était en droit, une fois son service accompli, de rentrer chez lui (...). Ce soir-là, Éric Masson n'est pas rentré chez lui."

Il déclare encore : "Il n'ira plus le dimanche pêcher dans l'Ouvèze. Il n'ira plus au marathon. Il n'ira plus accompagner ses deux filles à l'école. Aujourd'hui, sa famille et ses amis le pleurent, et toute la police nationale avec lui."

Après les mots de compassion, Jean Castex souligne la "noblesse" de la mission des forces de l'ordre. "Sa noblesse mais aussi ses dangers". Il déplore la mort de deux "serviteurs de l'État" : Éric Masson et Stépanie Monfermé, tuée par un djihadiste à Rambouillet, dans l'exercice de ses fonctions. 

Voici les trois principaux points à retenir : 

 

"Le président de la République a demandé qu'Éric Masson soit nommé commandant de police et soit fait chevalier dans l'ordre national de la légion d'honneur."

Plus tard : "Commandant Éric Masson, en vertu des pouvoirs qui me sont confiés, nous vous faisons chevalier de la légion d'honneur", déclare Jean Castex devant le portrait du brigadier décédé. S'ensuit une minute de silence, puis une Marseillaise.

 

"Jamais nous ne laisserons se banaliser le fait que la moindre agression contre un dépositaire de l'autorité publique puisse ne pas entraîner contre son auteur des compétences lourdes, rapides et certaines.

Tel est le sens des dispositions complémentaires que nous allons prendre. Il ne saurait être question que la peur change de camp. Honorer la mémoire d'Éric Masson, c'est faire en sorte que l'État réprime toutes les formes de violence, à commencer par celles qui résultent des trafics de stupéfiants (...).

Ce combat contre la drogue auquel le gouvernement a décidé depuis plusieurs mois d'affecter des moyens inédits dérange (...). Il dérange ceux que ce trafic entretient, il dérange ces malfrats qui n'hésitent pas à acheter la complicité des plus jeunes (...). Il dérange les consommateurs (...). Il dérange ceux qui cherchent à saper l'ordre républicain."

 

Le Premier ministre annonce la "création d'un délit de provocation à l'identification d'un membre des forces de police."

Il promet aussi "l'encadrement de produits dangereux comme les mortiers, souvent utilisés à l'encontre de nos policiers"

 

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