Nicole Briend, 70 ans, militante d'Attac de Carpentras jugée pour “fauchage de chaises” en 2016

Défilé de faucheurs de chaises à Paris en 2016. / © Maxppp/Philippe Lavieille
Défilé de faucheurs de chaises à Paris en 2016. / © Maxppp/Philippe Lavieille

Ancienne proviseure de lycée, Nicole Briend, militante d’Attac de 70 ans, est convoquée mardi devant le tribunal de Carpentras pour avoir participé à une action symbolique de « fauchage de chaises » dans l’agence BNP Paribas de Carpentras le 17 mars 2016 pour dénoncer l'évasion fiscale.

Par Annie Vergnenegre

Nicole Briend est convoquée mardi 6 février devant le tribunal de Carpentras pour "vol en réunion" et "refus de donner ses empreintes ADN". Ses soutiens appellent à un rassemblement dès 8h30 devant le palais. La militante d'Attac, ancienne proviseure de lycée de 70 ans, encourt 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende pour avoir participé, avec une dizaine de militants d’Attac, à une action symbolique de "fauchage de chaises" dans l’agence BNP Paribas de Carpentras le 17 mars 2016.

Pétition pour demander le relaxe


L'association entendait ainsi "dénoncer l’évasion fiscale que la banque pratique pour son propre compte mais aussi pour permettre à ses clients les plus fortunés d’échapper à l’impôt". Les premières réquisitions de chaises par des militants d'Attac remontent à 2015. "Au total, 246 chaises ont été réquisitionnées dans une cinquantaine d’actions qui ont mobilisé des centaines de militant.e.s partout en France", annonce Raphael Pradeau, porte-parole national.
Manifestation des faucheurs de chaises en marge du procès Cahuzac, le 8 février 2016 à Paris. / © Maxppp/Philippe Lavieille
Manifestation des faucheurs de chaises en marge du procès Cahuzac, le 8 février 2016 à Paris. / © Maxppp/Philippe Lavieille


Attac demande la relaxe de Nicole Briend : 

il est intolérable que ce soient ceux qui dénoncent l’évasion fiscale qui se retrouvent devant les tribunaux, alors que les banques et les multinationales jouissent d’une impunité quasi totale.

Plus de 13600 personnes ont signé la pétition demandant sa relaxe200 personnalités de gauche ont également apporté leur soutien à Nicole Briend et affirment que son action est légitime.

Deux autres faucheurs ont déjà été poursuivis par BNP Paribas. Le premier a été relaxé le 9 janvier 2017, à Dax. Le deuxième, président des Amis de la Terre, condamné à 500 euros d’amende, a fait appel. 

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