Coronavirus : 114 cas positifs chez des travailleurs saisonniers dans les Bouches-du-Rhône

Après la découverte d’un foyer de coronavirus dans les Bouches-du-Rhône concernant des travailleurs saisonniers agricoles, 1.426 tests ont été réalisés. 114 travailleurs sont positifs, a indiqué mardi la préfecture.

Dépistage massif, après la découverte de 30 cas positifs chez les travailleurs saisonniers de Maillane et de Noves.
Dépistage massif, après la découverte de 30 cas positifs chez les travailleurs saisonniers de Maillane et de Noves. © Pauline Guigou / FTV

34 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés dans les exploitations agricoles du Pays d'Arles d'après un communiqué de la préfecture des Bouches-du-Rhône et l'Agence Régionale de Santé (ARS Paca). 

Une nouvelle campagne de tests a été réalisée dans les Bouches-du-Rhône sur les travailleurs saisonniers. Elle concerne "à la fois pour tester les personnes qui ne l’auraient pas été la semaine dernière et aussi pour assurer le dépistage J+7 des personnes concernées".

Une première campagne de dépistage avait permis de détecter la semaine dernière, une trentaine de cas positifs au coronavirus chez les travailleurs saisonniers de Maillane et de Noves dans les Bouches-du-Rhône, puis sur des exploitations agricoles dans le Vaucluse.

Deux exploitations de Carpentras sont concernées

Ces cas ont été recensés dans une exploitation de Châteauneuf-de-Gadagne près d'Avignon. "Ces personnes sont isolées sur le plan sanitaire dans les Bouches-du-Rhône", indiquait vendredi la Préfecture de Vaucluse.

Les autres cas concernent deux exploitations de la commune de Carpentras. "Les mesures de placement à l’isolement et de recherche des cas contacts ont été mises en oeuvre en lien avec les exploitants concernés", a précisé l'ARS Paca.

Sébastien Adnot, médecin généraliste à Carpentras et secrétaire de l'association Synapse Comtat Venaissin explique avoir reçu le 1er juin une de ces personnes en consultation alors qu'il était de garde.

"Cet ouvrier agricole avait de la fièvre, et m'apprend que plusieurs de ses collègues aussi", explique-t-il.

Quelques heures plus tard, le test au coronavirus se révèle positif. "L'ARS a ensuite pris le relai, car c'est un lieu où plus de 11 personnes vivaient au même endroit", indique le médecin.

Au total, ce sont plus de 600 tests qui ont alors été réalisés dans une quinzaine d’exploitations agricoles. La plupart des travailleurs sont originaires d'Amérique du Sud et d'Espagne. 

Les malades ne sont pas hospitalisés, mais surveillés

Ce plan d'actions, piloté par les services de l'Etat, mobilise les préfectures, l'agence régionale de santé, l'UD-Direccte, la police aux frontières, la direction départementale des territoires, avec le soutien du service départemental d’incendie et de secours, de la MSA, la sécurité sociale agricole, et des laboratoires privés.

La situation est prise très au sérieux par la chambre d’agriculture du Vaucluse. "Le problème à priori vient de logements à Maillane dans les Bouches-du-Rhône", indique André Bernard, le président de la chambre d’agriculture.

"Six ou sept cas dépistés positifs à Maillane venaient travailler dans le Vaucluse".

L’agriculteur explique que les contrats de travailleurs venant du Maroc ont été bloqués cette année en raison de la crise sanitaire. "Cela représente environ 5 000 personnes".

Alors de nombreux exploitants ont fait appel à Terra Fecundis, une agence d’interim espagnole, cette année. Celle-ci est sous le feu d’une enquête pour  dumping social. 

Depuis le 20 mai, le gouvernement a autorisé les arrivées de l'étranger pour travailler dans les exploitations. 

Quant au suivi médical des patients carpentrassiens dépourvus de médecins traitants, un réseau de professionnel s'est proposé de l'assurer. Cinq malades sont actuellement hospitalisés à l'hôpital de Carpentras "mais ils ne sont pas dans un état grave, c'est un suivi par précautions", indique le maire de la commune Serge Andrieu. 

Les autres employés ne présentent aucun symptôme. "Ils sont confinés et mis en sécurité chez leur employeur qui les nourrit", précise l'édile.

Les malades ont malgré tout besoin d'une surveillance clinique, "que nous suivions la fréquence respiratoire, la saturation en oxygène et la fièvre pour voir s'il n'y a pas d'aggravation au bout d'une semaine", explique Sébastien Adnot, médecin généraliste.

Avec la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Comtat Venaissin, ils ont lancé un appel aux médecins et infirmières volontaires "pour organiser le suivi dont ces malades ont besoin sur les quinze prochains jours". Trois médecins se sont déjà déclarés volontaires ainsi que plusieurs cabinets d'infirmiers libéraux.

Une mauvaise publicité dont se serait bien passé le maire, Serge Andrieu.

"C'est dommage, ça va faire beaucoup de bruit et peur au gens, regrette-t-il. Du coup, la population va se mettre à trembler, c'est dommage car à priori c'est maîtrisé".

"Notre rôle c'est de pallier à tous les problèmes que cela peut causer... Trouver des lieux de confinement possible, fournir de la nourriture aux personnes, après c’est l’ARS qui décide", précise le maire de Carpentras.

De son côté la MSA a effectué un rappel des règles sanitaires et d’hygiène auprès des exploitations agricoles, en particulier en ce qui concerne les conditions d’hébergement des travailleurs saisonniers, ainsi que des organisations professionnelles du secteur.

Les contrôles se poursuivront et pourront concerner d’autres entreprises et exploitations agricoles en fonction de facteurs de risque identifiés. 

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